La disparition des indiens

limpyChris
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Re: La disparition des indiens

Messagepar limpyChris » 30 août 2009 22:58

A propos des attaques nocturnes, contre les Blancs, les Indiens ont peut-être été amenés à revoir leurs pratiques, voire certains tabous, nécessité faisant loi … Et puis, on n’accorde plus, à partir d’un certain moment, à quelqu’un qui ne respecte pas votre mode de vie, vos croyances, les mêmes ‘privilèges’ qu’à quelqu’un d’une autre tribu qui partage, connaît et respecte vos codes de vie ; lorsque quelqu’un ne joue pas avec les mêmes règles que vous, et qu’il gagne de manière éhontée, en imposant ses règles, on s’adapte aux siennes. Et puis les ‘Yeux clairs’ devaient avoir autrement le trac, de nuit, dans une contrée pas très connue, que des ennemis autochtones...


Pour revenir à la question de départ : Vous répondez vous-même à votre question, Tepepa : vous avez tous les ingrédients : maladies, déportations, massacres … ajoutons-y peut-être l’alcool.
Plus violent en Amérique du Sud, comme vous le dites, plus sournois au Canada (beaucoup moins peuplé dans les Plaines canadiennes, comme le disent Pike et Vin), où là, c’est sur l’acculturation que le Gouvernement a principalement misé, en séparant, comme pour les Aborigènes en Australie, les enfants de leurs parents, de leur milieu d’origine. Le Gvt canadien a d’ailleurs adressé en 2008 des excuses aux autochtones des Premières Nations (ceux qui sont intéressés peuvent aller voir sur You Tube ; avec ‘apology’ et ‘First Nations’, ça devrait marcher).

Des chiffres … très difficile, vous l’imaginez bien … Je n’en suis pas un spécialiste car le flou m’a découragé de m’y intéresser … et du mal à retenir le nombre de zéros, risquant de confondre les chiffres de telle tribu avec ceux de telle autre. Ce que j’ai retenu ou retrouvé vous le prouvera … Mais enfin, je me lance. Aucun des précédents intervenants ne s’est pour l’instant risqué à en donner … Les cadors corrigeront peut-être ces chiffres, ce qui m’intéressera aussi …

Pour l’Amérique, fourchette large … très large … j’avais, il y a une quinzaine d’années des chiffres allant de 5-6 Millions d’habitants pour l’estimation basse (beaucoup trop basse à mon avis) et 15 Millions, en ce qui concerne l’Amérique du Nord … Je viens de trouver un site qui parle d’estimations allant de 90 à 100 Millions pour l’ensemble du Continent …
Un chiffre, plus fiable, connu et généralement accepté, celui-là, on recensait un peu plus de 250 000 Indiens aux États-Unis (en dessous de la vérité sans doute, tous les Indiens urbains ne se déclarant pas comme Indiens-complexe d’infériorité), au tournant des 19ième et 20ième Siècles.

Maladies, tout d’abord : j’ai lu que l’épidémie de variole/petite vérole de 1616-1619 avait rayé de la carte 90% de la population autochtone de la Côte Nord-Est de la Nouvelle Angleterre. Les Algonquins de cette région seraient passés de 30 000 à 300 individus suite à cette première épidémie. Les estimations les plus ‘strictes’ donnent 65% comme pourcentage de morts attribuées à la petite vérole.
En ce qui concerne les Pequots, par exemple, on estime leur population aux débuts de LA rencontre, entre 10 et 16 000 … 1600 seront passés au fil de l’épée par les Puritains (‘Mark Twain’, écrivain par ailleurs pas très pro-Indien, dit d’eux [des Puritains] : ‘first they fell on their knees and then on the aborigines’ -Ils tombèrent tout d’abord à genoux, puis à bras raccourcis sur les indigènes’), 90% subissant l’épidémie de variole, les survivants vendus comme esclaves. Il y a quelques années, on retrouva miraculeusement deux mamies Pequot, juste à temps pour ne pas fermer la réserve qui avait cependant été attribuée à cette tribu fantôme, et pouvoir y implanter un casino, qui a, depuis, bien fructifié ! (C’est la Mafia de la Côte Est qui a dû se frotter les mains de cette résurrection).

