GERONIMO (1829-1909)

DEMERVAL
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GERONIMO (1829-1909)

Messagepar DEMERVAL » 20 avr. 2017 16:49

Apache est un terme collectif pour qualifier plusieurs groupes d’Indiens culturellement apparentés provenant du sud-ouest des Etats-Unis. L’actuelle division des groupes Apaches comprend, les Apaches de l’Ouest,, Chiricahua, Mescalero, Jicarilla et Lipan et les Apaches des plaines Plains Apache (anciennement Kiowa-Apache).
Durant des siècles de conflits qui opposa les Apaches-Mexicains et les Apaches-Américains, le pillage s’était ancré dans la manière de vivre des Apaches, utilisé non seulement comme moyen stratégique mais aussi comme entreprise économique, et souvent il y avait des chevauchements entre les raids perpétrés pour des besoins économiques et ceux perpétrés comme faits de guerre. Les raids variaient du vol de bétail et autres pillages à la capture et /ou le meurtre violent de victimes, quelquefois torturées. En représailles, les Mexicains et les Américains répondaient par des attaques contre les Apaches qui n’étaient pas moins violentes et étaient souvent commises au hasard. Le pillage et les représailles entretenaient les braises d’une virulente guerre de revanche qui se propagea entre les Apaches et les Mexicains et plus tard entre les Apaches et les Américains. De 1850 à 1886, Geronimo ainsi que d’autres leaders Apaches conduisirent des raids et continuèrent cette guerre de représailles mais Geronimo était aussi motivé par un désir de revanche pour le meurtre de sa famille. Plus qu’aucun autre leader Apache, il accumula les raids et durant plus de 30 ans, ses capacités de combattant forgèrent la caractéristique de sa personnalité.
Parmi sa propre tribu Chiricahua, de nombreux Apaches avaient des sentiments contastés sur Géronimo. Respecté pour sa manière de conduire des raids efficients, il n’était, semblerait-il, pas très aimable et il n’était donc pas très populaire parmi les autres Apaches. Néanmoins, le peuple Apache vouait le respect aux "pouvoirs" de Géronimo qu’il leur avait démontrés à de nombreuses occasions. Ces pouvoirs montraient aux autres Apaches que Géronimo avait des dons innés qu’il pouvait utiliser pour le bien ou le mal. Lors de témoignages visuels attestés par d’autres Apaches, Geronimo était capable de prendre conscience des événements comme ils arrivaient, et il était capable d’anticiper les événements futurs. Il montra aussi des pouvoirs pour guérir d’autres Apaches.
Geronimo naquit le 16 juin 1829 au sein d’une bande Bedonkohe, près de Turkey Creek, un affluent de la Gila River, dans l’actuel Nouveau-Mexique. Son grand-père, Mahko, avait été le chef des Apaches Bedonkohes. Il avait trois frères et quatre sœurs.
