Les Cheyennes (1964) - les conflits Cheyennes/Blancs

Avatar du membre
sylvsteph
Chasseur de primes
Chasseur de primes
Messages : 370
Localisation : Choisy le Roi (Val de Marne)
Contact :

Les Cheyennes (1964) - les conflits Cheyennes/Blancs

Messagepar sylvsteph » 30 juil. 2009 16:37

Un film historique, tiré du livre Automne Cheyenne

Avatar du membre
Vin
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5271
Localisation : Paris

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Vin » 30 juil. 2009 18:19

Le sujet évoqué dans le film de Ford est le chant du cygne du "Beau peuple" dans le cadre des conflits qui l'opposèrent à l'homme blanc.

Avant d'aller plus loin, quelques lectures, sorties de la bibliothèque perso:


Image

Image

Image

Image


Le Bent/Hyde est assez extraordinaire, à lire absolument si l'on s'intéresse aux Cheyennes.

Dès que possible, mise en ligne d'un topo sur ce conflit.
:wink:
Image

Avatar du membre
Vin
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5271
Localisation : Paris

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Vin » 31 juil. 2009 13:54

Comme promis, un topo sur les conflits cheyennes/blancs, je posterai ensuite quelque chose sur les conflits inter-tribaux mettant en cause les Cheyennes (si j'ai le temps!).

Voici dans ses grandes lignes l'histoire synthétique des conflits entre Cheyennes et Armée des USA, compilation des choses trouvées dans de saines lectures, avec parfois un travail de ré-écriture. Le post est en deux parties, du fait de sa taille.

Enjoy it.



Les Cheyennes sont de proches alliés des Arapahos, de même origine linguistique, et devinrent ensuite alliés des Lakotas (Sioux), après avoir combattu les Sioux, dont les Dakotas.
Dans leur langue, ils se nomment « Tsitsistas ».

Différentes bandes se partageaient le territoire cheyenne : les Hevhaitanio, les Heviqsnipahis,les Hisometano, les Honowa, les Masikota, les Moiseyu, les Ogtoguna, les Oivimana, les Sutaio et les Wutapiu.
Au début du XIXe siècle, la tribu s'est séparée en deux groupes : celui du sud restant près du fleuve Platte et celui du nord vivant près des Black Hills à proximité des tribus Lakotas.

Les Dog Soldiers, évoqués plus loin, finirent par constituer un groupe indépendant à part entière, généralement très proche des Lakotas.
Les Cheyennes du Montana et de l'Oklahoma parlent tous deux cheyenne, avec seulement quelques éléments de vocabulaire différenciant les deux groupes. La langue cheyenne est une langue faisant partie du groupe des langues algonquiennes. Son alphabet contient 14 lettres.


Histoire

A l’origine,les Cheyennes vivaient dans les régions boisées de l'est et étaient un peuple sédentaire et agriculteur.

Les Cheyennes sont des Algonquins originaires du sud des Grands Lacs. L’explorateur Cavelier de La Salle les rencontre en 1680 dans le nord de l’actuel Illinois, habitant des villages permanents faits de grandes maisons de terres semblables à ceux des Mandans et des Arikaras. Ils fabriquent de la poterie et cultivent le tabac, le maïs, le haricot et la courge.
ImageCavelier de La Salle

Ensuite ils vécurent dans les actuels Minnesota et Dakota du Sud, où ils continuèrent à cultiver et commencèrent à chasser le bison des Grandes Plaines.
L'introduction du cheval, qui atteignit cette partie de l'Amérique aux alentours de 1750, contribua à faire des Cheyennes l'un des peuples majeurs des Plaines de l'Ouest. Les Cheyennes avaient une culture des Plaines typiquement nomade et étaient de remarquables chasseurs de bisons et de farouches guerriers. Ils pratiquaient la danse du soleil, au cours de laquelle les nouveaux braves « dansaient » pendant des heures suspendus à un poteau.


Les Cheyennes abandonnèrent alors totalement leur style de vie sédentaire pour devenir une tribu des plaines à part entière.

Aux environs de 1830 les Cheyennes s'étaient divisé en 2 groupes. Le premier aux sources de la Platte River (Cheyennes du Nord); le second le long de la rivière Arkansas (Cheyennes du Sud). Les Cheyennes étaient pacifiques envers les colons européens, jusqu'à l'afflux massif des chercheurs d'or.

Les Cheyennes du Sud s’allièrent aux Kiowas et aux Comanches.
Les Cheyennes du Nord, demeurés au Wyoming et au Montana, s’unissent de plus en plus étroitement aux Lakotas, partageant les mêmes territoires de chasse et combattant les mêmes ennemis.


Vie quotidienne

Les Cheyennes préparaient leur journée avant le lever du soleil. Faire du feu était la première tache à effectuer. Les femmes se levaient et allaient chercher de l'eau, pendant que les hommes et les garçons allaient prendre leur bain dans le ruisseau le plus proche. Les femmes préparaient alors le repas du matin. Les garçons devaient aussi récupérer les chevaux qui s'étaient éloignés du camp pendant la nuit.
Après le repas, des annonces étaient faites par un ancien qui tournait autour des gens avec son cheval. Quand il avait fini, les gens vaquaient à leurs occupations quotidiennes.
Les enfants se dispersaient pour aller nager, jouer ou faire des figurines de glaise. Les femmes formaient des groupes pour aller chercher du bois et des racines tôt le matin.
Les hommes les plus âgés fabriquaient les arcs, les flèches et les pipes pendant que les plus jeunes amélioraient leur apparence personnelle ou écoutaient les vieux hommes, sages et avisés.

Les hommes chassaient le gibier pour fournir le camp en nourriture. Le soir venu, les Cheyennes faisaient de la musique, des danses, et autres activités. Puis le camp redevenait silencieux. Une coutume importante était celle de fumer le calumet de la paix. Cette coutume répondait à des règles très strictes. Une prière était faite avant la première bouffée. Chacun avait sa propre manière de fumer le calumet. Une autre coutume était de raconter des histoires, seules quelques personnes étaient habilitées à le faire. Ces histoires étaient racontées souvent, et toujours de la même manière.

Le livre de John stands in Timber dont j’ai mis la couverture en photo reprend ces traditions orales.


La culture cheyenne

La culture cheyenne est celle du cheval et du bison, typique des Indiens des Plaines, mais comporte quelques particularités qui méritent d’être soulignées.
Le pouvoir était réparti entre le conseil des chefs et les sociétés de guerriers. Un conseil de quarante-quatre chefs était chargé de conduire la politique générale et d’assurer le bien-être de la nation.
Chacun des chefs représentait l’un des clans familiaux de la tribu. Les chefs ne possédaient crédit et autorité que s’ils répondaient à certains critères moraux : sagesse, honnêteté, générosité et courage. On attendait d’eux qu’ils se sacrifient pour les autres. Ils devaient veiller à ce que personne ne manque de nourriture ou d’abri. Ils rendaient la justice, apaisaient les conflits, protégeaient les faibles. Ils organisaient les mouvements des camps, les chasses. Ils décidaient des alliances, de la guerre et de la paix. Chacun de ces chefs venait de l’une des sociétés de guerriers qu’il devait abandonner quand il était nommé au conseil. Les nominations se faisaient par cooptation et les décisions du conseil étaient prises par consensus, souvent après de longues discussions.