J’ai lu et entendu à plusieurs reprises que l’on considérait l’emploi de couvertures infectées données à des Indiens lors de la guerre de Pontiac comme le premier exemple de guerre bactériologique (car la distribution de couvertures infectées était volontaire, calculée) : les Shawnees et Delawares, qui avaient rejoint la confédération de Pontiac faisaient le siège de Fort Pitt -anciennement Fort Duquesne- ; un certain Simon Ecuyer, officier mercenaire d’origine suisse, commandant le fort fit donner quelques couvertures (2 couvertures et un mouchoir précise le journal de bord), qu’il avait recommandé que l’on prenne à des malades du lazaret, en cadeau, à des parlementaires indiens. Se tournant vers son second, il aurait déclaré : « J’espère/Espérons que cela aura l’effet désiré ». Le but était donc bien intentionnel, et les effets connus et attendus. Les héritiers d’Henri Dunan et la Croix Rouge pourraient donc envoyer leurs excuses et des dons aux descendants Shawnee et ‘Delaware’ …
Suite à cette affaire, les Shawnee auraient transmis la maladie, d’une part aux Creeks, avec qui ils étaient en bons termes, et aux Cherokees, avec lesquels ils étaient, par ailleurs, en guerre. Les chiffres concernant la pop. shawnee aux débuts des rencontres varient, selon les sources, de 3000 à 50 000, 10 000 semblant un chiffre raisonnable. Chiffre (plus fiable) tombé à 2500 en 1825.
Bien sûr, certains nient le rôle qu’aient pu jouer deux couvertures et un mouchoir …
En ce qui concerne les Mandans cités par Vin, j’aurais, comme lui, décrit cette tribu/Nation comme étant respectée et puissante … culturellement surtout, car les chiffres, qui pouvaient être impressionnants pour d’autres peuples indigènes à l’époque, peuvent nous apparaître ridicules aujourd’hui : fourchette large : entre 8 000 et 20 000 individus. Si l’on pense qu’il y avait quatre villages principaux, comptant de 2000 à 4000 personnes d’après les premiers visiteurs-observateurs, on arrive sans doute à 15 000-16 000 personnes au total. Quelques années plus tard, après une nouvelle vague d’épidémies, en 1837 (petite vérole, sans doute non organisée), les Mandans étaient tombés à 125, selon Wikipédia que je viens de consulter, alors que le bouquin ‘Les Indiens’ Time-Life parlait de 31 survivants mandans sur la pop. d’un village de 1600, et la moitié de la pop. Arikara-Hidatsa, passée de 4000 à 2000 donc … . Même saignée chez la puissante, redoutée et farouche tribu Pied-Noir : des milliers de morts (environ 6000) du fait de la variole. Loin d’être suffisamment précis et donc totalement fiable, certes, mais cela donne cependant déjà, je pense, une idée de l’ampleur.
N.B. : Certaines tribus, comme les Cheyennes ne cherchaient pas à s’étendre démographiquement, pratiquant un contrôle des naissances ; cela semblait effectivement être une volonté délibérée de la tribu de ne pas s’agrandir inconsidérément (lu dans Hoebel ou Grinnell, il y a … damned ! une vingtaine d’années déjà ! et confirmé par 2 ‘anciens’, ou inversement) je dirais aux alentours de 4 000 individus au milieu du XIXième Siècle.

Pour les tribus d’Amazonie, les garimpeiros nous font encore actuellement ça à la petite semaine, et l’armée brésilienne le fit, comme dit Vin, en balançant des vêtements infectés … mais aussi le Napalm, jusque dans les années 1960, je crois ... (?)
En juin dernier encore, quelques entrefilets, passés dans l’indifférence générale, relataient le fait que des Indiens avaient pris les armes pour conserver leurs terres menacées. On en connaît déjà l’issue …

Déportations … non seulement dans les Antilles, où, comme le dit Vin, les Espagnols n’arrivèrent pas à faire des Indiens de ‘bons esclaves’ -ces derniers préférant cesser de s’alimenter et se laisser mourir- mais aussi en Amérique du Nord (les survivants Pequots envoyés comme esclaves dans les Antilles par exemple).
Une estimation donnait un Million d’habitants à l’arrivée de Colomb, mais je ne sais plus si c’était pour Guanahani (San Salvador) ou Cuba uniquement, ou l’ensemble des îles des Antilles … En tout cas, une quarantaine (ou peut-être même une vingtaine) d’années plus tard seulement, on était tombé à quelques centaines d’individus … les autres ayant été déportés comme esclaves, passés au fil de l’épée, ou de stress, se suicidant par centaines en se jetant du haut de falaises dans la mer.

