John Wesley HARDIN (1853-1895)

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John Wesley HARDIN (1853-1895)

Messagepar DEMERVAL » 16 avr. 2017 19:33

John Wesley Hardin naquit le 26 mai 1853 près de Bonham, Texas, d’un prêcheur méthodiste itinérant, James "Gip" Hardin et de Mary Elizabeth Dixson. Il fut prénommé John Wesley en hommage au fondateur de l’église Méthodiste. Dans son autobiographie, John Wesley Hardin décrivit sa mère comme étant "blonde, très cultivée...la charité étant prédominante dans son caractère." Son père prêcha dans tous les recoins du centre du Texas jusqu’à ce que la famille s’établisse à Sumpter dans le Comté de Trinity, Texas en 1859. Là, Joseph Hardin créa et enseigna dans l’école que John Hardin et ses frères et sœurs fréquentèrent. John Wesley Hardin était le second fils d’une fratrie de dix enfants.
Alors qu’il se trouvait enfermé après avoir été condamné à la prison à vie, Hardin écrivit son autobiographie qui est la source de nombre des histoires qui furent véhiculées sur son compte. Cependant, il était connu pour avoir la propension à largement exagérer ou complètement inventer les aventures qu’il vécut. Dans plusieurs de ses histoires, il affirma avoir été impliqué dans des événements qui ne purent pas être confirmés. Par exemple, Hardin écrivit qu’il connut pour la première fois la violence en 1861 quand il vit un homme appelé Turner Evans poignardé par John Ruff. Evans décéda de ses blessures et Ruff fut emprisonné. Hardin écrivit, "...Lecteurs vous pouvez vous rendre compte de ce que la boisson et la passion peuvent faire. Si vous voulez réussir dans la vie, soyez tempéré et contrôlez vos passions; si vous ne le faites pas, la ruine et la mort en résulteront."
En 1862, à 9 ans, John Wesley Hardin essaya de fuir le domicile familial pour rejoindre l’armée confédérée.
En 1867, alors qu’il fréquentait l’école de son père, Hardin fut nargué par un autre élève, Charles Sloter. Sloter accusa Hardin d’être l’auteur de graffiti apposés sur le mur de l’école qui insultaient une fille de sa classe. Hardin dénia avoir écrit le poème, clamant à son tour que Sloter en était l’auteur. Sloter se jeta sur Hardin avec un couteau à la main mais Hardin le poignarda avec son propre couteau, le laissant quasiment pour mort. Hardin fut presque renvoyé à cause de l’incident.
En novembre 1868, âgé de 15 ans, Hardin défia l’ex esclave de son oncle, le Major "Maje" Holshousen, pour un combat de catch qu’il remporta. Selon Hardin, le jour suivant, Maje lui "tendit une embuscade" en lui tirant dessus alors qu’il passait devant lui. Hardin sortit son révolver et tira cinq balles sur Maje. Hardin écrivit dans son autobiographie qu’il monta à cheval pour aller chercher de l’aide et aider le blessé mais celui-ci décéda trois jours plus tard. Hardin écrivit plus tard que son père pensa qu’il ne recevrait pas un procés objectif dans un état occupé par les troupes de l’Union (où plus d’un tiers des forces de police de l’Etat était constitué d’anciens esclaves), aussi il lui ordonna de se cacher. Hardin affirma que les autorités finirent par découvrir sa cachette, que trois soldats de l’Union furent envoyés pour l’arrêter et qu’il "choisit de se confronter à ses poursuivants" malgré le fait qu’il avait appris par son frère aîné, Joseph, qu’ils approchaient.
« ...Je les ai attaqués, car je ne devais pas avoir de pitié pour des hommes qui en voulaient à ma peau. C’était la guerre à outrance pour moi et je l’ai enclenchée en ouvrant le feu avec un fusil à double canon pour la finir avec un révolver à six coups. C’est ainsi que ce fut à la fin de 1868 que j’ai tué quatre hommes tout en étant moi-même blessé au bras ».