Le Grand Esprit des Cheyennes, créateur de l’univers et donneur de vie, était Maheo.


La cérémonie du Renouvellement des Flèches

La cérémonie spécifique de la culture cheyenne est celle du Renouvellement des Flèches. Les dix clans de la nation se réunissaient alors en un immense cercle au centre duquel était dressée la loge du Gardien des Flèches Sacrées.
Selon la tradition, ces quatre flèches, deux pour la chasse, deux pour la guerre, avaient été données par Maheo à Sweet Medecine, le héros culturel des Cheyennes, quand celui-ci s’était rendu sur Bear Butte, une haute colline au nord-est des Black Hills.
Les flèches étaient conservées dans un « paquet médecine » avec d’autres objets sacrés pour la tribu, en particulier une coiffure en cornes de bison. Cette cérémonie qui durait quatre jours exprimait le renouveau spirituel de la nation et le renforcement des liens entre ses membres. Dans les temps anciens, elle se tenait probablement tous les ans. Quand la tribu s’est trouvée divisée en deux, il est devenu impossible à la nation cheyenne de se réunir pour célébrer le Renouvellement des Flèches. Les Flèches Sacrées ont été emportées par les Cheyennes du Sud, et la coiffure de bison a été conservée par les Cheyennes du Nord. Ces objets sacrés sont toujours sous la garde d’un saint homme mais, de nos jours, le rituel qui s’y rattache est devenu confidentiel.


Les Cheyennes célébraient au solstice d’été la cérémonie de la Loge du Renouveau de la Vie. A la différence de la Danse du Soleil des Lakotas qui se déroulait à ciel ouvert, les Cheyennes construisaient une vaste loge soutenue par vingt huit poteaux d’où partaient autant de perches qui s’appuyaient au centre sur l’arbre sacré et que l’on recouvrait de branchages. Cette « loge médecine » représentait le monde. Son plan de construction était celui la Medicine Wheel (Roue Médecine) du Wyoming, l’une des rares structures de ce type encore à peu près intactes.

Le dernier jour de la cérémonie, les danseurs qui en avaient fait le vœu s’attachaient à l’arbre sacré par des lanières de cuir fixées par des chevilles de bois à la chair de leur poitrine. En dansant, ils devaient parvenir à se détacher, comme pour la Danse du Soleil des Sioux ou l’Okeepa des Mandans. Cette cérémonie n’était pas une initiation des jeunes hommes, comme on le dit souvent, mais un sacrifice consenti pour remercier les esprits de l’univers, personnifiés en Maheo, pour les bienfaits qu’il accordait aux Cheyennes, pour cette terre magnifique où abondait tout ce qui était nécessaire à leur vie et à leur bonheur.
Image

Les cérémonies indiennes ont été interdites par les missionnaires et l’administration américaine dans les années 1880, mais certaines comme la Danse du Soleil ont continué à être célébrées en secret. Ainsi les Crows avaient participé en 1887 à la Danse du Soleil des Cheyennes du Nord.


Les Sociétés Cheyennes

Les sociétés de guerriers avaient une grande importance dans la société cheyenne. La plus puissante était celle des "Dog Soldiers" qui a joué un rôle déterminant dans la lutte contre les Blancs au XIXè siècle.
Les autres sociétés étaient Fox, Elk, Wolf, Shield et Bowstring. Sous l’autorité civile du conseil des chefs, elles organisaient les expéditions guerrières et assuraient la défense et la sécurité du peuple. Elles fonctionnaient comme des confréries.


Les Hotámitä'nio, 'dog men'ou « dog soldiers »
Image

La société des Dog Soldiers était composée des guerriers les plus prestigieux et avait un rôle militaire très important qui s’est affirmé quand la survie du peuple cheyenne a été mise en danger par l’invasion blanche. Certains guerriers amis, Arapahos ou Lakotas, en faisaient partie.
Ce corps d’élite a conduit pendant les années 1860-1870 la lutte des Cheyennes du Sud contre l’invasion de leurs territoires par les fermiers et les éleveurs blancs et le massacre des troupeaux de bisons. Le nom de Dog Soldiers a fini par s’appliquer aux guerriers cheyennes en général.
Les fameux guerriers White Antelope et Tall Bull étaient les chefs des Dog Soldiers des Cheyennes du Sud.


Les Woksíhitänio, `kit fox men,' alias Oomi-nfitcliu, `coyote warriors'
Leur leader portrait une massue d’où pendait une peau de renard ou de coyote

Les Himoiyoquis, crooked lance, ou elk soldiers,ou encore bone scraper society
leurs chefs portaients des lances recourbées à leurs extrélités.George Bent et Roman Nose en faisaient partie.
Image

Les Miihohlv;is, `red shield,' alias Hotoanu'tgiu, `buffalo bull warriors'
ils portaient des boucliers d’où pendait une queue de bison mâle.
Image

Les Himátanóhis, `bowstring (men).
Leur nom vient d’une lance spéciale portée par leur chef,en forme d’arc avec une pointe de lance au bout.

Les Hotam-ǐmsáw', `crazy dogs.'
Société de jeunes guerriers débutants, chez les cheyennes du nord.



LES GUERRES CHEYENNES

Sand Creek
Image

Lors des Guerres indiennes, les Cheyennes du Sud furent les victimes du Massacre de Sand Creek pendant lequel la milice du Colorado tua 150 Cheyennes, dont au moins 50 "civils".
Le massacre de Sand Creek est un évènement des guerres indiennes aux États-Unis qui s'est produit le 29 novembre 1864, lorsque la milice du territoire du Colorado a attaqué un village de Cheyennes et d'Arapahos installé sur les plaines orientales.
Le colonel John Chivington et ses 700 cavaliers attaquèrent le camp indien qui comptait 500 personnes, guerriers mais aussi femmes, vieillards et enfants. Au terme des combats entre 150 et 184 indiens avaient été massacrés, les soldats américains eurent 15 tués et 50 blessés. La violence du massacre entraîna une remise en question de la politique américaine d'extermination des amérindiens.

ImageChivington

Contexte

Selon les termes du Traité de Fort Laramie de 1851, conclu entre les États-Unis et les tribus cheyennes et arapahos, on reconnaissait à ces derniers la propriété d'un vaste territoire comprenant les terres comprises entre les rivières North Platte et Arkansas et situées de l'est des Montagnes Rocheuses, à l'ouest du Kansas.
Cette région comprenait ce qui aujourd'hui forme le sud du Wyoming, le sud-ouest du Nebraska, l'est du Colorado, et l'extrême ouest du Kansas.
ImageTraité de Fort Laramie

Cependant, la découverte d'or en novembre 1858 dans les Montagnes Rocheuses du Colorado (alors situées dans l'ouest du territoire du Kansas) conduisit à une ruée vers l'or d'émigrants blancs sur les terres des tribus.
Les représentants du territoire du Colorado firent pression sur les autorités fédérales afin que soient redéfinies les limites territoriales des terres indiennes, et à l'automne 1860 A.B. Greenwood, Commissaire aux Affaires Indiennes arriva à Bent's New Fort pour y négocier un nouveau traité.