Le chiffre de déportation le plus connu et généralement accepté par tous est celui des Cherokees, lors de la Piste des Larmes ("Nuna daul Tsuny", Piste où ils ont pleuré) : 16 000 déportés, on estime qu’un quart d’entre eux périt en chemin. On m’avait dit également que la déportation des Choctaws (ou était-ce les Creeks ? … J’aurais dû noter …), bien que moins ‘médiatisée’ avait connu des conditions similaires. Ceci me rappelle une anecdote, dont je ne sais pas si vous y trouverez le moindre intérêt, mais je la risque/livre quand même, au cas où … : nous visitions le Musée Woolaroc près de Bartlesville, Oklahoma. Arrive un journaliste local. Chez vous, je ne sais pas, mais dans notre journal régional, en ce moment, c’est la bataille de qui a la plus grosse tomate, ou la plus grosse courgette dans son jardin … Alors, des Français à Bartlesville, en Été ! pensez ! l’aubaine d’un article un peu … exotique. Après nous avoir posé les questions d’usage, raisons de notre séjour en Okla., etc. il nous propose de nous prendre en photo et nous laisse le choix de l’endroit dans le musée. Avec un air naïf (mais je dois bien l’avouer, assez sournoisement), je lui dis : « Pourquoi pas devant un tableau, là-bas, il est grand et coloré, on pourrait s’étaler devant sans le cacher. » - OK, let’s go ! Et là, il ‘tilte’ … J’avais choisi le fameux ‘La Piste des Larmes’ de Lindneux. Le journaliste hésite : Ah … er … yes … well, that’s the Trail of Tears … er, well, what about … -il se retourne et voit la statue d’un danseur apache gan, qu’est-ce que vous diriez de cette statue là-bas ? - OK !
Je n’ai donc pas eu ma photo avec le tableau de ‘La Piste des Larmes’ dans le journal de Bartlesville, mais (pour moi du moins), l’anecdote était significative et valait bien la photo.


Pas d’angélisme enfin : les Indiens sont des êtres humains comme les autres avec leurs tares, leurs jalousies … etc. Les dissensions (haine dans certains cas) entre différents peuples étaient préexistants à l’arrivée des Blancs. Ainsi, les peuples qui étaient sous la domination des puissants Aztèques profitèrent de l’arrivée d’une poignée de conquistadores loqueteux et leur fournirent une quantité impressionnante d’auxiliaires indigènes. La prise de Mexico fut donc davantage une victoire de peuples indigènes asservis contre les Aztèques qu’une victoire espagnole. Ils voulaient se libérer du joug aztèque et saisir l’opportunité de l’arrivée de ces étranges étrangers pour ce faire, pensant se servir de ces barbus aux étranges montures. Les malheureux n’avaient aucune idée des vagues qui s’apprêtaient à déferler, venues de l’autre côté de l’Océan. Ensuite, les Espagnols prirent les rênes … Il en fut de même en Amérique du Nord … Les Indiens croyaient pouvoir se servir des Blancs, de leur technologie, pour se débarrasser de leurs vieux ennemis, mais c’est eux qui furent manipulés.
Au Mexique, la population autochtone serait passée de 25 Millions avant l’arrivée des Espagnols à six millions et demi 10 après la prise de Mexico par Cortez.

Voilà tout ce qu'il me semble pouvoir faire pour le moment, Tepepa ... Y ahora, Buenas Noches ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: La disparition des indiens

Messagepar Vin » 31 août 2009 7:49

Hello Limpychris.

Tes chiffres correspondent aux sources biblio. que j'ai dans l'ensemble.