Hardin savait qu’il ne pouvait plus retourner chez lui. En tant que fugitif, il voyagea initialement avec le hors-la-loi Frank Polk dans la région de Pisgah du Comté de Navarro, Texas. Polk avait tué un homme appelé Tom Brady et un détachement de soldats envoyés de Corsicana, Texas se mit à la poursuite du duo. Hardin échappa à la troupe mais Polk fut capturé. Hardin fut aussi brièvement enseignant à l’école de Pisgah et c’est là qu’il affirma avoir fait sauter l’œil d’un homme pour gagner une bouteille de whisky dans le cadre d’un pari. Hardin affirma aussi qu’avec son cousin, "Simp" Dixon, il avait rencontré une troupe de soldats et qu’ils avaient chacun tué un homme. On prétendit que Hardin avait tué un noir dans le Comté de Leon, Texas. Le 5 janvier 1870, Hardin jouait aux cartes avec Benjamin Bradley à Towash, Comté de Hill, Texas. Hardin remportait quasiment toutes les mains ce qui déclencha l’ire de Bradley qui le menaça de "lui couper le foie" s’il gagnait encore. Bradley sortit un couteau et un révolver. Hardin dit qu’il était désarmé et s’excusa mais affirma que plus tard dans la nuit, Bradley se mit à sa recherche et qu’il lui tira dessus sans le toucher; Hardin sortit ses deux révolvers et fit feu et une des balles alla se loger dans la tête de Bradley et une autre dans sa poitrine. Des douzaines de personnes avaient assisté à la scène et à partir de là des rapports fidèles attestent de la manière dont Hardin avait utilisé ses armes. Ses holsters étaient cousus dans sa veste et ainsi la crosse de ses révolvers étaient pointées vers l’intérieur de sa poitrine. Il croisait ses bras pour faire feu. Hardin affirma que c’était la manière la plus rapide de dégainer et qu’il s’exerçait quotidiennement. Un homme appelé "Juge Moore", qui détenait les mises du jeu et un révolver, mais refusa de les rendre sans le consentement de Bradley, disparut un peu plus tard. Hardin admit finalement qu’il avait tué les deux hommes dans le Comté de Hill.
Après avoir tué Bradley, Hardin affirma que lors qu’une troupe de poursuivants d’une quinzaine d’hommes se mit en branle à sa recherche, il en captura deux et leur prit un fusil de chasse, deux révolvers, une carabine et deux derringers. Il ordonna ensuite aux deux hommes de rejoindre les poursuivants chez Jim Page et d’attendre qu’il vienne les rejoindre-"...Je pense qu’ils m’attendent encore aujourd’hui."
Plus tard le même mois, le 20 janvier, à Horn Hill, Comté de Limestone, Texas, Hardin affirma qu’il avait tué un homme dans une fusillade qui suivit une altercation au cirque. Moins d’une semaine après cet incident, près de Kosse, Texas, Hardin accompagnait une fille de saloon quand ils furent accostés par son souteneur qui réclama de l’argent. Hardin jeta de l’argent au sol et abattit l’homme alors qu’il se penchait pour ramasser l’argent.