Ses parents l’élevèrent dans la tradition Apache; après la mort de son père, sa mère l’emmena vivre avec les Chihennes et il grandit parmi eux. A 17 ans, Geronimo épousa une femme appelée Alope, de la tribu Apache des Nedni-Chiricahua; ils eurent trois enfants. Elle fut la première de ses neuf épouses. Le 5 mars 1881, une compagnie de 400 soldats Mexicains venue de Sonora et conduite par le colonel José María Carrasco attaqua le camp de Geronimo en dehors de Janos (Kas-Ki-Yeh en Apache) alors que les hommes étaient en ville pour commercer. Parmi les tués figuraient son épouse, ses enfants et sa mère. La perte de sa famille engendra chez Geronimo, un haine des Mexicains qu’il garda jusqu’à la fin de sa vie; lui et ses partisans devaient attaquer et tuer tous les groupes de Mexicains qu’ils rencontraient. Se rappelant qu’à cette époque sa bande était en paix avec les Mexicains, Geronimo se remémora l’incident comme suit :
« Un soir tard, alors que nous revenions de la ville, on rencontra quelques femmes et enfants qui nous dirent que des troupes mexicaines avaient attaqué le camp, tuant tous les guerriers en faction, capturant tous nos poneys, volant nos armes, détruisant nos réserves et tuant nombre de femmes et enfants.On se sépara rapidement, en se dissimulant du mieux que l’on put jusqu’à la tombée de la nuit, puis en se réunissant au lieu de rendez-vous fixé— un fourré près de la rivière. Silencieusement on pénétra un par un dans le camp, en plaçant des sentinelles et quand tout le monde fut là, j’ai trouvé que ma vieille mère, ma jeune épouse et mes trois petits enfants figuraient parmi les morts. »
Le chef de Geronimo, Mangas Coloradas, l’envoya dans la bande de Cochise pour l’aider à prendre sa revanche sur les Mexicains. Ce fut durant cette période que le nom Geronimo devint célèbre. Cette appellation prend son origine dans une bataille durant laquelle, ignorant une pluie de balles mortelles, il attaqua sans relâche les soldats Mexicains muni d’un couteau. L’origine du nom est une source de controverses pour les historiens, certains affirmant qu’il fut surnommé ainsi par les soldats qui appelaient à l’aide Saint Jerome ("Jeronimo!"). D’autres sources affirment que c’est la mauvaise prononciation de son nom par les soldats mexicains.
Geronimo fut élevé dans les croyances religieuses de la tribu Bedonkohe. Quand on le questionna sur ses croyances après la mort, il écrivit dans son autobiographie de 1905 :
« Comme sur le futur état, les enseignements de notre tribu ne sont pas spécifiques, c’est à dire que nous n’avons pas d’idées prédéfinies de nos relations et de l’environnement après la mort. Nous croyons qu’il y a une vie après celle-ci, mais personne ne m’a jamais dit quelle part de l’homme continuait de vivre après la mort... Nous pensons que, le fait d’être déchargé de ses tâches, rend la vie future plus plaisante mais est ce que cette vie future est meilleure ou pire que celle-ci, nous ne le savons pas et personne ne fut jamais en mesure de nous le dire. Nous espérons que dans la vie future, la famille et les relations tribales pourront continuer. En un sens nous croyons cela mais nous ne savons pas. »
Vers la fin de sa vie, Geronimo embrassa le Christianisme et affirma :
« Depuis le début de ma vie comme prisonnier, j’ai entendu les enseignements de la religion de l’homme blanc et dans beaucoup de domaines, je crois qu’elle est meilleure que la religion de mes aieux... Croyant que dans la voie de la sagesse, c’est bon d’aller à l’église et que de m’associer avec les Chrétiens améliorera mon caractère, j’ai adopté le religion Chrétienne. Je pense que l’Eglise m’a beaucoup aidé depuis le peu de temps dont j’en suis membre. Je ne suis pas honteux d’être Chrétien, et je suis heureux de savoir que le Président des Etats-Unis est un Chrétien, car sans l’aide du Tout Puissant je ne pense pas qu’il puisse juger en son âme et conscience autant de personnes. J’ai conseillé tous les membres de mon peuple qui ne sont pas chrétiens à étudier cette religion, parce qu’il me semble que c’est la meilleure religion pour élever les gens dans le droit chemin. »
Il rejoignit l’Eglise Réformée Hollandaise en 1903, mais quatre ans plus tard, il fut expulsé pour jeu. Vers la fin de sa vie, il sembla arborer des sentiments religieux ambivalents, disant aux missionnaires chrétiens lors d’un camp d’été en 1908 qu’il voulait recommencer tout en disant en même temps aux gens de sa tribu qu’il était toujours adepte de la vieille religion Apache.
