Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

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Cole Armin
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Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Cole Armin » 01 déc. 2009 7:22

Pour ceux qui ne connaissent pas le film, par ICI


Attention, les SPOILER sont autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.


Tous les documents sont à poster dans ce topic:
viewtopic.php?f=20&t=9846


Que le débat commence!
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musselshell
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar musselshell » 01 déc. 2009 11:16

Rio Bravo…ben tiens, facile…
Par où commencer un truc comme çà… Par la fin, peut-être, pourquoi pas…puisque tant a été dit…La grandeur du film est aussi sa limite. Hymne à l’amitié, sûrement, au devoir, au professionnalisme…ce truc où les hommes s’accomplissent sous le regard à la fois admiratif et distancié des femmes. Hymne à la dédramatisation du monde : les problèmes se règlent, qu’elle que soit l’adversité…où ne se règlent pas, mais on serre les dents. L’humour et le drame : le premier allège le second…qui relativise le précédent. Film sur la confiance…non pas que la vie soit belle en soi, mais c’est super de faire son boulot… puis…

- faire confiance en ses amis, après, quand même, avoir balancé un coup de pieds dans le crachoir…L’ami vaut le coup…il va voir les gouttes dans le verre.
- se faire respecter par ses ennemis : lui balancer un coup de crosse dans la tronche et garder Burdette en tôle. Car on est payé pour çà. Et si on venait à ne plus l’être, c’est un putain de principe. Ils pourront souffler ce qu’ils veulent…nous aussi, le petit comité, on a des gars qui chantent.
- Faire gaffe : qu’est-ce qu’elle veut, celle-là ?
- Du côté de celle-là : elle gagne, à la fin…c’est elle qui décide. Elle l’a convaincu de croire que la petite culotte lui serait réservée.
- Prendre soin du vieux. Allez : un bisou.

Une philosophie, ce film…deux gros plans en tout et pour tout. C’est le pont aux ânes hawksien : la caméra à hauteur d’homme.

Grandeur et limite…Pourquoi ? Banal là encore : manquent l’impuissance et l’échec. Il y a toujours échec quelque part. Manque l’homme en tant qu’animal social, fruit de quelque chose qui le dépasse même et surtout quand il croit le contraire.
Cinéma d’individus. Hymne à l’individualisme. Et pas seulement américain. Je pense moins à High Noon, ici…qu’à Ford, évidemment. Chez qui le héros est bien plus seul. Parce que…et le paradoxe n’est qu’apparent, il appartient inéluctablement à quelque chose qui le dépasse. Pas seulement la société…çà va plus loin encore : au temps. Hawks le fuit … dans l’action, dans l’amitié, dans l’affirmation de soi…
C’est grandiose, cela va sans dire. Un grandiose en chambre, pétri d’humanité. Mais cette humanité juxtapose des individus. Là où chez Ford elle les rassemble pour les écarteler.

Hop. :sm32:
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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musselshell
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar musselshell » 01 déc. 2009 11:42

L.. a écrit :Un brin -très affirmé- de guerre des sexes, comme dans tous les Hawks.

Un couple : Wayne et Angie Dickinson (qui a du interpréter pour la télé une des premières femmes policières, héroïnes de série TV, fin des années 70)

Tournage à Old Tucson, décor brûlé et reconstruit (ApacheLand, au pied des Monts de la Supersition , Phoenix ,Az, brûlé lui aussi vers les années 90 n'a pas été reconstruit, dommage pour les photos, perdues, parce que j'en avais plein.)

Un remake, "El Dorado", tourné 10 ans plus tard lui aussi à Old Tucson.

Traduit en france il y a juste 10 ans le livre de Todd Mac Carthy, imposante biographie de Hawks -traduit par Coursodon, ce doit encore exister chez Actes Sud Lumière, 1999- raconte toute la génèse du film....et de tous les autres.


Le Mc Carthy est impeccable en ce qui concerne la genèse des films. Mais étonnament vide d'analyses. Parti-pris, sans aucun doute...Les bouquins de Joseph Mc Bride apportent plus à cet égard (Hawks on Hawks, Focus on H.H)...On notera qu'Old Tucson apparait en ouverture et fermeture. Le film est littéralement en chambre: la prison, l'hôtel, le saloon...Il y a quelque chose d'assumé dans Rio Bravo qu'on ne retrouve pas dans le reste de la trilogie...
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
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Pike BISHOP
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Pike BISHOP » 01 déc. 2009 12:15