En janvier 1871, Hardin fut arrêté pour le meurtre de Laban John Hoffman, le marshall de la cité de Waco, Texas. Il dénia cependant avoir commis ce crime. Suite à son arrestation, il fut détenu temporairement dans une cellule da la prison de la ville de Marshall, en attendant son transfert pour Waco pour y être jugé. Alors qu’il était enfermé, il acheta un révolver à un autre prisonnier. Deux policiers de l’Etat du Texas, le capitaine Edward T. Stakes et un officier appelé Jim Smalley, furent assignés à l’escorte de Hardin vers Waco. Selon Hardin, pour effectuer le voyage, ils le lièrent sur un cheval sans selle. Alors qu’ils préparaient un feu de camp le long du chemin, Hardin profita de l’absence de Stakes parti à la recherche de fourrage pour les chevaux, pour s’échapper. Il affirma qu’il avait été laissé seul avec Smalley, qui commença à le narguer et à frapper le prisonnier alors âgé de 17 ans, avec la crosse de son révolver. Hardin dit qu’il feignit de pleurer et se blottit contre le flanc de son cheval. Caché par l’animal, il sortit un révolver, tua Smalley et utilisa son cheval pour s’échapper. Hardin affirma ensuite qu’alors qu’il était en fuite, il fut arrêté par trois hommes, Smith, Jones et Davis, mais arrivés dans le Comté de Bell, Texas, il tua les trois hommes avec leurs propres révolvers après qu’ils se soient imprudemment enivrés et il s’échappa de nouveau.
Après cet incident, Hardin trouva refuge chez ses cousins, les Clements, qui vivaient alors à Gonzales dans le sud du Texas. Ils lui suggérèrent qu’il pourrait gagner de l’argent en conduisant du bétail au Kansas comme cowboy. Pensant qu’il pourrait ainsi sortir assez longtemps du Texas pour s’y faire oublier de ses poursuivants, Hardin travailla avec ses cousins, en convoyant du bétail pour Jake Johnson et Columbus Carol.
Hardin écrivit qu’il fut nommé chef de piste pour convoyer le troupeau. En février 1871, alors que le troupeau était en train d’être rassemblé pour être convoyé au Kansas, un affranchi, Bob King, tenta de séparer un bœuf du troupeau. Quand il refusa d’obéir à l’injonction de Hardin de s’arrêter, ce dernier le frappa sur la tête avec son révolver. Le même mois, Hardin pourrait avoir blessé trois mexicains lors d’une altercation au sujet d’une partie de Three-card Monte, en assommant l’un d’eux avec son révolver, en blessant un autre au bras et le troisième au poumon.
Alors qu’il conduisait le bétail sur la Piste de Chisholm vers Abilene, Kansas, Hardin est censé, à l’été 1871, avoir combattu des vaqueros mexicains et des voleurs de bétail. Vers la fin du convoyage, un troupeau mexicain se rassembla derrière celui de Hardin et des difficultés surgirent pour empêcher les deux troupeaux de se mélanger. Hardin échangea quelques mots avec un homme en charge de l’autre troupeau; les deux hommes se trouvaient à cheval. Le Mexicain tira un coup de feu sur Hardin, faisant un trou dans son chapeau. Hardin eut alors le désagrément de se rendre compte que sa propre arme était enrayée. Il parvint néanmoins à démonter l’arme et à décharger en maintenant le canon avec une main tout en poussant sur la gâchette avec l’autre main. Il frappa le Mexicain à la cuisse. Une trêve fut déclarée et les deux partis s’en allèrent vers leurs propres chemins. Cependant, Hardin emprunta le révolver d’un ami et rechercha le Mexicain, pour finalement le tuer en lui tirant dans la tête. Une fusillade entre les deux camps s’ensuivit. Hardin affirma qu’il y avait eu six vaqueros tués durant l’affrontement (dont cinq d’entre eux par lui-même) bien que cette affirmation soit exagérée —seulement trois vaqueros Mexicains ayant été effectivement tués. Hardin affirma aussi qu’il avait tué deux Indiens lors de combats singuliers lors du même convoyage. Le premier accrochage eut lieu quand un Indien essaya de lui envoyer une flèche sur la South Canadian River. Hardin le tua et enterra le corps pour éviter des représailles de la part de la tribu. Le second incident, à Bluff Creek, Kansas, survint quand des Indiens tentèrent de collecter une "taxe" sur le bétail. Hardin frappa un Indien à la tête qui lui aurait apparemment voler une bride en argent. Il mit ensuite en fuite une troupe de guerriers après en avoir tué un qui avait tué un bœuf.