Le premier raid Apache sur Sonora et Chihuahua eut lieu vers la fin du 17ème siècle. Pour contrer les premiers raids Apaches sur les colonisations espagnoles, des fortifications furent érigées à Janos (1685) dans l’état du Chihuahua et à Fronteras (1690) dans le nord-est de l’état actuel de Chihuahua (alors le Comté d’ Opata). En 1835, le Mexique avait offert une prime pour tout scalp d’Apaches. Deux ans plus tard, Mangas Coloradas devint le principal chef de guerre et il commença, en représailles, à organiser une série de raids contre les Mexicains. Des raids Apaches sur les villages mexicains furent si nombreux et brutaux qu’aucun endroit n’était plus sûr. Rien qu’entre 1820 et 1835, quelques 5000 Mexicains trouvèrent la mort dans des raids Apaches, et 100 colonies furent détruites. Plus tard, comme leader, Geronimo fut célèbre pour ses raids et la guerre qu’il conduisit contre les provinces mexicaines et les sites américains du Sud-Ouest.
Tôt dans sa vie, Geronimo s’investit dans le cycle continuel et implacable de la guerre de représailles entre Apaches et Mexicains. Le 5 mars 1851, quand Geronimo avait une vingtaine d’années, une force de la milice mexicaine originaire de Sonora sous les ordres du Colonel Jose Maria Carrasco attaqua par surprise un camp Apache en dehors de Janos, Chihuahua, massacrant les habitants dont toute la famille de Géronimo. Le Colonel Carrasco affirma qu’il avait suivi les Apaches à Janos, Chihuahua après que ces derniers aient conduit un raid sur Sonora, pris le bétail et autres marchandises et gravement défait la milice Mexicaine. Geronimo était absent au moment de l’attaque du camp Apache, mais quand il revint, il trouva sa mère, son épouse et ses trois enfants parmi les morts. En représailles, Geronimo s’aventura dans une série d’attaques revanchardes contre les Mexicains. Cet événement laissa Geronimo avec une haine personnelle et amère des Mexicains et il les tua souvent aveuglément et avec une véhémence spéciale. Durant toute sa vie d’adulte, son antipathie, sa suspicion et sa haine des Mexicains furent manifestement plus grandes que pour les Américains.
Attaques et contre-attaques étaient communes. En décembre 1860, 30 mineurs lancèrent une attaque surprise sur un campement d’Apaches Bedonkohes sur la rive ouest de la Mimbres River, Nouveau Mexique. Selon l’historien Edwin R. Sweeney, les mineurs "...tuèrent quatre Indiens, en blessèrent d’autres et capturèrent 13 femmes et enfants." Des représailles de la part des Apaches suivirent de nouveau, avec des raids menés contre les citoyens américains et leurs propriétés.
Selon National Geographic, "le gouverneur de Sonora affirma en 1886 que dans les cinq derniers mois de la carrière sauvage de Geronimo, sa bande de 16 guerriers avaient massacré 500 à 600 Mexicains.
« J’ai tué beaucoup de Mexicains; Je ne sais pas combien, parce que régulièrement je ne les comptais pas. Quelques-uns d’entre eux ne valaient pas la peine d’être comptés. C’était il y a bien longtemps, mais je n’aime toujours pas les Mexicains. Pour moi ils étaient tous des traîtres et des vicieux.»
En 1873 les Mexicains attaquèrent une nouvelle fois les Apaches. Après des mois de combat dans les montagnes, les Apaches et les Mexicains décidèrent de faire la paix à Casas Grandes, Chihuahua, Mexique. Après que les termes de l’accord furent acceptés, les troupes mexicaines donnèrent du mescal à boire aux Apaches et, une fois ceux-ci saouls, ils les attaquèrent et tuèrent 20 Apaches et en capturèrent d’autres. Les Apaches furent de nouveau obligés de se retirer dans les montagnes.