Le 18 février 1861, six chefs cheyennes du sud et quatre Arapahos signèrent le traité de Fort Wise avec les États-Unis, par lequel ils cédaient la plupart des terres qui leur avaient été concédées par le traité de Fort Laramie.


Les chefs cheyennes étaient Black Kettle, White Antelope, Lean Bear, Little Wolf, Tall Bear et Left Hand; les Arapahos Little Raven, Storm, Shave-Head, et Big Mouth.
ImageBlack Kettle
Image
White Antelope,à gauche, les deux autres étant Man on a cloud et Little Chief
La nouvelle réserve, qui représentait moins d'un treizième de celle concédée en 1851, était située dans l'est du Colorado entre les rivières Arkansas River et Sand Creek.
Certains groupes de Cheyennes, dont les Dog Soldiers, mécontents des chefs qui avaient signé ce traité et les désavouant, refusèrent de se plier à ses contraintes.
Ils continuèrent de vivre et chasser sur les riches pâturages à bisons de l'est du Colorado et de l'ouest Kansas.
Ils se montrèrent graduellement plus agressifs envers les les immigrants blancs qui traversaient leur territoire, en particulier dans la région de la Smoky Hill River du Kansas, par laquelle passait une nouvelle piste vers les terrains aurifères.


Les Cheyennes opposés au traité prétendaient qu'il avait été signé par une petite minorité de chefs sans le consentement ni l'approbation des autres tribus, que les signataires n'avaient pas compris ce qu'ils signaient, et qu'ils avaient été corrompus par une large distribution de cadeaux. Les blancs au contraire voyaient que le traité comme un « devoir solennel » et considéraient les indiens qui le refusaient comme hostiles et fauteurs de guerre.
Le déclenchement de la guerre de Sécession en 1861 conduisit à une réorganisation des forces militaires sur le territoire du Colorado. En mars 1862, les troupes du Colorado défirent celle des confédérés du Texas lors de la bataille de Glorieta Pass dans le Nouveau-Mexique.

Après la bataille, le 1er régiment de volontaires du Colorado, sous le commandement du colonel John Chivington rentra chez lui pour y servir en tant que garde territoriale. Chivington et le gouverneur du territoire, John Evans, adoptèrent une ligne dure vis à vis des Indiens, accusés par les colons de voler du bétail. Le conflits entre blancs et Indiens lors du printemps 1864 se matérialisèrent par la prise et la destructions de campements cheyennes.




Le 16 mai 1864, un détachement commandé par le lieutenant George S. Eayre se rendant au Kansas rencontra des Cheyennes sur leur camp de chasse aux bisons près de la Smoky Hill River. Les chefs cheyennes Lean Bear et Star vinrent au devant des soldats pour signifier leurs intentions pacifiques, mais furent abattus par les hommes de Eayre. Cet incident déclencha des raids vengeurs des Cheyennes sur les colons du Kansas.
Image

AWONINAHKU (Lean Bear) 1813-1864

Comme le conflit entre les Indiens et les colons soutenus par les soldats se poursuivait au Colorado, nombre de Cheyennes et d'Arapahos (dont les groupes commandés par les chefs Black Kettle et White Antelope qui avaient cherché à maintenir la paix malgré les attaques des colons) s'étaient résignés à négocier la paix. En septembre 1864, ils rencontrèrent le gouverneur Evans et le colonel Chivington à Camp Weld, près de Denver, et déduisirent, sans doute à tort, qu'un accord de paix était acquis.

Après plusieurs années de conflit entre blancs et indiens dans le Colorado, une bande d'environ 800 Cheyennes et leur chef Black Kettle se rendent à Fort Lyon afin de négocier un accord de paix.


En compagnie d'indiens Arapahos commandés par le chef Left HandIls, ils s'installent ensuite dans un campement à Sand Creek, à moins de 40 miles au nord du fort. Les guerriers dits « Dog Soldiers », qui avaient été très actifs au cours du conflit, ne sont pas présent dans ce campement. Rassuré par les promesses de paix du gouvernement des États-Unis, Black Kettle envoie la plupart de ses guerriers à la chasse.
Une soixantaine d'hommes restent au camp, la plupart trop jeunes ou trop vieux pour chasser. Le drapeau des États-Unis flotte sur le campement, car il lui est promis qu'« aussi longtemps qu'il ferait flotter le drapeau américain, lui et son peuple ne seraient pas inquiétés par les soldats. »
En novembre 1864, partant de Fort Lyon, le colonel Chivington et 800 hommes appartenant aux 1e et 3e régiments de cavalerie du Colorado, ainsi qu'une compagnie du 1e régiment de volontaires du Nouveau-Mexique, mènent un raid sur le campement indien.


Dans la nuit du 28 novembre, les soldats et miliciens s'enivrent aux alentours du camp. Le lendemain matin, Chivington ordonne à ses troupes d'attaquer. Un officier, le capitaine Silas Soule, refuse de suivre les ordres et demande à ses hommes de ne pas ouvrir le feu.
Le reste des troupes attaque immédiatement, sans égards pour le drapeau des États-Unis flottant sur le camp, ni pour un drapeau blanc qui est brandi peu après les premiers coups de feu. Les soldats de Chivington massacrent la plupart des indiens présents, souvent désarmés.
Image
Image

Au cours de cet assaut, les troupes de l'armée perdent 15 hommes et plus de 50 sont blessés. Entre les effets de la boisson et le chaos résultant de l'assaut, la plupart de ces pertes sont imputables à des tirs amis. Les estimations des pertes indiennes sont de 150 à 200 morts, principalement des femmes et des enfants. Lorsque Chivington rédige son témoignage qui est plus tard produit devant un comité du Congrès des États-Unis, il estime que le nombre d'indiens tués se situe plutôt entre 500 et 600, et que la grande majorité d'entre eux étaient des hommes.


Une source Cheyenne rapporte qu'environ 53 hommes et 110 femmes et enfants ont été tués. Bon nombre des cadavres sont mutilés, et pour la plupart ce sont des femmes, des enfants et des vieillards. Chivington et ses hommes coiffent leurs armes, leurs chapeaux et leur équipement de scalps et différents morceaux humains, y compris des organes génitaux, avant d'aller afficher publiquement ces trophées de bataille à l'Apollo Theater et au saloon de Denver.
Chivington déclare que ses troupes avaient combattu dans une bataille contre des indiens hostiles et que l'action fut d'abord célébrée comme une victoire, quelques soldats arborant avec cynisme des parties de corps humain indiens comme des trophées.



