La disparition des indiens

Stéfanie
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Re: La disparition des indiens

Messagepar Stéfanie » 05 oct. 2011 10:41

.Le massacre de Sand Creek

Le 29 novembre 1864 sur la réserve de Sand Creek dans le sud-est du Colorado plus de deux cent Cheyennes, hommes, femmes et enfants furent assassinées, on leur avait pourtant garantit la sécurité à cet endroit.

1851 - Le traité de Fort Laramie en 1851 garantit aux Cheyennes, un large territoire dans l’Ouest du Kansas et l’Est du Colorado.

En 1859, fut découvert de l’or dans les rocheuses du Colorado, commença alors la ruée vers l’or de Pike Peak. La découverte de l’or amena environ 100.000 prospecteurs dans les rocheuses. Les terres Cheyennes furent alors envahies en dépit du traité de Fort Laramie. Les intérets financiers et la pression des hommes d’affaires fut si forte que le gouvernement chassa les Cheyennes de leur territoire, ne leur laissant pour toute terre qu’une petite partie située dans le Sud-Est du Colorado.

Une petite bande d’environ trois cents Cheyennes du sud furent installés dans un endroit connu sous le nom de "réserve de Sand Creek" dans le Sud-Est du Colorado.Ce clan de Cheyenne du Sud était celui du chef Black Kettle.

Black Kettle croyait que les blancs et les indiens pouvaient co-exister. Malgré le nombre de promesses jamais tenues par les blancs, il croyait que sa tribu pouvait vivre en paix avec honneur et coexister avec les hommes blancs.

En 1861, compte tenu de la supériorité militaire des US et pour assurer la paix de son peuple, Black Kettle signa un nouveau traité. Il mit un point d’honneur à ce que ce traité soit respectés par tous les Cheyennes.

Mais les terres attribuées, comme la réserve de Sand Creek, ne pouvaient nourrir sa tribu. Sur cette terre ingrate et stérile baies et faune étaient rares. C’était une terre propice aux maladies épidémiques qui bientôt décimeront les campements Cheyenne.

En 1862, un troupeau de bison fut repéré à plus de 300 km de Sand Creek. Ils avaient faim, ils avaient froid. Les hommes les plus jeunes et les plus vaillants se vêtirent de leur tenue de chasse et quittèrent la réserve. Ils s’attaquèrent d’abord au bétail des éleveurs blancs et aux trains qui traversait leur ancien territoire de chasse. Le raid irrita les blancs, les militaires furent alors envoyés en patrouilles pour enquêter dans la région.

Lors d’une partie de chasse des Cheyennes virent des militaires s’approcher, soudain les soldats ouvrirent le feu sur les eux. Cette bande n’avait pourtant pas participé aux différents raids. Cet incident déclencha un soulèvement non coordonné d’indiens à travers les grandes plaines, des tribus Comanche dans le sud aux Lakota dans le nord. L’armée US concentrant ses forces dans la guerre de sécession, les Indiens tirèrent profit de la situation et firent reculer les blancs qui avaient envahis leurs territoires. La situation serait de courte durée. Black Kettle, connaissait trop bien les militaires blancs et ne participa pas à la guerre que se livraient entre eux les blancs. Il s’entretint avec le commandant militaire local à Fort Weld dans le Colorado et cru à la promesse de sûreté qu’il reçu s’il acceptait de se rendre sur la réserve de Sand Creek.

Le Colonel John Chivington, commandant du troisième régiment de volontaires du Colorado fort d’environ neuf cent hommes, patrouillait dans les plaines. Mais ses hommes étaient découragés, pas d’indiens, pas de batailles, pas de sang. Il savait que Black Kettle était à Sand Creek. Ses hommes avaient besoin d’affrontement il les mena donc à Sand Creek.

Le matin du 29 novembre 1864, le campement Indien était encore endormi. Les soldats s’approchèrent silencieusement. Les premiers aboiements des chiens se firent entendre, Chivington donna alors le signal de l’attaque. Ses ordres étaient simples : "Tuer tous les indiens, pas de survivants, pas de prisonniers".

Les Cheyennes effrayés, paniqués, commencèrent à s’enfuir de tous cotés, Black Kettle lui, pensant qu’il s’agissait d’une simple démonstration de force de l’armée et sûre de la promesse qu’on lui avait faite, tentait de calmer son peuple. Lorsqu’il réalisa enfin qu’il s’agissait bien d’une attaque, Black Kettle riposta avec quelques guerriers pour protéger la fuite des siens, puis il parvint à fuir par la Sand Creek river.

Plus de deux cents Cheyennes pour la plupart des femmes et des enfants furent massacrés. Des femmes implorant la grâce des soldats furent froidement abattues à coup de révolver tandis que les enfants courant entre les tentes furent tirés comme à l’exercice.

Après le massacre, les hommes de Chivington scalpèrent de nombreux cadavres et se livrèrent à de nombreuses et atroces mutilations sexuelles sur les morts.

Témoignage : un soldat ouvrit le ventre d’une mère enceinte et exiba le foetus.

Ce cauchemar dura deux jours.

Chivington et ses hommes furent récompensés, gloire leur fut faite lors de la parade militaire à Denver où ils exhibèrent leurs atroces trophés avec fierté.

Au court de ce massacre, le chef White Antelope trouva la mort.