Bien qu’en sous-nombre, Geronimo combattit à la fois les Mexicains et les Américains et devint célèbre pour ses exploits audacieux et pour les nombreuses fois qu’il échappa à la capture entre 1858 et 1886. Une de ses fois, comme le dit la légende, prit place dans les montagnes de Robledo au sud-ouest du Nouveau Mexique. La légende affirme que Geronimo et ses partisans avaient trouvé refuge dans une caverne, dont les soldats américains surveillaient l’entrée mais Géronimo ne sortit jamais. Plus tard, on entendit dire que Géronimo avait été vu, à proximité, à l’extérieur de la grotte. La seconde entrée par laquelle il s’échappa n’a toujours pas été trouvée et la caverne est toujours appelée Grotte de Geronimo, bien qu’aucune référence de cet événement ne fut jamais trouvé dans les archives historiques ou rapports oraux. De plus, il existe beaucoup d’autres histoires de ce type avec d’autres cavernes référencées qui affirment que Geronimo ou d’autres Apaches y ont pénétré pour échapper aux troupes, mais ne furent pas vus en ressortir. Ces histoires sont vraisemblablement apocryphes.
« Après environ une année, des troubles survinrent entre soldats et les Indiens et j’ai pris le sentier de la guerre comme combattant et non comme chef. Je ne m’étais pas trompé mais quelques-uns des membres de ma tribu en étaient et je combattis alors avec ma tribu; la faute en revenait exclusivement aux soldats et non aux Indiens. »
A la fin de sa carrière militaire, Geronimo conduisait une petite bande de 38 hommes, femmes et enfants. Ils échappèrent pendant un an à des milliers d’hommes de troupe Mexicains et Américains, ce qui en fit le plus célèbre Indien de l’époque et ce qui lui valut le surnom du "pire Indien qui ait jamais vécu" parmi les colons blancs. Selon James L. Haley, "Environ deux semaines après son échappée, il y eut des rapports stipulant qu’une famille avait été massacrée près de Silver City; une fille fut emmenée vivante et pendue avec un croc de boucher qui lui passa par la base du crâne comme un quartier de viande." Sa bande fut l’une des dernières forces majeures constituée d’Indiens indépendants qui refusa l’occupation de l’Ouest Améeicain par les Etats-Unis.
Le conflit entre les Apaches et les Etats-Unis était lui-même un surgeon de la bien plus vielle guerre qui opposa les Apaches aux Mexicains depuis l’installation des colons espagnols dans les années 1600.
Le 17 mai 1885, un certain nombre d’Indiens dont Nana, Mangus (fils de Mangus Coloradas), Chihuahua, Naiche, Geronimo, et leurs partisans s’enfuirent de la réserve de San Carlos en Arizona après une démonstration de force de l’officier commandant, à savoir Britton Davis. Le peuple, qui avait vécu en semi-nomade depuis des générations, détestait le système restrictif de la réserve. Le général commandant le Département de l’Arizona, George Crook déploya deux colonnes de troupes au Mexique, la première commandée par le capitaine Emmet Crawford et la seconde par le capitaine Wirt Davis. Chacune d’entre elles étaient composée de troupes de cavalerie (habituellement environ 40 hommes) et d’environ 100 éclaireurs Apaches. Ils poursuivirent les Apaches durant tout l’été et traversèrent l’état mexicain de Chihuahua pour revenir sur la frontière des Etats-Unis. Les Apaches menèrent continuellement des raids contre les colons, tuant au passage d’autre Américains et des civils et volant leurs chevaux.