Je crois pour apporter un élément de réponse global à Tepepa quant à sa question de départ qu'il faut bien comprendre en effet que les Indiens, contrairement à beaucoup d'autres civilations peu développées, n'avaient pas des enfants à gogo. Limpychris parle même de contrôle des naissances, ce sont donc les Cheyennes qui inventèrent le "planning familial".
:D

Leur mode de vie en est sans aucun doute la raison principale, c'est une constante que nous retrouvons chez la plupart des peuples nomades et guerriers, avoir dix gosses signifiait se sédentariser.
Bien sûr, on parle là des monogames.

Les polygames, comme les Apaches par exemple, avaient plus d'enfants. Mangas Coloradas est crédité de 15 enfants pour 4 épouses (dont une espagnole). Mais, comme d'autres, les apaches présentent un intérêt énorme en la matière.
On nous les présente un peu rapidement comme des larcineurs nomades, alors qu'historiquement ce sont des cultivateurs plutôt sédentaires.
Les conflits des derniers siècles (et n'oublions pas que les premiers significatifs furent contre les Comanches, qui mirent la pâtée aux Apaches) les conduisirent à ce mode de vie.


Cette remarque sur les Comanches permet d'illustrer le fait que par exemple cette tribu, avec une population comprise entre 10 et 15 000 individus, avait la main mise sur un territoire grand comme la France environ...
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Re: La disparition des indiens

Messagepar tepepa » 31 août 2009 10:18

Merci beaucoup limpyChris pour cette longue et courageuse tentative de répondre exhaustivemment à ma question. :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6:
Il semble en effet bien difficile de répondre catégoriquement tant les chiffres paraissent flous et incertains, en tout cas ça donne une bonne idée de l'ampleur du désastre, les chiffres pour l'Amérique centrale et le Mexique par exemple donne le tournis. Pour les Etats Unis, peut on simplifier en disant que grosso modo jusqu'au XIXe siècle, les maladies ont fait le plus gros des dégâts, et que les blancs ont délibérément "terminé le travail" à coup de déportations, famines forcées (les bisons), guerres indiennes, "guerre bactériologique" etc. ? Dans quelles proportions, il est sans doute impossible de répondre ... (?)
Et merci également de rappeler que cela n'est pas fini et qu'il existe encore en Amazonie des tribus qui vont inéluctablement disparaître... :(

Et qu'en est il aujourd'hui, les indiens d'Amérique du Nord ont-ils retrouvé un niveau de population comparable au niveau d'origine? La situation est-elle réglée ou toujours explosive? On connait en général le problème d'alcool et de chômage des réserves, mais où en sont-ils de la reconnaissance de leurs droits, quelles sont leurs perspectives d'avenir, bref, les indiens sont ils tirés d'affaire ?

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Re: La disparition des indiens

Messagepar Vin » 31 août 2009 10:41

Pas le temps de rédiger sur ta question, mais à partir du web,et en triant, voici une vision de leur situation actuelle, et de leurs engagements à travers Means, très revendicatif.

Il reste aujourd'hui environ 2 millions d'Indiens en Amérique du Nord. Approximativement 200 tribus ont été exterminées par les colons et les armées et sont définitivement éteintes. 557 tribus sont aujourd'hui fédéralement reconnues, 220 d'entre elles vivent au Canada (où elles se sont réfugiées durant les guerres), 30 sont reconnues par l'Etat dans lequel elles vivent mais pas par le gouvernement américain.



Une réserve indienne est une parcelle de terrain qui est gardée par le gouvernement et mis à la disposition d'une tribu sous forme de trust. C'est-à-dire que le terrain appartient aux tribus et au gouvernement qui leur paye des royalties. Le secrétaire de l'Intérieur est chargé de la gestion de ces trusts. Le Bureau des Affaires Indiennes (BIA) est responsable de l'aménagement et de l'administration des terres du trust.
300 réserves sont fédéralement reconnues, totalisant 55 millions d'âcres, soit 20 millions de km². 44 millions d'âcres sont des terres tribales sous trust. 11 millions d'âcres appartiennent à des individus.
De ces 55 millions d'âcres, 11 millions sont à des non-Indiens, soit 20%. Près de 46% des réserves sont occupées par la population blanche, non-indienne. La taille d'une réserve s'étend de 1 âcre (400 m²) à 17 millions d'âcres (réserve navajo).


