de musselshell le 03 Jan 2010 19:30
...au point d'ailleurs où le film semble dépasser le genre tout en s'y inscrivant au plus profond: ce film (on l'a dit des tas de fois dans le post qu'on lui a déjà consacré) est un compte-rendu abrupt de ce qu'est la guerilla, de ce qu'elle était probablement à un moment de l'histoire en un lieu donné...J'ai lu des dizaines de bouquins sur le sujet, y compris des témoignages de l'époque. En majorité blancs il est vrai...et c'est justement qu'Aldrich ne "rentre" pas chez les Apaches. Il les montre, les fait sentir, les fait deviner, comme les blancs de l'époque le faisaient. Notamment les militaires. Notez à quel point le "jeune officier inexpérimenté", figure de tant de films...prend ici une dimension tout à fait à part. Pas seulement parce qu'il ne connait pas les Indiens...mais parce qu'il participe déjà d'une autre Amérique, pas seulement celle de l'est, mais celle à venir...Je suis toujours estomaqué par la première scène avec les militaires...Les types jouent au base ball ou quelque chose d'approchant, sur fond de désert...des ados blonds...Au loin, un cavalier s'approche. On sait ce qu'il vient annoncer...Dans ces quelques plans, déjà, Aldrich prépare, annonce la collision et le sang à venir. Ce sont deux mondes qui vont, une dernière fois, s'affronter. Et la distance qui les sépare est plus béante que jamais. D'un côté les irréductibles, de l'autre un type qui en ignore tout, mais part plein de bonne volonté. La bonne volonté ne servira à rien. Il apprendra d'abord la haine et le dégoût, puis l'inutilité tant de l'une que de l'autre. C'est comme çà...Et mine de rien, il y a là un enseignement et sur la sauvagerie des hommes et de l'histoire, et sur la seule alternative possible: si l'on doit s'en aller, que ce soit avec un semblant de dignité. Ce qui n'est pas toujours possible. Et puis...çà ne sert à pas grand chose non plus.
Un mot sur Lancaster, superbe de retenue, de présence physique et intériorisée. On sent que l'acteur, dans son rôle de scout, amène une expérience qui vient et d'ici, le pays, et d'ailleurs...son travail en Europe. Sa communion à la fois serrée et irréductiblement distante avec son guide Apache est patente. Sa poursuite des deux fuyards à cheval, plan large, puis cheval abattu, puis tir à genoux...remingtonienne en diable. Plans superbes qui ne diminuent en rien l'impact dérangeant du film. Ca, donc, plus çà...
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.