Alors que les Apaches étaient à l’abri de la violence de la guerre dans la Réserve, l’invalidité et la mortalité due aux maladies comme la malaria furent bien plus fréquentes. De l’autre côté, les rations étaient fournies par le gouvernement, bien que temps à autre la corruption des agents Indiens qui conduisait à un rationnement des vivres, rendait l’approvisionnement périlleusement rare. Se rebellant contre les conditions de vie dans les réserves, d’autre chefs Apaches avaient mené leurs bandes dans le chemin de la rupture. A trois occasions séparées— Août 1878; septembre 1881; mai 1885—Geronimo amena sa bande de partisans à quitter la Réserve pour retourner dans leur système de vie nomade associée avec des raids et des actes de guerre. A chaque fois, Geronimo et sa bande s’enfuyaient à travers l’Arizona et le Nouveau Mexique pour rejoindre le Mexique, tuant et pillant au fil du chemin et établissant une nouvelle base dans les lontaines et désertiques montagnes de la Sierra Madre Occidental. Au Mexique, ils étaient à l’abri du rayon d’action des troupes américaines. Les Apaches connaissaient parfaitement le rugueux terrain des Sierras, qui les aidait à échapper aux poursuites et les protéger des attaques. Les montagnes de la Sierra Madre s’étendent le long de la frontière entre les Etats Mexicains de Sonora et Chihuahua, ce qui permettait aux Apaches d’accéder aux petits villages, aux haciendas, aux caravanes, aux camps de travailleurs et aux voyageurs des deux états pour les attaquer et les piller. Du Mexique, les bandes Apaches lançaient aussi des attaques surprises aux Etats-Unis, recherchant souvent à renouveler son stock d’armes et de munitions. Lors des raids perpétrés aux Etats-Unis, les Apaches se déplaçaient rapidement et attaquaient des ranches isolés, des caravanes, des prospecteurs et des voyageurs. Durant ces raids, des Apaches tuaient souvent toutes les personnes qu’ils rencontraient afin d’empêcher leur détection et leur poursuite aussi longtemps qu’ils le pouvaient avant de repasser la frontière mexicaine.
Leurs évasions de la réserve et la reprise des raids et faits de guerre Apaches amenèrent l’armée et la milice mexicaines ainsi que les troupes américaines à poursuivre et éliminer physiquement les bandes de renégats Apaches sorties des Réserves, dont bien sûr celle de Geronimo, à condition qu’ils la trouvent. Comme l’armée mexicaine et les unités des milices de Sonora et Chihuahua furent incapables de supprimer quelques bandes de Chiricahuas basées dans les montagnes de la Sierra Madre, le Mexique autorisa, en 1883, Les Etats-Unis à envoyer des troupes au Mexique pour continuer à poursuivre la bande de Géronimo et les autres bandes d’Apaches. L’armée des Etats-Unis opérant sous les ordres du général George Crook utilisa avec succès les services d’unités combattantes d’éclaireurs recrutés parmi le peuple Apache et conduits par des officiers Américains. Ces unités Apaches prouvèrent leur efficacité en trouvant les bastions des bandes Apaches qu’ils tuèrent ou capturèrent. Ce fut particulièrement déstabilisant pour la bande de Géronimo de réaliser que des hommes de leur propre peuple avaient contribué à les débusquer. Avec le temps cette double poursuite menée par les forces Mexicaines et Américaines découragea Géronimo et les autres chefs Apaches et causa une régulière et irremplaçable usure des membres de leurs bandes, qui, à force, annihila leur volonté de résister et accéléra leur ultime capitulation.
Crook était sous la pression du gouvernement de Washington. Il envoya une seconde expédition au Mexique et le 9 janvier 1886, Crawford localisa Geronimo et sa bande. Ses éclaireurs Indiens attaquèrent le matin suivant et capturèrent les chevaux de la bande d’Apaches et l’équipement de leur campement. Les Apaches furent démoralisés et acceptèrent de négocier en vue d’une reddition. Avant que les négociations n’aboutissent, des troupes mexicaines arrivèrent sur place et confondirent les éclaireurs Apaches avec leur ennemi Apache. Le gouvernement mexicain avait accusé les éclaireurs d’avoir tiré avantage de leur position pour effectuer des vols, des cambriolages et des meurtres. Les troupes mexicaines attaquèrent et tuèrent le capitaine Crawford. Le Lieutenant Maus, l’officier le plus âgé, rencontra Geronimo, qui accepta de voir le général Crook. Geronimo fixa le lieu de la rencontre au Cañon de los Embudos dans les montagnes de la Sierra Madre, à environ 140 km du Fort Bowie et 30 km au sud de la frontière internationale de Sonora/Chihuahua.