Après son arrivée à Abilene, Hardin affirma que lui et un compagnon appelé Pain se disputèrent dans un restaurant avec un anti-texan, qui laissa Pain blessé à un bras et l’étranger frappé à la bouche par une balle de Hardin. Hardin s’enfuit d’Abilene par la Cottonwood Trail.
Le 4 juillet 1871, un chef de piste Texan appelé William Cohron, fut tué sur la Cottonwood Trail (à 60 kms au sud d’Abilene) par un Mexicain inconnu, qui ‘’s’enfuit vers le sud" et fut par la suite tué, le 20 juillet, par deux cowboys dans un restaurant du Comté de Sumner, Kansas. Hardin admit avoir été impliqué dans le meurtre du Mexicain.
Un repère de l’Histoire Texane note que durant les années 1870, Hardin se cacha dans les alentours de Pilgrim, Texas.
La taverne du Bull's Head, à Abilene, avait été créée grâce à un partenariat entre l’ex homme de loi Ben Thompson et le joueur Phil Coe. Les deux entrepreneurs avaient dessiné une peinture d’un taureau avec un large pénis en érection sur le fronton de leur établissement. Des citoyens se plaignirent auprès du marshal de la ville, "Wild Bill" Hickok. Quand Thompson et Coe refusèrent sa requête d’effacer la peinture du taureau, Hickok le fit lui-même. Furieux, Thompson essaya d’exciter sa nouvelle relation, Hardin, en lui disant: "C’est un pourri de Yankee. Chasseur de Rebelles, spécialement les Texans, pour les tuer." Hardin, cependant, sous le nom d’emprunt de "Wesley Clemmons" (mais mieux connu de la population sous le sobriquet de "Little Arkansaw"), semblait avoir du respect pour Hickok, et répliqua : "Si Bill doit être tué pourquoi ne pas le tuer toi-même?" Plus tard dans la nuit, Hardin se confronta à Hickok, qui lui dit de lever les bras, ce qu’il fit. Hickok savait que Hardin était recherché et il lui conseilla d’éviter les problèmes à Abilene.
Hardin rencontra de nouveau Hickok alors qu’il convoyait du bétail en août 1871. Cette fois, Hickok lui permit de porter ses armes dans la ville – quelque chose qu’il n’avait autorisé aux autres. Pour sa part, Hardin (toujours sous son nom d’emprunt) fut fasciné par Wild Bill et se délectait d’être en aussi bons termes avec un si célèbre pistolero. Hardin présuma que lorsque son cousin, Mannen Clements, fut emprisonné pour le meurtre de deux vachers, Joe et Dolph Shadden en juillet 1871, Hickok – à la demande de Hardin – arrangea son évasion.
Peu de temps après le 6 août 1871, Hardin, son cousin Gip Clements, et un ami rancher appelé Charles Couger passèrent la nuit à l’American House Hotel après une soirée passée à jouer. Clements et Hardin partageaient une chambre et Couger était dans la chambre adjacente. Les trois hommes avaient lourdement bu. A un moment de la soirée, Hardin fut réveillé par les sourds ronflements émanant de la chambre de Couger. Il cria plusieurs fois pour que Couger la mette en sourdine, puis, irrité par le manque de réponse, tira à plusieurs reprises à travers la paroi de la chambre dans un dernier effort pour le réveiller. Couger avait été atteint à la tête par la seconde balle alors qu’il était étendu sur le lit et fut tué instantanément. Bien que Hardin n’avait pas l’intention de tuer Couger, il avait violé une ordonnance prohibant l’usage d’armes dans la ville. A demi vêtu et encore saoûl, lui et Clements s’échappèrent par une fenêtre du deuxième étage puis en gagnant le toit de l’hôtel. Il vit Hickok arriver avec quatre policiers. "Maintenant, je croyais," écrivit Hardin, "que si Wild Bill me trouvait dans une position sans défense, il n’entendrait aucune explication et me tuerait pour parfaire sa réputation."