Le gouvernement a repoussé les Indiens sur ces réserves, terres ingrates et peu riches en apparence. Il est apparu ces dernières années que ces pauvres réserves ont en fait un sous-sol très riche. Gardons en mémoire que les Indiens ont le droit d'occuper leurs terres tant que le gouvernement ne les réquisitionne par arbitrairement (pour raison politique ou économique).


_ 46% n'ont pas l'électricité.
_ 54% n'ont pas la plomberie.
_ 82% vivent sans le téléphone.
_ 52% des Indiens arrêtent leurs études après le collège.
_ 17% vont au lycée.
_ 4% sont diplômés (équivalent du bac).
_ 2% vont à l'université.

De plus,
_ 75% des Indiens qui travaillent le font en qualité d'ouvriers
_ 45% sont en-dessous du seuil de pauvreté.
Le taux de chômage sur certaines réserves est de 90%.


Coté santé,
* La tuberculose est 7, 4 fois plus élevée que chez les Américains blancs.
* Le diabète est 6, 8 fois plus élevée que chez les Américains blancs.
* Le taux de mortalité dû à l'alcool est 6 fois plus élevée que chez les Américains blancs.
* Le syndrome alcool fœtal est de 33% plus élevée que la moyenne.
* 1 adolescent sur 6 fait une tentative de suicide.