Cependant, le témoignage de Soule et de ses hommes oblige la tenue d'une enquête sur l'incident, qui conclue que Chivington a mal agi.
Soule et les hommes qu'il commandait témoignent contre Chivington devant la cour martiale. Chivington dénonçe Soule comme un menteur, et celui-ci est assassiné plus tard par un homme qui a servi sous le commandement de Chivington à Sand Creek. Certaines rumeurs de l'époque impliquent Chivington dans la réalisation de cet assassinat.
Chivington est condamné pour sa participation à ce massacre, mais il a déjà quitté l'armée, et l'amnistie générale qui succéde à la guerre de Sécession fait que des accusations criminelles ne peuvent être déposées contre lui.
Toutefois, un juge de l'armée déclare publiquement que Sand Creek est « une lâche boucherie exécutée avec sang-froid, suffisamment pour couvrir ses auteurs de l'indélébile infamie, et de honte et d'indignation le visage de chaque américain. »
L'indignation publique est intense face à la brutalité des massacres et la mutilation des cadavres, et aurait peut être incité le Congrès des États-Unis à rejeter l'idée d'une guerre généralisée contre les Indiens du Midwest.


En décembre 1864, les Cheyennes du Montana entendent parler du massacre de Sand Creek perpétré par l’armée américaine le 29 novembre contre les Cheyennes du Sud du chef Black Kettle. Avec les Lakotas Spotted Tail, Red Cloud et Pawnee Killer, les guerriers cheyennes montent une expédition pour venger leurs frères du sud. Le 7 janvier 1865, Cheyennes et Lakotas attaquent la petite ville de Julesburg, à la frontière du Territoire du Nebraska. Les Indiens incendient et pillent la ville dont les habitants ont eu le temps de fuir.
Les guerriers indiens remontent ensuite vers le nord et attaquent les établissements blancs le long de la rivière North Platte. Le 26 juillet 1865, les Cheyennes conduits par Roman Nose et leurs alliés lakotas attaquent le fort de Platte Bridge. Après un rude combat les assaillants sont repoussés.

ImageRoman Nose

La guerre de la Powder river

En août 1865, le général Patrick E. Connor lance une vaste expédition militaire contre les Indiens hostiles. Avec les Lakotas, les Cheyennes harcèlent sans relâche les soldats qui, début septembre, sont mis en déroute. Les Indiens mettent en fuite un groupe de chercheurs d’or qui s’était aventuré dans les Black Hills.
Avec les chefs Dull Knife, Two Moons et Little Wolf, les Cheyennes du Nord participent à la guerre de Red Cloud qui débute dans l’été 1866, quand les soldats installent des forts le long de la Piste Bozeman. Cette piste coupe en plein territoire cheyenne et lakota et amène au Montana des milliers d’immigrants.
Les Cheyennes sont à la bataille de Fort Phil Kearny, le 21 décembre 1866, l’embuscade dans laquelle le capitaine William J. Fetterman trouve la mort, puis le 2 août 1867 au combat de Hayfield.
ImageFettermann

[b]"Fetterman Massacre" 21 décembre 1866
• Le 6 décembre Red Cloud organise un faux raid sur un train de bois pour attirer et tromper Carrington et Fetterman.

• Le 21 décembre 1866 Red Cloud attire les soldats qui se sont lancés à sa poursuite le long de la "Lodge Trail River" en direction de Peno Creek. A cet endroit, près de 2.000 guerriers Sioux et Cheyennes, sous le commandement de Red Cloud, les attendaient embusqués. Nous sommes à trois miles du Fort. Crazy Horse et Hump commandent deux petits détachements près du Fort pour servir de leurre pendant qu'une autre bande bloque le train. Les sentinelles de Fort Phil Kearny font feu.

• Rapidement Carrington donne l'ordre au capitaine James Powell d'escorter les bûcherons à l'abri. Mais Fetterman voulait avoir sa part de gloire. Il demanda le commandement en raison de son ancienneté et il l'obtint. Carrington lui donna des ordres stricts et clairs. Il devait uniquement porter de l'aide au train de bois. Il ne devait poursuivre les assayants vers "Lodge Trail Ridge", sous aucun prétexte. Fetterman prit avec lui deux tireurs Brown et le Lieutenant George W. Grummond. Sur leur route deux civils s'approchèrent du détachement avec un air de simples chasseurs, pour essayer leur nouvelle arme à répétition. Fetterman tenta une stratégie comme l'aurait fait un tireur Indien, en contournant les deux maraudeurs, à la fois pour couper leur retraite et pouvoir les atteindre. Il était perdu s'il laissait les peaux rouges le tromper. Les Indiens répliquèrent de leur manière habituelle, Crazy Horse fit partir quelques leurres; Fetterman sentit le piège. Ignorant les ordres de Carrington, il emmena ses hommes au galop vers "Lodge Trail Ridge", hors de la vue du Fort. Sur le versant opposé se trouvait Red Cloud et le gros de ses forces, cachés dans les ravines. A un moment Crazy Horse donna le signal et les Sioux, les Cheyennes et les Arapahos tombèrent sur les 81 hommes de Fetterman.

Cet endroit sera appellé plus tard "Massacre Hill". Les hommes et leurs montures gisaient dans la glace et la neige rapidement rougies par le sang. Les armes 1865 Springfield dont disposaient les hommes de Fetterman étaient fiables et récentes, mais à un seul coup, avec un temps pour recharger. Grummond à la tête de ses hommes fut le premier tiré, en une heure tous furent abattus. L'Armée appela cet évènement le "Fetterman Massacre", les Indiens l'appelèrent "Battle of a Hundred Slain".

Ce fut la pire défaite de l'armée, à l'ouest, et seulement le deuxième engagement dans cette histoire, dans laquelle il n'y eut pas de survivants.

Sans doute à titre de vengeance Le général Sheridan décida d'exterminer les troupeaux de bisons, base de la nourriture des Indiens et piliers de leur économie.


"Hancock Expedition" 1867
Le matin du 4 avril 1867, les chefs et les guerriers du village Cheyennes et Sioux de Pawnee Fork, situé à 32 miles en amont de Fort Larned au Kansas, quittaient le village pour défier l'expédition militaire menée par le General Winfield S. Hancock. Cette expédition comprenait également le Lieutenant Colonel Custer et 11 hommes de troupes du 7 eme régiment de Cavalerie, sept companies du 37 eme d'Infanterie et une batterie d'artillerie, soit un total de 1.400 hommes.

L'expédition Hancock était partie de Fort Rileyen en direction des Forts Harker, Zarah et Larned dans le but de rencontrer les chefs Indiens pour obtenir des promesses de paix. Avec l'aide d'un Agent Indien Edward W. Wynkoop, Hancock invita ses interlocuteurs à une rencontre à Fort Larned. Les plans durent être changés en raison d'une tempête survenue le 9 avril.

Le 12 avril, Hancock décida de se rendre à pied au village de Pawnee Fork. En dépit des objections des chefs Cheyennes et Sioux qui demandaient à ce que les soldats n'approchent pas de leur campement, Hancock conduisit ses troupes en direction du village. Après quelques palabres, les Indiens acceptèrent de discuter pourvu que les troupes s'éloignent des femmes et des enfants, mais Hancock fit rapprocher ses troupes du village.