Comment une détestation, une rage réactionnaire, une haine, une jalousie professionnelle, une suffisance à nulle autre pareille
débouche sur une oeuvre apaisée, sommet d'une carrière, aboutissement de constantes reprises de scènes, un des sommets
indiscutables du genre western...
"RIO BRAVO" est le calque inversé de "HIGH NOON"..Oeuvre forte, calculée, courageuse, dénonçant la lâcheté de la communauté
type US face à un péril (lire le Macchartisme)....Cette oeuvre portée par un géant du cinéma GARY COOPER, l'homme que
John WAYNE craint le plus, le rival absolu, le N°1 du western avant lui...COOPER semblait dans un trou de carrière et revoilà
que ce film aux antipodes des idées conservatrices du DUKE remet le rival au premier plan et le porte aux oscars..
On connaît la fureur de WAYNE, ses propos sur ce film "honteux" HIGH NOON..
De même pour le copain HAWKS...Son cinéma est un cinéma de solidarité, de cohésion d'un groupe, de valeurs "positives"
Du parfait "travail, famille, patrie" sous l'enveloppe de l'aventure ou de la comédie...De plus HAWKS est l'orgueil même..
Il est, il se veut, il se croit le plus grand cinéaste à Hollywood..Et il va donner une leçon à ces "commy" qui ont réalisé
un western si défaitiste..
HAWKS et WAYNE vont reprendre TOUS les éléments d'HIGH NOON et les retourner en ce qu'ils croient être la vision positive,
américaine, Le Sherif est seul, sa communauté l'abandonne ? Elle sera chaleureuse et solidaire...
La femme est non violente, le quitte, ne l'aide que dans le désespoir..Celle de HAWKS est la partenaire idéale, pas coincée
courageuse, agissante malgré l'interdiction de son alter ego masculin...
Un ivrogne, un gamin, un vieillard veulent aider KANE qui les rejette, ne voulant pas risquer leur vie ou s'handicaper de leurs
maladresses..CHANCE accepte tous les bras cassés et les ramène dans leur honneur d'homme à part entière..
KANE doute, sue de peur , d'angoisse et fait front en désespoir de cause.. L'homo WAYNUS, ne parait jamais douter, est sûr
de sa force, tendu mais encore plein d'humour et règle tout à grands coups de dynamite en bon américain...
En partant avec de telles bases et réussir quand même une oeuvre dont chaque vision vous ravit toujours..Chapeau ! Euh..Stetson !!!
If they move, kill'em !!

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Vin
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Vin » 01 déc. 2009 12:53

J'ai toujours établi un paralèlle, a priori étonnant, entre Rio Bravo et Josey Wales.

Au départ, ces deux films (qui sont monumentaux, chacun à sa manière) ces deux films donc sont antithétiques.

L'un est totalement urbain, l'autre est essentiellement un film d'extérieur.Le héros de l'un représente la loi, l'autre est un outlaw.

Mais, comme Pike l'a souligné également, progressivement une communauté de marginaux (un pistolero est aussi un marginal) s'agrège autour des deux héros.

Wayne fonctionne comme une pompe aspirante: il va attirer peu à peu dans son univers fermé et carcéral ces non-adpatés, ces "gens pas comme il faut".
Eastwood est comme le vent, dans son sillage s'engouffre une autre communauté, différente, mais là aussi constituée de non-adaptés.

L'homme fort ressort de celà, celui derrière qui on est en sécurité, celui qui sait, et dont les seules défaillances sont imputables aux autres.

Il faut être sacrément crédible en termes d'image personnelle pour incarner celà, comme pouvait le faire Gabin itou.
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musselshell
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar musselshell » 01 déc. 2009 16:11

Vin a écrit :J'ai toujours établi un paralèlle, a priori étonnant, entre Rio Bravo et Josey Wales.

Au départ, ces deux films (qui sont monumentaux, chacun à sa manière) ces deux films donc sont antithétiques.

L'un est totalement urbain, l'autre est essentiellement un film d'extérieur.Le héros de l'un représente la loi, l'autre est un outlaw.

Mais, comme Pike l'a souligné également, progressivement une communauté de marginaux (un pistolero est aussi un marginal) s'agrège autour des deux héros.

Wayne fonctionne comme une pompe aspirante: il va attirer peu à peu dans son univers fermé et carcéral ces non-adpatés, ces "gens pas comme il faut".
Eastwood est comme le vent, dans son sillage s'engouffre une autre communauté, différente, mais là aussi constituée de non-adaptés.

L'homme fort ressort de celà, celui derrière qui on est en sécurité, celui qui sait, et dont les seules défaillances sont imputables aux autres.