L'American Indian Movement (AIM) est un groupe indien américain de droits civils des États-Unis qui apparut sur la scène nationale avec l'occupation non-violente de l'île d'Alcatraz de 1969 à 1971, soutenue par le Black Panther Party1. Ils exigent, en outre, la création d'un centre culturel et universitaire à Alcatraz, où ils pourraient recevoir dans leur langue une éducation conforme à leur culture, à leurs pratiques cérémonielles, à leurs croyances et où ils apprendraient à vivre en accord avec leur propre philosophie de la nature. Il fallut un an et demi avant que la police ne réussisse à déloger les Indiens de l'île ; au cours de cette période, ceux-ci avaient attiré l'attention de millions d'Américains et d'étrangers sur leurs difficultés2. Le mouvement occupa ensuite le quartier général du BIA (Bureau of Indian Affairs) à Washington D.C., en 1972 et 1973 avec l'occupation de Wounded Knee (Dakota du Sud) dans la réserve indienne de Pine Ridge, lieu symbolique de la défaite de Big Foot et du massacre de 300 Indiens Sioux. L'AIM fut cofondée par Dennis Banks, Herb Powless, Clyde Bellecourt, Eddie Benton Banai, et de nombreux autres militants en 1968. Russell Means en est aussi membre, et le chanteur John Trudell en fut le dirigeant de 1973 à 1981. Leonard Peltier, condamné à perpétuité lors d'un procès controversé, est aussi membre du mouvement.
Durant les décennies qui suivirent sa formation, l'AIM manifesta pour la défense des intérêts amérindiens (Native Americans), inspira un renouveau culturel, contrôla les activités de la police et coordonna des programmes d'emploi dans des villes et au sein de communautés rurales à l'intérieur des réserves, et ce, à travers l'ensemble du territoire américain.
L'AIM apporta aussi son soutien à d'autres causes indigénistes en dehors du territoire des États-Unis.
Les engagements de Russell Means
Russell Means, Sioux Oglala, est né dans la réserve de Pine Ridge en 1939.1 Ses deux parents ont été éduqués à la Carlisle Indian Industrial School. En 1942, la famille de Means déménage dans la région de la baie de San Francisco. Means entre à la San Leandro High School, et reçoit son diplôme en 1958.2
Avec l'AIM
En 1968, Means rejoint l'American Indian Movement et devient rapidement un de ses principaux leaders. En 1969, il se joint à un groupe de natifs pour occuper l'ile d'Alcatraz pour une durée de 19 mois3. Il est nommé comme premier dirigeant du groupe en 1970. Plus tard cette année là, Means est l'un des leaders de l'occupation par l'AIM du Mont Rushmore. En 1972, il participe à l'occupation par l'AIM du Bureau des Affaires Indiennes à Washington, D.C., et en 1973 il conduit l'occupation de Wounded Knee, qui devient la plus célèbre action du groupe.
En 1974 Means est candidat pour la première fois à la présidence de sa tribu Oglala Sioux, contre Dick Wilson. Bien que le résultat officiel donne Wilson vainqueur avec deux cents voix supplémentaires, Means l'accuse de fraude massive et d'intimidation. Une enquête effectuée par un tribunal fédéral donne raison à Means et ordonne un nouveau scrutin. Toutefois le gouvernement de Wilson refuse d'exécuter cette décision et la cour renonce à faire appliquer le verdict. En 1977 Means créée les bureaux du Conseil des traités internationaux indiens aux Nations Unies et contribue à créer d'importantes institutions alternatives dans la réserve de Pine Ridge, comme la station de radio KILI et le centre médical Porcupine.
Dans les années 80, l'AIM se divise en plusieurs factions concurrentes. Cette division se produit après le soutien apporté par Means au groupe indien miskito MISURASATA (appelé plus tard YATAMA) au Nicaragua. Means voyage sur la côte Atlantique du Nicaragua en 1985 et 1986 dans un but d'information. À cette époque le Grand Conseil (Grand Governing Council) de l'AIM lui demande de cesser de se présenter comme un dirigeant de l'AIM, mais d'autres parties du mouvement continuent de la soutenir et de s'aligner sur ses positions.
En 1988, la faction dirigée par les frères Bellecourt déclare que Means a publiquement démissionné de l'AIM au moins six fois, la première en 1974.4 En 2004 le site internet de Means affirme qu'à cette époque il est membre du département Colorado de l'AIM,5 qui est associée avec la faction rivale. Means fait équipe avec l'activiste controversé Ward Churchill, qui a intronisé Means en 1987 lors de la campagne très animée pour la direction du parti libertarien contre le Député Ron Paul.6 Il est battu par Ron Paul qui retourne ensuite au parti républicain.
Les autres engagements politiques
Depuis la fin des années 70, Means a souvent soutenu les causes politiques libertariennes, ce qui le met en conflit avec plusieurs autres leaders de l'AIM. En 1986 Means voyage au Nicaragua pour exprimer son soutien aux Indiens Miskito qui étaient allés avec les contras financés par les États Unis contre le gouvernement nicaraguayen. En 1987 Means brigue la nomination du Parti libertarien pour la candidature à la présidence des États Unis et obtient un soutien considérable au sein de ce parti (il finit deuxième avec 31,41% des voix),),7 mais est finalement battu par Ron Paul.8
En 2001 Means est candidat indépendant à l'élection du Gouverneur du Nouveau Mexique, mais il est écarté du scrutin à cause de problèmes de procédure. À la place, il est de nouveau candidat à la présidence des Sioux Oglagla avec l'aide de Twila Lebeaux. Élection perdue de peu contre John Yellow Bird Steele. Means se bat contre l'emploi du terme de "Natif américain" auquel il préfère celui d'"Indien américain". Il soutient que l'usage du mot Indien dérive non pas d'une confusion avec l'Inde mais de l'expression italienne In Dio, qui signifie "en Dieu".".
Il affirme également que puisque que les traités et les autres documents légaux emploient le terme d'"Indien" et non celui de "Natif américain", l'utilisation du terme d'Indien peut aider le peuple indien à combler les lacunes juridiques pour regagner leur terre.
Après la Déclaration (non contraignante) de l'ONU sur les Droits des peuples indigènes, en septembre 2007, un groupe d'activistes indiens américains présente une lettre au département des États-Unis indiquant leur retrait de tous les traités passés avec le gouvernement des États-Unis, et engage un processus d'entrée en contact avec des gouvernements étrangers pour solliciter leur soutien. Le 20 décembre 2007 Means annonce avec un petit groupe de Sioux Lakota le retrait de tous les traités passés avec le gouvernement des États-Unis..10 Means et une délégation d'activistes déclare l'indépendance de la République Lakota, avec une souveraineté qui s'étend sur des milliers de kilomètres carrés au Dakota du Sud, Dakota du Nord, Nebraska, Wyoming et Montana.11 Le site internet de la République Lakota affirme que leur groupe est soutenu par ce qu'ils nomment les "conseils traditionnels des traités" de huit communautés. Toutefois ils admettent que leur délégation n'agit pas au nom des gouvernements tribaux élus, ou comme il les appelle, au nom des "Indiens IRA", ou des autres peuples Lakota refusant d'être libres. Means affirme également que son groupe ne "représente par les collaborateurs, les Indiens vychistes et ces gouvernements tribaux mis en place par le gouvernement des États-Unis d'Amérique", comparant les chefs tribaux au gouvernement français qui collabora avec les nazis pendant l'Occupation.12
Le 8 janvier 2008, deux chefs de tribu Lakota émettent une déclaration écrite contre tout projet de rejet des traités passés avec les États-Unis, partant du principe que l'enjeu était le renforcement des traités existants.