Craignant une attaque, comme celle qui s'était produite à Sand Creek dans le territoire du Colorado le 29 novembre 1864, les Cheyennes et les Sioux s'enfuirent du village. Hancock ordonna à Custer d'encercler le village pour empêcher la fuite des Indiens et tenter des négociations. Custer trouva le village vide, en dehors d'un vieillard, d'une femme et d'une petite fille. Hancock envoya Custer et la 7 eme Cavalerie à la recherche des Indiens, qui échoua. Hancock et le reste de ses troupes tenait le village sous leur emprise.

• Le 18 avril, Hancock reçu un message de Custer l'informant que des Indiens avaient effectué un raid à Smoky Hill Trail au nord. Pensant qu'il s'agissait des Indiens dont il avait encerclé le camp, Hancock décida de détruire le village, à l'exception de 40 habitations. Tout fut inventorié, mis en tas et brûlé puis minutieusement détruit.

Les Cheyennes du Nord signent en novembre 1868 le grand traité de Fort Laramie qui met fin aux combats. Il est convenu qu’ils résideront sur le territoire attribué à leurs alliés lakotas. Ils rejoignent les chefs Crazy Horse et Sitting Bull qui continuent à mener la vie traditionnelle sur les territoires de chasse que leur a reconnu le traité, loin de la réserve où se sont installés ceux de Red Cloud et de Spotted Tail.[/b]

"Hayfield Fight" 1867
Les 1er et 2 août 1867, les Indiens Cheyennes attaquent simultanément les Forts de Phil Kearny et de C.F. Smith dans le Montana. Le 1er août 700 Sioux et Cheyennes s'opposent à 31 soldats et civils qui coupaient du foin et des gardes, à deux miles du dernier poste. Les soldats abrités dans une cabane en rondins tirent les premiers. Un guerrier qui s'était approché de la barricade est tué. Les Cheyennes mettent le feu à l'herbe coupée, mais, comme par miracle, le feu s'arrête à 20 pieds de la cabane. La fumée permet aux Indiens de retirer leurs 20 guerriers morts ou blessés.
Les soldats et les civils résistent pendant six heures aux attaques des Indiens avant l'arrivée de renfort qui disperse les guerriers.


"Beecher Island Battle" 1868 (ou "Arickaree Battle")
Le soir du 16 septembre 1868, des éclaireurs sortirent de Fort Hays commandé par le Major George A. Forsyth. Forsyth avait nommé le Lieutenant Frederik H. Beecher, le neveu du fameux homme d'église Henry Ward Beecher, son second. Ils venaient combattre une bande de 750 guerriers Cheyennes qui avaient fait un raid sur un wagon ferroviaire près de Fort Wallace, et obligèrent les éclaireurs à se réfugier sur un banc de sable au milieu de la rivière à Arikanee Fork sur la "Repubican River" dans le territoire du Colorado. Le combat dura du 17 au 25 septembre, jusquà ce que des renforts arrivent de Fort Wallace. Roman Nose le chef de ce raid fut mortellement blessé pendant le combat et mourut le lendemain matin. Sa mort incita les Indiens à arrêter le combat qui se contentèrent de poursuivre les chevaux des éclaireurs jusquà ce que tous soient morts. Le Lieutenant Beecher fut l'un des quatre éclaireurs tués et son engagement devint connu sous le nom de "Battle of Beecher's Island."




Etroitement associés aux Lakotas, les Cheyennes du Nord vont, pendant plus de huit ans encore, conduire l’ultime résistance des Indiens des Plaines du Nord.

La Washita River

Tôt le matin du 27 novembre 1868 commença la Bataille de Washita River lorsque le lieutenant-colonel George Armstrong Custer mena le 7ème de cavalerie à l’attaque du camp (51 tipis) du chef Cheyenne Black Kettle sur la Washita River (Oklahoma).
Le campement est occupé en moins de 20 minutes, mais la bataille durera quatre heures dans ses environs. Black Kettle est tué au début de l’attaque avec sa femme alors qu’ils tentaient de s’enfuir. Les combats se poursuivent cependant pendant plusieurs heures aux alentours du village. Au cours de ces affrontements, la section du lieutenant Eliott, encerclée par des Indiens venus en renfort de camps voisins, est anéantie. Après la bataille, Custer rassemble 53 prisonniers, leur donne 200 poneys trouvés dans le village (les 600 autres sont tués), brûle les tipis et les autres possessions des Cheyennes (82 armes à feu, 4000 flèches, 30 lances, 210 haches, 573 couvertures en peau de bison, 271 selles, 700 livres de tabac,…), puis revient à sa base de ravitaillement.

Image


Custer annonce la libération de deux enfants blancs captifs et rapporte que 103 guerriers indiens ont été tués 4. Selon des sources indiennes, environ 18 femmes et enfants ont été tués. Dans une lettre à l’agent des Cheyennes le major Wynkoop, un éclaireur américain avance que 60 indiens (dont vingt hommes) ont été tués, mais il est connu pour son soutien à Black Kettle .

"Summit Springs Battle" 11 juillet 1869
Des troupes étaient stationnées en six points entre Pont Creek et Fort Lyon ; mais pour les colons le pire était à venir.

Tall Bull, le chef des Dog Soldiers, rassembla à ses côtés des Sioux et des Arapahos et menent ensemble des attaques à l'Ouest du Kansas et au Nebraska. Mais pendant l'hiver 1868/1869 la majorité des tribus des Plaines fut assujettie par le General Phil Sheridan, les Cheyennes Dog Soldiers ne voulaient pas se rendre.

Au printemps 1869, un contingent de Cheyennes composé essentiellement de Dog Soldiers se rendit au nord de "Republican River" au nord-ouest du Kansas, sur la "Fort Wallace/Fort Lyon Road". En mai 1869 ils dérobent plusieurs centaines de mules à Sheridan et dans les mois qui suivirent ils firent une descente sur un convoi près de Fort Lyon. Pendant tout l'été des bandes d'Indiens furent signalées le long de la route.

Au cours d'un déplacement une dispute surgit entre Tall Bull et Little Robe qui demanda à Tall Bull de quitter la réserve; Tall Bull partit avec 165 tentes de Dog Soldiers.


En se déplaçant à l'Est du Territoire du Colorado, Tall Bull emmena ses partisans au nord vers la région de "Republican River" au nord-ouest du Kansas. Pendant qu'ils installaient leur camp près de "Beaver Creek", le 5me de Cavalerie du Major Eugene A. Carr les attaqua. Les escarmouches se poursuivirent sur plusieurs miles. Le village perdit des tentes et de la nourriture. En représailles Tall Bull conduisit ses guerriers à "Smoky Hill" ou ils tuèrent, pillèrent, brûlèrent et kidnappèrent. Puis il se retira dans un endroit isolé dans le but de regagner ses partisans.