Un journal rapporta, "Lundi soir, un homme a été tué dans son lit dans un hôtel d’Abilene, par un desperado appelé 'Arkansas'. Le meurtrier s’est échappé. C’était son sixième meurtre." Hardin glissa du toit vers la rue et se planqua dans une meule de foin pendant le reste de la nuit. Il vola ensuite un cheval et rejoignit le campement des cowboys à une cinquantaine de kms en dehors de la ville. Hardin affirma que Tom Carson, un homme de loi lui avait tendu une embuscade avec deux adjoints. Selon Hardin, il ne les tua pas mais les força à retirer tous leurs vêtements et à marcher jusque Abilene. Carson dénia l’existence de cet incident. Le jour suivant, Hardin chevaucha vers le Texas et ne mit plus jamais les pieds à Abilene.
L’incident lui donna la réputation d’être un homme "si vicieux, qu’il tua un jour quelqu’un parce qu’il ronflait". Des années plus tard, Hardin fit référence à cet épisode : "Ils disent beaucoup de conneries sur mon dos," se plaignit-il. "Ils disent que j’ai tué six ou sept hommes parce qu’ils ronflaient. Eh bien, ce n’est pas vrai. Je n’ai tué qu’un homme pour avoir ronflé." Plus tard, dans son autobiographie contradictoire de 1896, Hardin omit complètement "le ronfleur" de l’histoire, en se trompant d’abord de date (le 7 juillet au lieu du 6 août) et en affirmant que le tir était un cas de légitime défense, l’homme qu’il avait abattu ayant initialement tenté de le frapper avec un poignard.
En octobre 1871, Hardin fut impliqué dans une fusillade avec deux Texas Special Policemen, Green Paramore et John Lackey, durant laquelle Paramore fut tué et Lackey blessé. Par la suite, Hardin affirma qu’il avait été impliqué dans quatre fusillades.
• Une bande de poursuivants noirs d’ Austin, Texas se mit à sa recherche pour le meurtre de Paramore mais ils repartirent "plus tristes et sages" après qu’il leur ait tendu une embuscade et tué trois d’entre eux;
• A 60 kms de Corpus Christi, Texas, après avoir été suivi par deux Mexicains, il en tua un qui était sur son cheval et le second quitta les lieux.
• Le 19 juin 1872, Hardin fut impliqué dans une fusillade à Willis, Texas;
• Le 26 juillet 1872, Hardin blessa au bras le Texas State Policeman Sonny Speights avec un derringer à Hemphill, Texas.
Au début de 1872, Hardin se trouvait au centre sud du Texas, dans la région du Comté de Gonzales. Ce fut à cette époque que Hardin épousa Jane Bowen et commença à chevaucher régulièrement au côté de son frère, le voleur de bétails, Robert Bowen. Alors qu’il était dans les environs, il renoua aussi connaissance avec ses cousins qui étaient alliés à une famille locale, les Taylors (qui se querellaient depuis plusieurs années avec la famille rivale des Sutton).
Le 7 août 1872, Hardin fut blessé par balle lors d’une dispute de jeu au Gates Saloon de Trinity, Texas. Il fut touché par Phil Sublett, qui avait perdu beaucoup d’argent au poker. Deux éclats de balles pénétrèrent dans ses reins et pour la première fois il sembla qu’il allait mourir.
Alors qu’il récupérait de ses blessures, Hardin décida qu’il voulait s’établir. Après s’être rendu au shérif Reagan (frère de John Henninger Reagan) du Comté de Cherokee, Texas, il fut blessé au genou droit par un tir accidentel d’un adjoint nerveux. Hardin se rendit aux autorités sur son lit de malade, en tendant ses armes au shérif Reagan et en lui demandant à être jugé pour ses crimes antérieurs afin de "faire table rase". Cependant, quand Hardin apprit le nombre de meurtres qu’on lui mettait sur le dos, il changea d’avis. Un parent lui fit passer une scie à métaux et il s’échappa ainsi en coupant les barreaux de la fenêtre de la prison. En novembre 1872 Hardin s’échappa de la prison du Comté de Gonzales, Texas, malgré la garde de six hommes : une récompense de 100 dollars fut octroyée pour son éventuelle arrestation.