Voilà jeune homme...
:wink:
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Re: La disparition des indiens

Messagepar Personne » 31 août 2009 12:43

Un film intéréssant sur la situation des indiens d'amérique aujourd'hui. Je vous conseille Frozen River. On y voit la détresse du peuple Mohawk, certains obligés de se livrer au trafic de clandestins pour survivre. La misère de la réserve, les parties miteuses de loto organisés dans cette dernière, la police tribale seule à même de procéder à une arrestation sur son territoire...

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Re: La disparition des indiens

Messagepar Jicarilla » 31 août 2009 13:17

Personne a écrit :Un film intéréssant sur la situation des indiens d'amérique aujourd'hui. Je vous conseille Frozen River. On y voit la détresse du peuple Mohawk, certains obligés de se livrer au trafic de clandestins pour survivre. La misère de la réserve, les parties miteuses de loto organisés dans cette dernière, la police tribale seule à même de procéder à une arrestation sur son territoire...


:applaudis_6: :applaudis_6: A voir et a revoir bonne idée d'en parler Personne pas seulement des Mohawks mais aussi d'une certaines populations blanches pas mieux lotis. :oops: :oops:
PARTI VERS D'AUTRES ESPACES Image

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Re: La disparition des indiens

Messagepar Vin » 31 août 2009 13:40

Exact, je l'ai également; il faut "rentrer" dedans au début, c'est clair, mais sinon très bon film.
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Re: La disparition des indiens

Messagepar limpyChris » 31 août 2009 22:00

Hi-Ho, hi-ho, on revient du boulot ... et Vin s'est chargé de celui du forum. Il me semble qu'il n'a rien laissé de côté ! :sm43: (je pense avoir laissé transparaître dans un autre post ce que je pense de ce qu'est devenu R. Means)
Et MERCI à Personne d'avoir signalé "Frozen River" !! Je suis passé à côté de celui-là, ne le connais pas ...
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Re: La disparition des indiens

Messagepar sylvsteph » 31 août 2009 22:25

Personne a écrit :Un film intéréssant sur la situation des indiens d'amérique aujourd'hui. Je vous conseille Frozen River. On y voit la détresse du peuple Mohawk, certains obligés de se livrer au trafic de clandestins pour survivre. La misère de la réserve, les parties miteuses de loto organisés dans cette dernière, la police tribale seule à même de procéder à une arrestation sur son territoire...

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Je l'ai vu au ciné: excellent, en effet.

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Re: La disparition des indiens

Messagepar Vin » 04 sept. 2009 7:44

Tepepa, une video sur les Lakotas actuellement.
Espérance de vie(et non pas moyenne)chez les hommes à aujour'hui : 44 ans, c'est à dire très légèrement supérieure à celle de la France des XIIIe et XIVe siècles.


[youtube]<object width="425" height="344"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/rc574vBg3Qo&hl=fr&fs=1&"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/rc574vBg3Qo&hl=fr&fs=1&" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"></embed></object>[/youtube]
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tepepa
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Re: La disparition des indiens

Messagepar tepepa » 04 sept. 2009 15:05

Hé béh c'est édifiant, on nous repasse toujours l'exemple des indiens millionaires qui ont installé des casinos ainsi que ceux qui ont mis le truc suspendu au dessus du Grand Canyon, mais je ne pensais pas que la réalité des réserves étaient à ce point.