Il faut être sacrément crédible en termes d'image personnelle pour incarner celà, comme pouvait le faire Gabin itou.




Je suis en partie d'accord sur le parallèle...mais pas complètement (puisqu'en partie... cohérent, isn’t it ?). Les outcasts s'agrègent effectivement autour de Josey Wales…ils n’ont pas besoin de le faire autour de Chance : ils sont déjà dans l’équipe…A moins de considérer Colorado et Feathers comme des déclassés…à la limite valable pour Feathers, moins pour Colorado…Au-delà du fait que l’un soit centré sur un shérif et l’autre sur un hors la loi, les deux films sont profondément différents sur un point : Rio Bravo est réactionnaire…Josey Wales est…libéral, dirait on aux Etats-Unis. Et ceci même si Eastwood est aussi Républicain que l’était Hawks ! Aucun jugement de valeur cinématographique là dedans…Simple constat : John T Chance est sûr, toujours sûr. Un bloc. Il fait son boulot. Josey Wales va être contraint à le devenir…par la force des choses. Puis il changera, évoluera dans le sens d’une réconciliation avec la notion même de communauté…Wayne, lui, ne doute nulle part …
L’autre point commun se loge peut-être dans la notion de trajectoire accompagnée : celle de Dude dans Rio Bravo, grâce en la confiance de Chance…celle de Wales dans le film d’Eastwood, réconcilié avec la vie grâce à sa petite communauté agrégée…
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Vin
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Vin » 01 déc. 2009 17:35

Pour moi, Colorado est également un marginal.

Tant dans la réalité que dans le film.

Bien sûr, contrairement aux représentations cinématographiques, il y avait fort peu de gunfighters dans l'ouest, ce qui déjà le met un peu à part.
Et dans le film, il s'agrège très vite au groupe Chance car il n'a pas d'autres relations humaines, en fait.

L..: tous les westerns américains ne parlent pas de communauté agrégée, l'astuce serait par trop répétitive.
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Vin » 01 déc. 2009 18:00

Comme je trouve Leutrat pontifiant, et sans grand intérêt, avec par ailleurs des publications de plus en plus en baisse, je lui laisse la paternité de ses paraboles en toute quiétude.
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Pike BISHOP
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Pike BISHOP » 01 déc. 2009 18:21

Curiosité seul lien commun entre les deux films rivaux "HIGH NOON " et "RIO BRAVO" et leurs interprètes principaux
DIMITRI TIOMKIN qui devait être pote avec les deux puisqu'il a bien souvent illustré
musicalement les films de COOP et du DUKE...
Avec des accords assez appuyés sur COOPER sans doute pour dramatiser le jeu parfois
laconique de Gary..et des légeretés de boléro mexicain pour aérer, enjoliver la
démarche et le monolithisme de WAYNE..
If they move, kill'em !!

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scorpio99
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar scorpio99 » 01 déc. 2009 18:28

Pike BISHOP a écrit :Curiosité seul lien commun entre les deux films rivaux "HIGH NOON " et "RIO BRAVO" et leurs interprètes principaux
DIMITRI TIOMKIN qui devait être pote avec les deux puisqu'il a bien souvent illustré
musicalement les films de COOP et du DUKE...
Avec des accords assez appuyés sur COOPER sans doute pour dramatiser le jeu parfois
laconique de Gary..et des légeretés de boléro mexicain pour aérer, enjoliver la
démarche et le monolithisme de WAYNE..

A une lointaine époque de ma jeunesse (euh il y a 10 ans tout au plus :lol:) où je découvrais le western, j'ai eu la miraculeuse chance de tomber sur ce film pendant les fêtes de Noël. Véritable coup de chance car ce film n'est presque jamais diffusé à la TV :mrgreen:. J'ai aussi découvert quelques pépites de John Ford avec John Wayne (john et john ça me rappelle quelque chose :D), et s'il est vrai qu'il y a un Rio vraiment Grande alors pour celui-ci je ne peux dire que Bravo :num13 !
tout ça pour ça ... ok je sors :arrow:

à noter une musique sympa de Tiomkin, ma préférence allant à celle de Alamo cool :cry:

Jean-Louis
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Jean-Louis » 01 déc. 2009 19:05

:D Voici ce que dans un moment de modestie (ou de lucidité) j'avais préparé :

Il est important, me semble-t-il de connaître ses limites, ici, à propos de Rio Bravo je les ai atteintes.

Je n'ai aucune valeur ajoutée à apporter à ce débat, aussi je me contenterai de vous lire et de vous apprécier.

Merci.

:oops: Vous me connaissez, il faut tout de même que je ramène ma fraise (tagada, tagada vlà les Daltons, les Daltooons...)