Le 15 mai 1873, Jim Cox et Jake Christman furent tués par la famille Taylor à Tomlinson Creek. Hardin, ayant alors récupéré de ses blessures infligées par Sublett, aurait conduit les attaques dans lesquelles ces hommes avaient été tués mais il ne dénia jamais ou n’affirma son implication dans cet engagement.
Pourtant, il est notoire que Hardin prit part à la querelle des Sutton–Taylor en participant au meurtre de deux hommes de loi connus pour être des soutiens de la famille Sutton. A Cuero, Texas, le 17 mai 1873, Hardin tua J.B. Morgan, l’adjoint du shérif du Comté de DeWitt, qui servait au côté du shérif Jack Helm (un ex capitaine de la Texas State Police et leader de la faction Sutton force). Plus tard le même jour, Hardin tua Helm sur la place d’Albuquerque, Texas. De nouveau en fuite en juin 1873, Hardin aida son beau-frère Joshua Bowen à s’évader de la prison du Comté de Gonzales, Texas où il était emprisonné pour un meurtre commis en 1872. On prétendit que Hardin avait été impliqué dans le meurtre de Thomas Holderman.
La querelle entre les Suttons et les Taylors s’intensifia quand Jim et Bill Taylor abattirent Billy Sutton et Gabriel Slaughter alors qu’ils attendaient pour embarquer sur un bateau à vapeur à Indianola, Texas, le 11 mars 1874. Fatigué par cette querelle, les deux avaient planifié de quitter définitivement la région. Hardin admit que lui et son frère, Joseph, avaient été impliqués (avec les Taylors), dans ces meurtres.
Après une brève équipée en Floride où il affirma avoir été impliqué dans trois incidents contre des Noirs, dont un lynchage, Hardin rejoignit son épouse, Jane, et leur jeune fille, qu’il avait relogé sous le nom de "Swain". Hardin réunit ensuite sa "bande" le 26 mai 1874, dans un saloon Comanche pour célébrer son 21ème anniversaire. Hardin remarqua que l’adjoint du shérif du Comté de Brown, Charles Webb, était entré dans la saloon. Il lui demanda s’il était venu pour l’arrêter. Quand Webb répliqua par la négative, Hardin l’invita à venir boire un verre. Comme Webb le suivait à l’intérieur du saloon, Hardin affirma qu’il avait dégainé son arme. Un des hommes d’Hardin lui cria de se méfier et dans la fusillade qui s’ensuivit, Webb fut abattu. On rapporta à l’époque que Webb avait été tué alors qu’il sortait un mandat d’arrêt concernant l’un des hommes d’Hardin. Deux des complices d’Hardin dans cette fusillade étaient son cousin Bud Dixon et Jim Taylor.
La mort du populaire Webb résulta en la composition immédiate d’une foule de lyncheurs. Les parents d’Hardin et son épouse furent placés en sécurité pendant que son frère Joe et ses deux cousins, les frères Bud et Tom Dixon, étaient arrêtés suite à des avis de recherche antérieurs. Un groupe de citoyens locaux pénétrèrent dans la prison en juillet 1874 et pendirent Joe, Bud, and Tom. Après cela, Hardin et Jim Taylor se séparèrent définitivement. Hardin devait affirmer qu’il chevaucha à deux reprises aux côtés d’hommes connectés avec la querelle qui s’ensuivit, tuant un homme de chaque côté. Le 18 novembre 1875, le chef des Suttons, l’ex marshal de la ville de Cuero, Reuben Brown, fut abattu à Cuero, par cinq hommes dont un noir appelé Tom Freeman alors qu’un autre noir était blessé. Dans son autobiographie, Hardin ne fit que deux références à Reuben Brown: que "Rube" Brown avait arrêté William Taylor avant de l’envoyer à Galveston, Texas pour le procés, et que Brown avait été parmi les leaders de la troupe de poursuivants des Suttons qui avait été réunie pour le rechercher dans le Comté de Gonzales, Texas. On ne sait pas si Hardin fut directement ou indirectement impliqué dans le meurtre de Reuben Brown étant donné qu’il ne fit aucune mention de l’événement dans son autobiographie.