Durant les trois jours de négociations, le photographe C. S. Fly prit 15 clichés des Apaches sur des négatifs en verre de 8 à 10 pouces. Une des photos de Geronimo avec ses deux fils se tenant à ses côtés fut prise à la demande de Géronimo. Les images de C.S. Fly sont les seules photographies existantes de la reddition de Géronimo. Ses photos de Geronimo et des autres Apaches libres, prises le 25 et le 26 mars, sont les seules photos connues prises sur des Indiens qui étaient encore en état de guerre avec les Etats-Unis. Parmi les Indiens figurait un enfant blanc, Jimmy McKinn, également photographié par Fly, qui avait été enlévé de son ranch au Nouveau Mexique, en septembre 1885.
Geronimo, qui campait sur le côté mexicain de la frontière, accepta les termes de sa reddition. Cette nuit, un soldat qui leur vendit du whisky, leur dit que la bande serait assassinée aussitôt qu’elle aurait franchi la frontière. Geronimo, Nachite, et 39 de ses partisans s’enfuirent durant la nuit. Crook échangea une série de télégrammes enflammés avec le Général Philip Sheridan défendant les actes de ses hommes, jusqu’au 1er avril 1886, date à laquelle il envoya un télégramme demandant à Sheridan de le relever de son commandement, ce qui correspondait aussi à la volonté de Sheridan.
Sheridan remplaça Crook par le Général Nelson A. Miles. En 1886, le Général Miles nomma le capitaine Henry Lawton à la tête de la troupe B, le 4ème de cavalerie du Fort Huachuca et comme premier lieutenant Charles B. Gatewood, pour diriger l’expédition qui ramena, pour la dernière fois, Géronimo et ses partisans au système des Réserves. Lawton reçut l’ordre de conduire des actions au sud de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, où l’on pensait que Géronimo et une petite bande de partisans avaient trouvé refuge. Lawton devait poursuivre, maîtriser et ramener Géronimo aux Etats-Unis, mort ou vif.
Le rapport officiel de Lawton daté du 9 septembre 1886 résume les actions de son unité et donne une crédibilité aux efforts de sa troupe. Geronimo crédita Gatewood de sa décision de se rendre car Gatewood était bien connu par Géronimo, parlait un peu l’Apache et était familier avec les traditions et les valeurs de son peuple. Il connaissait la ténacité de Lawton à fatiguer les Apaches par des constantes poursuites. Geronimo et ses partisans n’avaient que peu ou pas de répit pour se reposer à un endroit. Complètement exténuée, la petite bande d’Apaches retourna aux Etats-Unis avec Lawton et se rendit officiellement au Général Miles le 4 septembre 1886 au Skeleton Canyon, Arizona.
Le général Crook me demanda, "Pourquoi as-tu quitté ta Réserve?" J’ai répondu : "Vous m’avez dit que je pourrais vivre dans la Réserve comme le peuple blanc vit. Une année, j’ai planté du maïs et je l’ai récolté et stocké et l’année suivante j’ai fait la même chose avec de l’avoine et quand ma culture était quasiment prête à être récoltée, vous avez dit à vos soldats de me mettre en prison et si je résistais de me tuer. Si l’on m’avait laissé tranquille, j’aurais été dans de bonnes circonstances, mais à la place vous et les Mexicains m’avaient chassé avec des soldats".
Quand Geronimo se rendit, il était en possession d’une Winchester Model 1876 avec un canon en métal argenté, portant le numéro de série 109450. Celui-ci est exposé à l’Académie Militaire des Etats-Unis à West Point, New York. De plus, il avait un révolver Colt Single Action Army avec une finition au nickel et des crosses en ivoire portant le numéro 89524 et un couteau Bowie de Sheffield avec une large lame et une poignée façonnée par George Wostenholm dans un étui plaqué argent et une ceinture de munitions. Le révolver et le couteau sont exposés au Musée de Fort Sill.