Voilà ce qui fut la tragique histoire d’un des épisodes des plus sanglants de la conquête de l’ouest par les blancs, malheureusement il ne fut pas le seul mais seulement un massacre
Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.Il enrichit ceux qui le reçoivent, sans appauvrir ceux qui le donnent.

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gilson
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Re: La disparition des indiens

Messagepar gilson » 09 oct. 2011 13:09

Sujet très documenté et très intéressant. Appris pas mal de choses, notamment sur le type d’expéditions punitives conditionnées par le charme rhétorique de l’offensé en mal de vengeance.

Comme le film « Frozen River » n’était pas connu de tous (à ma grande surprise), je me permets de signaler un … vieil album de B DYLAN, paru années 70, intitulé à l’époque « Dylan », en toute simplicité, un de ses meilleurs pour mon goût, dans lequel il reprend des standards (« Lily of the West », « Mr Bojangles », un « Can’t help falling in love » réjouissant , ET, pour ce sujet « the Ballad of Ira Hayes »). La ballade en question, pour ceux qui ne connaîtraient pas, est une excellente illustration de ce qu’est le traitement des Indiens au 20ème siècle, aux USA. Enfin, en tout cas, la chanson parle de l’ingratitude de la société à l’égard des Indiens qui ont risqué leur vie en 39/45. Tiens, une question me vient : leur engagement se faisait-il sur le mode du volontariat ou y avait-il une obligation ? Cet album, je ne l’ai pas vu cité sur le forum. Donc, je profite de ce sujet pour glisser l’info.

J’en profite aussi pour rappeler le bouquin de Jared DIAMOND, à mon sens indispensable (tout comme son « Effondrement », après la lecture duquel, entre autres choses, vous ne verrez plus le Montana avec les mêmes yeux), sur les causes générales de la domination blanche sur le monde depuis la Renaissance, en gros (en français : « De l’inégalité parmi les sociétés », poche Gallimard). Vous y apprendrez peut-être, parmi d'autres choses, comme je l’ai moi-même appris, que la longitude et la latitude, bref les axes Nord/Sud du globe ne sont pas simplement des chiffres ou de plates constatations, mais de vrais facteurs d’explication de ce qui s’est passé sur la planète, dans les affaires des hommes. Cela pour répondre, de façon théorique et générale, à la question initiale de Tepepa.
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"

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Re: La disparition des indiens

Messagepar limpyChris » 09 oct. 2011 13:57

Hello Gigi !

On peut également retrouver "The Ballad of Ira Hayes" (Paroles de Peter La Farge, costumes de Donald Cardwell) sur l'album "Bitter Tears" de Johnny Cash. (L'album entier est consacré aux Indiens, je crois ... toujours la même flemme qui m'empêche de me lever, aller le chercher au bureau et le réécouter ... mais je sais pouvoir compter sur deux-trois membres pour rectifier, affiner si je dis une bêtise ... Et pan sur le bec ! -mais je ne le prendrais pas comme ça : quand on approximative, faut assumer, et en général, la correction n'est pas sentencieuse, ce pourquoi je me permets l'approximation, pour aller au plus vite - une 'tite info, et chacun peut aller fouiner sur le net).
L'engagement des Indiens dans les Guerres Mondiales est un vaste sujet : trop long à développer ici -en tout cas pour moi en ce moment - ... Nous y avions consacré un livret il y a ... 17 ans déjà !! OMG !! Si ça t'intéresse ... MP
Plusieurs livres consacrés à ce sujet aussi ... Près d'une dizaine, dont 4, 5, 6 sur les Code Talkers Navajos ... Sont dans une pile, au fond du bureau, qui est, lui, au fond du couloir ... Si ça intéresse, je ferai un effort ... mais en ce moment, pas trop le temps. (Comme il y en a d'autres qui sont des serviables pas velléitaires, ils le feront peut-être de bonne grâce avant moi , eux :wink: ! ) :sm9:
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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gilson
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Re: La disparition des indiens

Messagepar gilson » 09 oct. 2011 16:31

‘Lut, Limpy,

L’épisode, très important par ses conséquences, de l’utilisation de la langue indienne (Navajeaud, donc ? :) ) dans les transmissions de messages est assez connu, même de moi. C’est un bon exemple, au passage, de l’"utilisation" dont Mussel avait causé.

Ne savais pas que J CASH avait repris (ou chanté pour la 1ère fois ?) la ballade en question. Pas étonnant que les deux se soient retrouvés sur ce coup puisque DYLAN était proche de lui, et, si je me souviens bien, le seul capable de chanter en duo avec CASH ( ??). Il faut dire qu’en matière de souplesse interprétative, DYLAN est un phénomène, était en tout cas, et ses duos une vraie chose originale ( ?? il me semble) par le mépris absolu de l’homogénéité vocale avec le partenaire qu’ils affichent (« The Boxer », « You ain’t goin’ nowhere », « Minstrel Boy », notamment).

Ne te casse pas la tête pour le reste. C’étaient juste des choses qui me venaient en écrivant. Au fait, j’avais oublié de dire, dans mon dernier message, à quel point le chiffres cités sont consternants, honteux. C’est que l’ampleur des choses est connue, même si les chiffres varient selon les sources. J’ai employé le mot : on comprend mieux, rien qu’avec ces statistiques, ce qu’un type célèbre voulait dire ou pouvait vouloir dire quand il parlait de « la honte d’être un homme ».
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"


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