Le 20 janvier 1875, la Législature du Texas autorisa le Gouverneur Richard B. Hubbard à offrir 4,000 dollars de récompense pour l’arrestation d’Hardin. Un Texas Ranger infiltré appelé Jack Duncan intercepta une lettre envoyé au beau-père d’Hardin par son beau-frère, Joshua Robert "Brown" Bowen. La lettre mentionnait qu’Hardin se cachait à la frontière entre l’Alabama et la Floride sous le nom de "James W. Swain". (Dans son autobiographie, Hardin admit qu’il avait adopté cet alias en référence au marshal de la ville de Brenham, Texas, Henry Swain, qui avait épousé une cousine d’Hardin appelée Molly Parks).
En mars 1876 Hardin blessa un homme en Floride qui avait essayé de s’interposer dans une bagarre l’impliquant avec un autre homme. En novembre 1876, Hardin fut brièvement arrêté pour avoir marqué des cartes à jouer à Mobile, Alabama. Deux ex esclaves de son père, "Jake" Menzel et Robert Borup, tentèrent de le capturer à Gainesville, Florida à la mi 1877. Hardin en tua un et aveugla le second.
Le 24 août 1877, les Rangers et les autorités locales confrontèrent Hardin dans un train à Pensacola, Floride. Il essaya de dégainer un colt 44 mais l’arme se coinça dans ses bretelles. Les officiers l’assommèrent et ils arrêtèrent par la même occasion deux de ses compagnons pendant que le ranger John B. Armstrong en tuait un troisième, un homme appelé Mann, qui avait un révolver à la main. Hardin affirma qu’il avait été capturé alors qu’il fumait la pipe et que Duncan n’avait trouvé son révolver sous sa chemise qu’après son arrestation.
Hardin fut jugé pour le meurtre de Charles Webb et le 5 juin 1878, fut condamné à 25 ans de prison à la prison de Huntsville. En 1879, Hardin et d’autres condamnés furent appréhendés alors qu’ils essayaient de voler des armes à l’armurerie de la prison. Hardin fit plusieurs tentatives d’évasion. Durant son emprisonnement, le 14 février 1892, il fut condamné pour un autre meurtre, à savoir celui de J.B. Morgan et obtint deux années supplémentaires à faire après ses 25 ans.
Hardin s’adapta finalement à la vie en prison. Alors qu’il y était, il lut des livres de théologie, devenant le directeur de l’école du dimanche de la prison et étudiant la loi. Il fut tourmenté par des problèmes récurrents de santé, particulièrement quand la blessure qu’il avait reçue de Sublett se réinfecta en 1883, l’obligeant à un alitement forcé pendant presque deux ans. En 1892, Hardin fut décrit comme mesurant 1m75 et pesant 72 kgs, avec un teint clair, des yeux noisettes, des cheveux foncés et des cicatrices au genou droit, à la cuisse gauche, au côté droit, à la hanche, au coude, à l’épaule et au dos. Durant son séjour en prison, sa première épouse, Jane, décéda le 6 novembre 1892.
Hardin fut libéré de prison le 17 février 1894, après y avoir passé 17 de ses 25 ans de sentence. Il avait 40 ans quand il retourna à Gonzales, Texas. Plus tard la même année, le 16 mars, Hardin fut amnistié et le 21 juillet, il réussit son examen pour pouvoir pratiquer la loi. Selon un article de presse de 1900, peu de temps après avoir été libéré de prison, Hardin commit un homicide par négligence quand il paria 5 dollars qu’il pouvait "au premier coup" faire tomber un Mexicain d’une estrade sur laquelle il se prélassait. Il remporta le pari mais le Mexicain se tua accidentellement en tombant de l’estrade et non d’un coup de feu. Le 9 janvier 1895, Hardin épousa une jeune fille de 15 ans appelée Callie Lewis. Le mariage prit rapidement fin, bien qu’il ne fut jamais officiellement dissout. Ensuite, Hardin déménagea à El Paso, Texas.