« Les Indiens essayèrent toujours de vivre paisiblement avec les soldats blancs et les colons. Un jour que les les soldats étaient cantonnés à Apache Pass, j’ai signé un traité avec le fort. Celui-ci fut conclu en se serrant les mains et en émettant la promesse d’être frères. Cochise et Mangus-Colorado en firent de même. Je ne connais pas le nom de l’officer commandant, mais c’était le premier régiment qui vint à Apache Pass. Ce traité dura pour un an avant avant que nous soyions attaqués dans nos campements, comme relaté ci-dessus. Quelques jours après l’attaque d’Apache Pass, nous nous organisions dans les montagnes et recommencèrent à combattre les soldats. »
La question reste de savoir si Géronimo se rendit sans conditions. Il plaida dans ses mémoires que son peuple qui se rendit, avait été trompé et que sa reddition comme prisonnier de guerre devant des témoins incontestables (particulièrement le général Stanley) était conditionnelle. Le général Oliver O. Howard, chef de la Division de l’Armée Américaine du Pacifique, dit de son côté que la reddition de Géronimo fut acceptée comme celle d’un dangereux hors-la-loi, sans condition. Le rapport d’Howard fut contesté devant le Sénat des Etats-Unis.
Géronimo et les autres Apaches, dont les éclaireurs qui avaient aidé à sa capture, furent envoyés comme prisonniers au Fort Sam Houston à San Antonio, Texas. L’Armée les garda pendant plus de six semaines avant qu’ils ne soient envoyés à Fort Pickens, à Pensacola, Floride, et sa famille fut envoyée à Fort Marion. Cette rapide action empêcha les autorités civiles de l’Arizona d’intervenir pour l’arrêter et le juger pour la mort de nombre d’Américains qu’il avait tué durant les décennies précédentes. Les Chiricahuas demeurèrent au Fort Pickens en Floride jusque 1888 avant d’être relocalisés dans la caserne du Mont Vernon dans l’Alabama. En 1894 les Chiricahuas, dont Geronimo, furent relocalisés au Fort Sill, Oklahoma, où ils construisirent des villages autour du fort, basés sur des groupes familiaux. Geronimo, comme les autres Apaches, reçut un bout de terrain sur lequel il implanta des activités agricoles.
Sur le trajet en train vers Fort Sill, de nombreux touristes désiraient un "souvenir" de Geronimo, aussi ils payèrent 25 cents pour recevoir un bouton de sa chemise ou un chapeau qu’il avait porté. Avant que le train n’arrive en gare, Geronimo achetait de nouveaux boutons qu’il recousait sur sa chemise et plus de chapeaux à porter.
En 1898 Geronimo fit partie d’une délégation de Chiricahuas de Fort Sill qui se rendit à l’Exposition Internationale du Trans-Mississippi à Omaha, Nebraska. Des rapports journalistiques précédemment édités sur les guerres Apaches avaient impressionnés le public avec les exploits de Geronimo, et à Omaha il devint l’attraction de l’Exposition. Celle-ci éleva Géronimo au statut de célébrité et pour le reste de sa vie, il fut souvent demandé pour être l’attraction principale des foires moyennes ou grandes. Les deux plus grandes furent la Pan American Exposition de Buffalo, New York, en 1901 et la Louisiana Purchase Exposition à Saint Louis, Missouri en 1904. Geronimo s’habilla dans des vêtements traditionnels, posa pour des photographies et vendit ses travaux manuels. Lors de la parade inaugurale du Président Teddy Roosevelt en 1905, Geronimo chevaucha au côté de cinq autres chefs Indiens historiques. Ils crèèrent une sensation et rassemblèrent les foules sur leur passage. Plus tard, lors de la même semaine, Geronimo rencontra le Président et demanda à ce que les Chiricahuas de Fort Sill soient libérés de leur statut de prisonniers de guerre et autorisés à retourner dans leur pays natal en Arizona. Le Président Roosevelt refusa, en se reférant à l’animosité ambiante existant en Arizona quant aux massacres de citoyens, de femmes et d’enfants associés avec les raids de Géronimo durant les longues guerres Apaches.