• Le 11 juillet, à White Butte que les Cheyennes appellent Summit Springs (près de Sterling dans le Colorado), Tall Bull fit une halte de repos. Mais le 11 juillet 1869 dans l'après-midi, les éclaireurs Pawnee de Carr trouvèrent le village. Les troupes du 5me de Cavalerie du Colonel Eugene Carr parvinrent à approcher sans se faire détecter et attaquèrent pendant leur sommeil. N'ayant aucun moyen d'organiser une défense, les Cheyennes courraient, saisissaient leurs chevaux et essayaient de fuir. Tall Bull trouva un poney sur lequel il fit chevaucher sa femme et son fils et les mit en sureté dans une ravine; en tentant de revenir il fut atteint et tué par un tir (certains disent par Buffalo Bill Cody). Ensuite les Dog Soldiers se séparèrent en deux groupes l'un en direction du nord pour rejoindre les Cheyenne du Nord et l'autre pour rejoindre les Cheyennes du Sud.

Carr fit un rapport dans lequel il dit avoir tué 52 Indiens et en avoir capturé 17, femmes et enfants; un soldat fut blessé, différents objets et nourriture confisqués, 84 tipis furent détruits ou brûlés, 400 chevaux furent également capturés.

La bataille de Summit Springs interrompit pour toujours le pouvoir des Cheyennes Dog Soldiers dans les Plaines Centrales.



Fin de la première partie...
Image

Avatar du membre
U.S. Marshal Cahill
Lawman
Messages : 20973
Localisation : au dessus de Strasbourg

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 31 juil. 2009 14:14

:applaudis_6: Vin
(les photos ciné sont tirés de Blue Soldier je vois, on reconnait sauf erreur Peter Strauss)
CAHILL, UNITED STATES MARSHAL
ImageImageImage

jeff
Apache
Messages : 37

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar jeff » 01 août 2009 8:12

un sujet passionnant merci VIN :applaudis_6: :applaudis_6: je suis impatient de lire la suite .

Avatar du membre
Vin
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5271
Localisation : Paris

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Vin » 02 août 2009 9:11

Merci :wink:

La suite est plus longue à poster, j'en suis à mi-chemin, car il y a une tonne de photos, et la manipulation avec imageshack est longue et fastidieuse, donc je la fais en plusieurs fois.
Image

Avatar du membre
Sitting Bull
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5708
Localisation : Grande prairie du Sud-Ouest

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Sitting Bull » 02 août 2009 11:22

Quel boulot. Superbe !
Merci, Vin.
Image

"What is this ? The stuff that dreams are made of." (W.Shakespeare)

Avatar du membre
Vin
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5271
Localisation : Paris

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Vin » 03 août 2009 20:54

Comme annoncé, la seconde partie.


La guerre pour les black hills

En 1874, de l’or est découvert dans les Black Hills. Ne pouvant contenir la ruée des prospecteurs, le gouvernement cherche à acheter les Black Hills aux Indiens qui refusent. Ordre est donné aux Indiens encore libres de rejoindre la réserve avant le 31 janvier 1876. L’ordre est totalement ignoré.

Dès février 1876, le général Philip H. Sheridan, qui commande l’armée dans les Plaines, monte une vaste expédition contre les rebelles.
ImageSheridan

Le 17 mars, sur la Powder River, le capitaine Joseph J. Reynolds attaque le camp du cheyenne Two Moons sur la Powder River. Les guerriers parviennent à protéger la fuite de leurs familles, puis décrochent.
Crazy Hors et Sitting Bull donnèrent asile aux hommes de Two Moons.

ImageTwo moons
En juin 1876, à la tête de plus d’un millier d’hommes, le général George Crook quitte Fort Fetterman et se dirige vers la rivière Rosebud ou l’on estime que se cache un très grand nombre d’Indiens " hostiles". Le 17 juin, une centaine de guerriers cheyennes conduits par Little Wolf aide les Lakotas de Crazy Horse à protéger le grand village indien établi sur la Rosebud River.

Le lieutenant-colonel George A. Custer retrouve leur piste sur les bords de la Little Bighorn River. Des milliers de Lakotas, Cheyennes et Arapahos sont réunis. Au matin du 25 juin, Custer lance son attaque à travers le gué qui mène à l’immense village. C’est là qu’une douzaine de guerriers cheyennes se sacrifient afin de donner le temps de fuir aux femmes et aux enfants qui étaient au bord de la rivière.


Les Cheyennes du Nord, et quelques Cheyennes du Sud participèrent à la Bataille de Little Bighorn (25 juin 1876). Avec les Lakotas et une petite bande d’Arapahos, ils annihilèrent George Armstrong Custer et son contingent près de la rivière Little Bighorn. On estime la population du campement des Cheyennes, Lakotas et Arapahos près du lieu de la bataille entre 5 et 10 000 personnes ; ce qui en ferait le plus grand rassemblement amérindien en Amérique du Nord avant la généralisation des réserves.
ImageCuster

Après leur victoire sur la Little Bighorn River et la mort de Custer, les Indiens fuient et se dispersent. Tandis que certains acceptent de rejoindre la réserve, la plupart cherchent désespérément à préserver leur liberté.

Image

Le 17 juillet, près de mille Cheyennes qui suivent Little Wolf tentent de rejoindre Sitting Bull. Ils sont interceptés par l’armée à Warbonnet Creek. L’engagement se réduit à un combat singulier entre le Cheyenne Yellow Hair, Hay-o-wei, et Buffalo Bill, éclaireur pour l’armée. Buffalo Bill tue le Cheyenne et le scalpe. Les Cheyennes sont conduits sur la réserve. Little Wolf s’en échappera à nouveau.
Les Cheyennes qui résistent encore se terrent dans les vallées du pays de la Powder River. Le 25 novembre 1876, à Crazy Woman Creek, par grand froid, le colonel Ranald S. Mackenzie attaque le village de Dull Knife. Les Indiens ont trente morts et doivent fuir dans la neige, démunis de tout. Après douze jours d’une marche épouvantable, les survivants atteignent le village de Crazy Horse en proie à la famine. Les Lakotas accueillent les Cheyennes. Au dernier degré de l’épuisement et du découragement, certains Cheyennes décident de se rendre.


Les tentatives de l’armée afin de capturer les Cheyennes s’intensifièrent. Un groupe de 972 Cheyennes fut déporté dans les Territoires Indiens de l’Oklahoma en 1877. Là-bas, Les conditions de vie étaient terribles, les Cheyennes du Nord n’étant pas habitués au climat, et bientôt beaucoup furent atteints de malaria.
En 1878, les deux principaux chefs, Little Wolf et Morning Star (Dull Knife), réclamèrent la libération des Cheyennes afin qu’ils puissent retourner vers le nord. La même année, un groupe d’environ 350 Cheyennes quitta les Territoires Indiens en direction du nord, mené par ces deux chefs.
Quelques centaines de Cheyennes du Nord resteront dans le sud avec le chef Wooden Leg qui garde les enfants trop petits pour affronter le voyage.
Image Wooden Leg

Les soldats de l’armée et des volontaires civils, dont on estime le nombre total à 13 000, furent rapidement à leur poursuite. La bande se sépara rapidement en deux groupes. Le groupe mené par Little Wolf retourna dans le Montana. La bande de Morning Star( véritable nom de Dull Knife) fut capturée et escortée à Fort Robinson, au Nebraska, où elle fut séquestrée. On leur ordonna de retourner en Oklahoma, ce qu’ils refusèrent promptement et fermement. Les conditions devinrent de plus en plus difficiles à la fin de l’année 1878, et bientôt les Cheyennes furent confinés dans leurs quartiers, sans nourriture, ni eau, ni chauffage.