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Re: La disparition des indiens

Messagepar bretoon » 15 déc. 2009 22:36

Si vous vous intéressez à la situation des Indiens d'Amériques, je vous invite à rejoindre le CSIA NITASSINAN, 23 ter rue Voltaire, Paris, association pour la défense des Droits des Indiens d'Amérique.

http://www.csia-nitassinan.org/

Je suis membre depuis peu et ai assisté à deux superbes réunions.

La première rassemblait des représentants de quatre tribus (Mapuche du Chili, Waiu de Colombie-Venezuela,Maya du Guatemala et une indienne du Canada - de je ne me souviens plus de quelle tribu-), qui sont venus dénoncer les horreurs infligées à leurs peuples actuellement avec le pillage de leurs ressources et toutes les conséquences que cela implique pour eux: famines, pollutions,déplacements, arrestations et surtout meurtres.
Suivi d'un superbe documentaire sur Kelee Radio, radio locale de la Réserve de Pine Ridge.

La seconde était la présentation d'un film réalisé par Sheldon Wolfchild (figurant sur Danse avec les Loups, Les Amants du Nouveau monde, etc).
Etait également présent George Aguilar (Bagdad Café, Into the West -dans le role de Big Foot, épisode 6-, Dreamkepper, et compagnon de Josiane Balasko au passage).
Sheldon nous a présenté en avant première, un film sur les origines de sa nation les Medwakentons qu'il souhaite montrer aux jeunes générations de sa tribu. Toujours dans son travail de recherches sur le mode de vie de ses ancêtres et de leurs contacts avec les européens, il était également en visite à Paris dans le but de récupérer des peaux de bisons peintes et ramenées par les Français au XVIIIème siècle et qui sont conservées dans une cave du Musée D'Orsay.

A l'heure actuelle, je ne sais pas s'il a réussi à les négocier et les obtenir, je dois incessamment sous peu lui envoyer un e-mail.


Il ne faut pas oublier que l'association se bat également pour la libération de Leonard Peltier, activiste indien emprisonné depuis 12367 jours au moment où je vous écris, pour un crime qu'il n'a pas commis.
Ton nom c'est quoi pied tendre ?
Mac .. Eastwood , Clinnnt Eastwooood !

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Vin
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Re: La disparition des indiens

Messagepar Vin » 16 déc. 2009 5:43

Merci.
Je te contacte par MP rapidement.
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limpyChris
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Re: La disparition des indiens

Messagepar limpyChris » 16 déc. 2009 13:55

Mon Dieu ... rubrique "Souvenirs,souvenirs" ... Il y a une vingtaine d'années, j'avais suivi pendant quelques années Nitassinan-le CSIA sans en être membre mais en achetant leurs revues par tribu (ou Nation), badges, auto-collants, cartes Bodmer et soutien à Leonard Peltier (carte, pétitions), déjà ...M'était rendu deux années à leurs journées de Soutien, dans des sous-sol ... La "cheville ouvrière" en était Marcel Canton, je crois. Mais l'éloignement, le quotidien (déjà) font que j'en avais peu à peu perdu la trace ...
Sur les peaux de bisons peintes, il y aurait à dire ...
Quant à George Aguilar, il a fait, à ma connaissance, ses débuts dans "Ulzana's Raid/Fureur Apache", raison pour laquelle j'avais posté un clin d'oeil sous ce titre, l'invitant à nous donner son avis sur le film et la représentation faite des Apaches -sa tribu/Nation-, s'il passait par ce forum ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

limpyChris
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Re: La disparition des indiens

Messagepar limpyChris » 31 janv. 2010 22:29

Hier soir sur Arte, dans le docu. "1492, Le Clash des Continents" (2009) de Christina Trebbi, le commentaire répondait (?) à la question de Tepepa, en donnant une fourchette d'estimations, allant de 50% au minimum à + de 90% des populations amérindiennes fauchées par les épidémies venues d'Europe.
J'en profite pour signaler, sur cette même chaîne, le même jour de la semaine et au même créneau horaire, la mini-série docu. de Chris Eyre ..., "Terres Indiennes", à partir du 6 Février. Première partie : "Au Temps du Mayflower", Arte, Samedi 6 Février, 20h40.
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.


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