Il me semblait bien avoir lu quelque part une anecdote au sujet de la taille des décors, je viens de retrouver
sur Allociné.com ceci :

"Décors
Rio Bravo a été tourné en extérieur à Old Tucson dans l'Arizona. Les décors du film y ont été construits dans
des dimensions légèrement réduites par rapport à la taille normale pour que les personnages apparaissent de manière
plus imposante."

Notre Docteur ès décors a certainement quelque chose à nous narrer à ce sujet !

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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar musselshell » 01 déc. 2009 19:30

Hawks a choisi Old Tucson (construite en 40 pour Arizona...çà a toujours été un décor cinématographique) pour quelques plans d'ensemble, assez rares...Par contre, il a fait travailler Leo K Kuter sur la fameuse rue principale du film, une centaine de mètres à peine...c'est là où Wayne et Martin déambulent la nuit...Effectivement, les batiments sont légèrement plus petits que ce qu'aurait voulu la normale...La rue de Rio Bravo sert à nouveau dans El Dorado et Rio Lobo. :sm32:
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Jean-Louis » 02 déc. 2009 9:52

:sm43: Merci Docteur, combien je vous doigts, 5 ? Image

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Jicarilla
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Re: Old Tucson

Messagepar Jicarilla » 02 déc. 2009 10:39

L.. a écrit :Le décor est situé dans des champs de cactus Saguaro, espèce qui recouvre les environs de Tucson, au pieds de montagnes qui sont toujours très visibles dans les films tournés sur ce décor.

Je suppose que sur google earth, Old Tucson est tout à fait visible et on peut le visiter aussi ainsi maintenant...

Et voilà le lien:

http://www.oldtucson.com/

Pas de mention de l'incendie, mais je ne rectifie pas, il me semble l'avoir lu quelque part.


ImageHELLO L.

:beer1: Peut-être là.
viewtopic.php?f=22&t=2151

:applaudis_6: Ou là
viewtopic.php?f=22&t=9063
PARTI VERS D'AUTRES ESPACES Image

http://western-mood.blogspot.fr/

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Pike BISHOP
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Re: Rio Bravo - 1959 - Howard Hawks

Messagepar Pike BISHOP » 05 déc. 2009 11:15

Style décontracté, pas de mouvements de caméra ou de plans virtuoses à la MANN ou DAVES, quoique 2 ou 3
plongée inhabituelles dans son cinéma, HAWKS reste fidèle à sa théorie "filmer à hauteur d'homme"
c'est peut-être pour cela, pour les grandir qu'il rapetisse le décor..A la vision actuelle, ce décor de studio ne passe plus
très bien surtout dans une de ces rares plongées qui voit WAYNE/CHANCE courir vers la prison attaquée
(séquence coupée dans les premières sorties, qui m'avait laissé perplexe, voyant la porte criblée de coups de feu
et n'ayant jamais vu de séquence justifiant ces dégâts)...
Donc à hauteur du comédien et c'est sans doute là que le film est le plus riche, dans les caractères et l'interprétation..
Le monolithe WAYNE malgré ses tracas garde un peu d'humour et l'oeil qui frise..DEAN MARTIN trouve LE rôle de sa vie
Même s'il avait déjà tâté de la tragédie, il rompt ici complètement avec sa carrière de faire valoir du clown, et inversion
c'est WAYNE qui serait le clown blanc, sauf qu'avec le charisme de WAYNE, même quand il ne fout rien, il est plus que présent..
ANGIE aussi passe à l'échelon supérieur (promotion canapé ou pas) et il y a l'extraordinaire voleur de scène WALTER BRENNAN
qui arrive après tous les vieux salauds, tous les braves types et old timers qu'il a interprété à faire encore une composition
inoubliable avec ce STUMPY !!!
Ricky NELSON, c'est là que le bât blesse, mais à l'époque une star du rock melliflue dans un film, c'était tout le public
teenager garanti...NELSON n'est pas très crédible en jeunot expert de la gâchette qui se la pète, mais tellement porté par
les autres que ça passe..Il y a mieux, mais ça passe ...
Une superbe galerie de truands, le vieux gros crétin de WARD BOND dans un de ses derniers rôles, et une vision bien
yankee du couple de Mexicains de comédie..Pas toujours dans la délicatesse des sentiments CHANCE/FEATHER
dans la pudeur de ceux CHANCE/DUDE mais on va pas bouder pour autant quelques lourdeurs toujours récurrentes
dans l'oeuvre de HAWKS...
If they move, kill'em !!



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