ImageFrederic Remington, Massacre des Cheyennes, Fort Robinson in Nebraska, 1879

En janvier 1879, Morning Star et ses compagnons s’évadèrent de Fort Robinson. La plupart furent abattus en s’enfuyant du fort. On estime à 50 le nombre de rescapés, qui rejoignirent les autres Cheyennes du Nord dans le Montana. Grâce à leur détermination et à leur sacrifice, les Cheyennes du Nord ont gagné le droit de demeurer dans le nord près des Black Hills. En 1884, par ordre de l’exécutif, une réserve destinée aux Cheyennes du Nord fut établie dans le sud-est du Montana. Cette réserve fut étendue en 1890, pour s’étendre de la réserve crow à l’ouest à la Tongue River à l’est.
Image

Hélas, la fin de l’histoire entre Cheyennes et US Army manque de romantisme..

Pas de héros s’enfuyant pour vivre libres,pas de dernier combat…
A peine s’était-il rendu ( reddition de Fort Keogh)que Two Moons et toute sa tribu servirent d’éclaireurs au Général Miles.
Ils l’aidèrent par exemple à combattre et vaincre les Nez-Percés de Chef Joseph, Hin-mah-too-yah-lat-kekht.
De plus, les guerriers survivants des groupes de Little Wolf et Dull Knife firent de même.

Une nouvelle fois, les indiens préférèrent aider l’armée américaine à combattre d’autres indiens..Voici qui ternit un peu l’image de nos Cheyennes…


Fin de la seconde partie, à suivre…
Image

Avatar du membre
Vin
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5271
Localisation : Paris

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Vin » 12 août 2009 22:02

Pas encore la troisième partie, longue à préparer, mais un peu de documentation nouvelle sur les conflits cheyennes/blancs:

Image

Image

A bientôt, bonne soirée.
Image

Avatar du membre
ivanovitch2a
Cheyenne
Messages : 91

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar ivanovitch2a » 04 sept. 2009 19:38

Remarquable travail de Vin, bravo.

A noter que le film Cheyenne Autumn de John Ford a été entièrement tourné dans Monument Valley ce qui fait rigoler certains indiens et en met d'autres en fureur, puisque l'épisode connu sous le nom de la Longue Marche des Cheyennes les a emmené jusqu'au nord des USA alors que dans le film ils semblent tourner en rond. Il reste que ça reste un excellent film (si vous en trouvez un de mauvais chez Ford, donnez m'en le titre).

Dans la série Blueberry, l'épisode intitulé "La longue marche", évoque cette histoire, même si les protagonistes sont des apaches. De même, dans la tétralogie du Cheval de Fer, l'épisode "Le général Tête Jaune" s'inspire de Washita River et de la bataille de Little Big Horn.

Lors de sa sortie le film "Le soldat Bleu" a été interdit dans certains états US et a provoqué de nombreuses manifestations tant chez les indiens que chez les blancs. En France, il a été censuré au moins de 18 ans et il était "déconseillé" aux militaires (j'étais enfant de troupe à l'époque) de le voir.

Amicalement

PB

PS : décidément j'adore ce site découvert par hasard il y a 15 jours

PPS : N'oubliez pas que Leonard Peltier est en prison de puis 33 ans pour un crime dont il est innocent !
http://www.arizona-dream.com/Usa/amerin ... eltier.php

Juh
Comanche
Comanche
Messages : 766

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Juh » 05 sept. 2009 3:13

Bravo en effet . Comme à chaque fois qu'on évoque les guerres indiennes, notre sacro-sainte civilisation européenne en prend un foutu coup. Dommage que ça ne donne pas aussi envie de gerber aux gouvernements américains successifs, qui ne semblent jamais rien devoir aux Indiens...

Avatar du membre
Vin
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5271
Localisation : Paris

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Vin » 05 sept. 2009 12:02

Merci les cowboys, même si on ne le fait pas pour celà, c'est toujours sympa de se dire que le temps passé pour contribuer au site est apprécié. :)
Image

Avatar du membre
Pike BISHOP
Westerner
Westerner
Messages : 2680
Localisation : Aquaverde

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Pike BISHOP » 07 sept. 2009 10:21

ivanovitch2a a écrit :Dans la série Blueberry, l'épisode intitulé "La longue marche", évoque cette histoire, même si les protagonistes sont des apaches. De même, dans la tétralogie du Cheval de Fer, l'épisode "Le général Tête Jaune" s'inspire de Washita River et de la bataille de Little Big Horn.


Pour la "LONGUE MARCHE" l'idée assez fausse que GIRAUD s'est inspiré des "CHEYENNES" vient qu'il s'est servi d'une photo du film pour sa couverture d'album
sinon on est en pleine apacheria et la fuite de VITTORIO vers le Mexique..
Pour "TETE JAUNE" CHARLIER qui connaissait assez l'histoire de l'Ouest (peut-être aidé par FRONVAL ?) n'hésitait pas à lui faire de beaux enfants et mélanger
les époques pour servir sa dramaturgie... Si, il semble bien que "TETE JAUNE" s'inspire de CUSTER et la WASHITA RIVER, la suite évoque plutôt la
campagne hivernale de 76 de MAD MARCUS RAWLINGS.. Un autre "CUSTER" qui a fait massacrer son régiment jusqu'au dernier (lui y compris)..Plus de
morts qu'à Little Big Horn... Curieusement son histoire est assez occultée par celle de CUSTER...
Avant de tomber dans le piège final des Sioux de Crazy Horse et des Cheyennes de Dull Knife, il n'en avait pas moins massacré que 2000 et 10 000 Chevaux
affamant les tribus détruisant leurs abris, les privant de ressources, si bien que fin 76, début 77 toutes se rendirent ..
If they move, kill'em !!

Avatar du membre
Vin
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5271
Localisation : Paris

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Vin » 07 sept. 2009 18:49

Pas trop de temps pour rédiger, donc un extrait du Web:

La "Marche à la Mort" - hiver 1876

Au début de l'hiver 1876, une colonne de 900 cavaliers quitta le camp de Goose Creek, situé à la frontière du Montana et du Wyoming, non loin de l'actuel Parc National de Yellowstone, afin de s'attaquer à une force de plus de 5.000 Indiens, dirigée par Sitting Bull et composée de contingents Sioux, Cheyennes, Arapahoes, ainsi que d'autres tribus de moindre importance, et qui, l'été précédent, avait anéanti le régiment du général Custer dans la vallée de la Little Big Horn.
A la suite de leur victoire, les Indiens s'étaient retirés dans la région montagneuse située entre la Powder River et la Tongue River. Décidé d'en finir, le général Crook, responsable de la région, avait ordonné au commandant de la colonne, le major Marcus Rawlings, d'attaquer les Peaux-Rouges qui, vu la saison, ne s'attendraient sans doute pas à un assaut aussi tardif.
C'est dans ce contexte que débuta une campagne qui passera à la postérité sous le nom de "Marche à la Mort", d'"Expédition de l'Enfer" ou de "Campagne de la Haine"...

