Je vous livre mes impressions en vrac, à mesure qu'elles me reviennent, entre deux paragraphes de traduction (faut bien que je bosse).
Scénario : toujours ce leitmotiv du western italien : le héros, l'étranger magnifique, s'interposant entre deux camps pour les éliminer l'un après l'autre.
On est en droit de s'interroger sur l'importance affective de Maria pour Django : peut-être ne la considère-t-il que comme un appât, un leurre. S'il est bien revenu venger son épouse morte (Mercedes, selon la croix), Maria n'a sans doute aucune valeur à ses yeux. D'ailleurs, ne parle-t-il pas d'illusion avant leur accouplement ?
Mise en scène : je n'ai pas les outils théoriques pour exprimer l'émotion que font naître en moi ces images. La composition des plans, le choix des couleurs et des textures, les mouvements de caméra. Je vois deux ou trois choses (la hauteur de l'objectif lors de la première scène où apparaît Django -- il semble plus grand que ses antagonistes ; le relief que prend le mouvement lorsque les encagoulés débarquent dans la ville)... tout cela me prend aux tripes.
Parenthèse : hier, j'ai vu à la télé un film américain récent jouissant d'une bonne réputation -- Inside Man, de Spike Lee, avec Clive Owen, Denzel Washington et Jodie Foster -- et, tout en reconnaissant que c'est du bon travail (dans le registre thriller déjanté à l'américaine, avec des codes que je connais et dont je peux apprécier la mise en oeuvre), je ne peux m'empêcher de penser que tout cela "visualise faux" (par analogie avec l'expression "sonner faux"), alors que Django "visualise vrai" -- même si, je le répète, le film ne revendique aucun réalisme.
Un mythe qui sonne juste ?
B


