Un ex homme de loi d’El Paso, John Selman, Jr., arrêta la compagne d’Hardin qui était une prostituée à mi-temps, à savoir la "veuve" M'Rose (ou Mroz), pour "avoir brandi un révolver en public". Hardin se confronta à Selman et les deux hommes se disputèrent. Certains rapports affirment que Hardin assomma le jeune homme avec son révolver. Le père de Selman, âgé de 56 ans, le Constable John Selman, Sr. (lui-même un pistolero notoire et ex hors-la-loi), approcha Hardin le soir du 19 août 1895 et les deux hommes échangèrent des mots de haine. Cette nuit, Hardin se rendit au Acme Saloon, où il commença à jouer aux dés. Peu de temps avant minuit, Selman Sr. entra dans le saloon, marcha vers Hardin par derrière, et lui tira une balle dans la tête, le tuant sur le champ. Alors que Hardin était étendu au sol, Selman lui tira trois balles de plus dans le corps. Selman Sr. fut arrêté pour meurtre et jugé. Il dit avoir agi en état de légitime défense, en affirmant avoir vu Hardin essayer de dégainer un révolver alors qu’il pénétrait dans le saloon. Il fut relâché par le jury avant d’être convoqué pour un nouveau procès. Cependant, avant le nouveau procès, Selman fut tué dans une fusillade avec l’US Marshal, George Scarborough, le 6 avril 1896, durant une dispute à propos d’une partie de cartes.
John Wesley Hardin fut enterré le jour suivant au Concordia Cemetery d’El Paso.
Un siècle plus tard, le 27 août 1995, il y eut une confrontation entre deux groupes sur le site de la tombe d’Hardin. Un groupe, représentant plusieurs des arrière-petits-enfants chercha à relocaliser son corps à Nixon, Texas, pour y être enterré auprès de sa première épouse, Jane. L’autre groupe, consistant en personnalités locales d’El Paso, chercha à empêcher le déménagement. Au cimetière, le groupe représentant les descendants d’Hardin présenta un permis d’exhumer alors que les habitants d’El Paso présentèrent un jugement du tribunal interdisant cette exhumation. Les deux partis accusèrent les adversaires de ne rechercher que les revenus touristiques engendrés par la localisation de cette tombe. Un jugement ultérieur trancha en faveur de la localisation du corps à El Paso.

DEMERVAL
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Re: John Wesley HARDIN (1853-1895)

Messagepar DEMERVAL » 17 avr. 2017 7:48

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HART
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Re: John Wesley HARDIN (1853-1895)

Messagepar HART » 17 avr. 2017 9:57

Sur John Wesley Hardin , nous avons la chance d'avoir à notre disposition un très bon livre de James Carlos Blake traduit en français il y a quelques années : " L'homme aux pistolets ".
Ce livre avait fait l'objet d'un post sur Western Movies par l'ami Jicarilla ( que je salue au passage ).
Ce premier roman de Blake s'appuyait sur la biographie officielle de Hardin pour en proposer le portrait saisissant et ambigu d'un authentique tueur.
Un autre roman western de Blake , "Crépuscule sanglant" , a été également traduit chez nous. Oeuvre âpre et désespérée , elle est assez proche de "Méridien de Sang ".
Toutefois , le meilleur roman de Blake " Wildwood boys " qui raconte l'odyssée sauvage de William " Bloody Bill " Anderson reste inédit en français.
Une lacune qui j'espère sera comblée un jour.



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