En 1905, Geronimo accepta de raconter sa vie à S. M. Barrett, surintendant de l’Education à Lawton, Oklahoma. Barrett dut demander la permission au Président Roosevelt pour publier le livre. Geronimovint à chaque rencontre sachant exactement ce qu’il allait dire. Il refusa de répondre aux questions ou de modifier son récit. Barrett ne sembla pas avoir pris quelques libertés avec l’histoire de Géronimo comme traduite par Asa Daklugie. Frederick Turner réédita son autobiographie en occultant quelques notes de bas de page de Barrett et en ajoutant une introduction pour les lecteurs non-Apaches. Turner note que le livre possède le style d’un récit Apache sur leur histoire orale.
« Quand l’on me demanda pour la première fois d’assister à la foire mondiale de St. Louis, je ne voulais pas y aller. Plus tard, quand l’on m’assura que je serai bien traité et protégé, et que le Président des Etats-Unis avait dit que tout serait ok, j’ai accepté ... Chaque dimanche le Président de la Foire m’envoyait chercher pour participer à un wild west show. Je participais au concours de la corde devant la foule. Il y avait beaucoup d’autres tribus Indiennes et des peuples étranges dont je n’avais jamais entendu parler…je suis heureux d’être venu à la foire. J’ai vu beaucoup de choses intéressantes et appris beaucoup au sujet du peuple blanc. Ils sont des gens gentils et paisibles. Durant tout le temps que j’ai passé à la Foire, personne n’essaya jamais de me faire du mal. Si cela avait eu lieu parmi les Mexicains, je suis sûr que j’aurais été souvent obligé de défendre ma peau. »
Geronimo épousa Chee-hash-kish et eut deux enfants, Chappo et Dohn-say. Puis il prit une autre épouse, Nana-tha-thtith, avec qui il eut un autre enfant. Il eut plus tard une épouse appelée Zi-yeh en même temps que deux autres femmes, She-gha et Shtsha-she et plus tard Ih-tedda. La neuvième et dernière épouse de Geronimo fut Azul.
En février 1909, Geronimo fut balancé de son cheval alors qu’il revenait chez lui et il dut rester allongé toute la nuit dans le froid avant qu’un ami ne le trouve extrêmement affaibli. Il décéda d’une pneumonie le 7 février 1909, en tant que prisonnier des Etats-Unis au Fort Sill, Oklahoma. Sur son lit de mort, il confessa à son neveu qu’il avait regretté sa décision de se rendre. Ses derniers mots, rapportés par son neveu, furent apparemment, "Je n’aurais jamais dû me rendre. J’aurais dû combattre jusqu’à ce que je sois le dernier homme vivant." Il fut enterré au Fort Sill, Oklahoma dans le cimetière des prisonniers de guerre Apaches.
Modifié en dernier par DEMERVAL le 20 avr. 2017 19:51, modifié 1 fois.

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Re: GERONIMO (1829-2009)

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 20 avr. 2017 16:57

DEMERVAL: Je pense que vous vouliez mettre "1909" ! Ou alors Geronimo était aussi un Highlander !!
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Re: GERONIMO (1829-1909)

Messagepar DEMERVAL » 20 avr. 2017 19:55

bien sûr Pat mais des fois, après une longue séance de traduction, mon cerveau a des ratés :D :D :D :D mais je sais pertinemment que vous êtes vigilants et que vous n'allez pas manquer de m'alerter s'il y a un problème. Merci :beer1: :beer1:

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patgard
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Re: GERONIMO (1829-1909)

Messagepar patgard » 20 avr. 2017 20:06

En tout cas bravo pour ce joli retour sur l'existence "guerrière" de cet homme qui combattit jusqu'à l'épuisement -
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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: GERONIMO (1829-1909)

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 20 avr. 2017 22:35

DEMERVAL a écrit :bien sûr Pat mais des fois, après une longue séance de traduction, mon cerveau a des ratés :D :D :D :D mais je sais pertinemment que vous êtes vigilants et que vous n'allez pas manquer de m'alerter s'il y a un problème. Merci :beer1: :beer1:


Je ne repasse que de temps en temps mais quand je peux aider... :)
Bravo !
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