Placé à la tête des soldats, le major Rawlings était un officier expérimenté mais à la réputation détestable et il se disait que, sous son commandement, il y avait plus de décès par suicide que du fait des combats....



Campagne hivernale


Durant le premier mois durant lequel se déroula l'expédition, le climat resta relativement doux.
Rawlings ne chercha pas l'affrontement mais laissa ses hommes faire un véritable massacre de bisons, daims et autre animaux qui furent laissés à pourrir sur place. Ce serait toujours cela que les Indiens n'auraient pas... Rawlings ne négligea pas non plus d'empoisonner tous les points d'eau de la région afin d'anéantir un peu plus le gibier.

Lorsque l'hiver débuta véritablement, Rawlings, au grand étonnement de ses hommes, décida de progresser plus avant. Au bout d'une semaine, la température était tombée largement sous zéro et la neige avait envahi la région. Dans ce froid, les culasses de fusils commençèrent à geler, les chevaux périrent progressivement par manque de fourrage, et les hommes en furent réduits à se nourrir de rations de campagne qu'ils durent faire dégeler dans leur bouche...

Il ne fallut toutefois pas longtemps pour que les soldats arrivent en vue d'un campement indien comptant plus de 500 tentes. Les Indiens, comme cela avait été prévu, furent pris totalement par surprise. Ils ne s'attendaient nullement à une offensive aussi tardive dans la saison et étaient persuadés que les "longs couteaux" se trouvaient dans leurs quartiers d'hiver à Fort Laramie.
Rawlings ordonna la charge. En quelques minutes, le village fut en flammes et, parmi les 1.000 guerriers qui s'y trouvaient, rares furent ceux qui eurent l'occasion de récupérer leurs armes et de trouver le salut dans la fuite.
Rawlings ordonna de rassembler tous les prisonniers qui se retrouvèrent vite nus, leurs vêtements ayant été confisqués et jetés au feu. Rawlings décida d'envoyer les jeunes femmes dans un bois situé à l'Ouest du campement et posta la moitié de ses hommes en position défensive. L'autre moitié fut autorisée à camper dans le bois et se vit libérée pour la nuit... Une longue nuit de viols allait débuter.

Au matin, le froid avait tué tous les hommes, femmes et enfants laissés sans abri et sans vêtements. Il avait aussi tué les 32 soldats blessés dans l'attaque du village, ce qui résolut le problème de Rawlings relatif au transport de blessés. Avec les décès de la nuit, la destruction complète du village coûta aux Américains la perte de 62 soldats. Aux pertes humaines, il fallait ajouter la mort de 1.500 chevaux indiens qui avaient été entravés avant la nuit et avaient tous péris gelés. Rawlings ne pouvait laisser les Indiens les récupérer et ne pouvait perdre 1.500 cartouches pour les faire abattre...

Un anéantissement mutuel


Durant une nouvelle semaine, les soldats U.S. progressèrent vers la Montagne des Loups dans un paysage dévasté. Afin de gêner l'envahisseur, les Indiens pratiquèrent une politique de terre-brûlée, brûlant tout ce qui pouvait servir aux Blancs durant leur progression.

Alors que les soldats campaient le long des berges d'une rivière, huit jours après la destruction du campement indien, ils furent assaillis par une force de 1.500 Indiens Sioux. Rawlings, conscient que rester sur la défensive amènerait sa destruction, ordonna à ses hommes de s'emparer des hauteurs voisines. Sous le commandement de l'adjoint de Rawlings, le capitaine Dalton, les Américains montèrent à l'assaut mais, bien vite, durent s'arrêter puis refluer vers la rivière. Rawlings prit alors personnellement la tête de ses hommes et repartit à l'assaut des hauteurs. Entraînés par "Mad Marcus" et favorisés par la supériorité de leurs (affligeants) Springfield sur les fusils à chargement par la bouche ou les arcs des Indiens, les Américains parvinrent finalement à se rendre maîtres des hauteurs. Les cavaliers avaient perdu 300 morts ou blessés dans l'affaire, les Indiens 700 tués... Parmi les blessés U.S., 70 s'avérèrent intransportables. Rawlings décida de les abandonner et, conscient d'un retour certain des Peaux-Rouges, leur laissa à chacun un revolver garni d'une seule balle...

Rawlings l'Enragé reprit sa progression vers le coeur du territoire indien, perdant de nombreux hommes sous le feu de tireurs isolés, mais parvint finalement en vue du dernier camp indien. A cette date, des 900 cavaliers partis de Goose Creek, il n'en restait plus que 400, équipés de 50 chevaux.
C'est alors que Rawlings constata qu'il s'était jeté dans un piège. Pour atteindre le village, il lui faudrait charger entre deux falaises défendues par une multitude d'Indiens, et ce en terrain totalement découvert.
Rawlings réfléchit quelques instants puis, persuadé que ses troupes seraient de toute façon détruites lors d'une tentative de retraite, il décida d'attaquer.

A quatre reprises, les soldats chargèrent. A quatre reprises, ils furent repoussés, laissant 75 % des leurs sur le terrain. Conscient que la prochaine attaque serait la dernière, Rawlings ordonna d'allumer un feu et d'amener les derniers chevaux survivants. Rawlings fit constituer des fagots et les fit attacher derrière les chevaux avant de les enflammer. Marcus Rawlings enfoucha un cheval et s'élança en direction des Indiens, suivi par 50 chevaux affolés, derrières lesquels les 100 soldats survivants chargèrent à pied.
Rawlings ne tarda pas à tomber, percé de flèches, mais les bêtes causèrent la panique chez les Indiens et permirent aux 20 derniers soldats U.S. d'atteindre le campement. Les seuls officiers survivants, le capitaine Dalton et le lieutenant Hassen, ordonnèrent aux hommes de s'emparer de nourriture et du nombre de chevaux nécessaire avant de mettre le feu au village. Les miraculés se hâtèrent ensuite de fuir vers Goose Creek avant que les Indiens ne se soient ressaisis...


A l'instar de Custer, Rawlings avait mené ses troupes à la destruction.
Toutefois, si à Little Big Horn les Indiens n'avaient guère subi de pertes, la "Marche à la Mort" avait provoqué la perte de 2.000 guerriers indiens, soit 50% de la force qui immobilisait une moitié de l'armée des Etats-Unis dans le Far West.
Image

Avatar du membre
Sitting Bull
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 5708
Localisation : Grande prairie du Sud-Ouest

Re: Les Cheyennes (1964)

Messagepar Sitting Bull » 10 oct. 2009 1:08

Jusqu'à présent je n'avais pas eu beaucoup de temps pour tout lire. Merci à vous tous pour ces formidables leçons d' Histoire !
:applaudis_6:
P.S.: On apprend à tout âge.
Image

"What is this ? The stuff that dreams are made of." (W.Shakespeare)



Retourner vers « Guerres Cheyennes »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité