PSYCHO PIRATE a écrit:Pour moi la scène à Dodge City est un pur plaisir avec une sublime direction d'acteurs et le changement brutal d'ambiance ne me gêne pas du tout. C'est un véritable film dans le film. Cette rupture narrative a parfaitement fonctionné sur moi.
C'est ce que je pense également.
Là, aucun rapport avec le reste de l'histoire, si ce n'est le cas échéant de montrer deux sociétés fort différentes l'une de l'autre, ce qui n'est même pas certain.
La scène de Dodge City ne nuit en rien à la bonne marche du film. Elle n'est en fait ( pour la 1ére partie) que la prolongation du passage oh combien raciste des convoyeurs de bétail, abattant froidement sans aucune raison, uniquement par plaisir, un des deux cheyennes venus mendier ( c'est le mot ) auprès d'eux un peu de nourriture afin que leur peuple puisse survivre. Cette scène, cruelle, remettant certains préjugés à leur place ( les indiens n'attaquaient pas systématiquement les troupeaux pour voler les bêtes ) est la première d'une trilogie successive démontrant la souffrance de la famine endurée par la tribu.
La seconde nous montre ( en sous entendu ) les cheyennes obligés d'en arriver à abattre leurs chevaux pour pouvoir se nourrir, en cela le poulain de Deborah ( la quaker ) échappe de justesse à ce triste sort grâce à l'intervention inopinée de Dull Knife et Little Wolf, ceux ci refusant que l'on tue l'animal, sans doute pour garder la confiance de celle ci.
Quand à la troisième, au moment où les cheyennes découvrent l'ignoble spectacle des carcasses de bisons massacrés inutilement par les blancs, ce qui représentait pour eux leur dernière chance de survie, elle se passe de commentaires.
Survient alors brutalement, sans transition, le passage de Dodge City ( judicieusement placé après la scène des bisons et avant l'entracte ) un instant de décontraction, comme pour faire oublier tant soit peu, en l'espace d'1/4 d'heure toute cette piste des larmes que le spectateur venait de subir jusqu'à présent. Nous y retrouvons nos quatre cowboys, plus vantard que jamais, osant sans savoir ce qui les attend, défier un Wyatt Earp complètement sourd et indifférent à toutes les rumeurs qui se propagent en ville.
Ford utilise alors le ton comédie pour cette scène, meilleure façon ( je pense ) pour rendre nos quatre cowboys ( odieux en face des deux cheyennes ) un peu plus sympathiques mais aussi plus stupides. Ford nous régale ensuite, humoristiquement, avec l'extraction de la balle du pied du cowboy blessé, nos quatre lascars se transformant alors en de braves ahuris sans cervelle et peu dangereux ( apparence trompeuse ).
La seconde partie de Dodge City dérape complètement dans le burlesque, mais sans sombrer dans le ridicule ( enfin c'est selon son avis personnel
Peut être que cette scène est quand même de trop ? Et surtout exagérée à souhait. Elle a d'ailleurs été non seulement coupée dans les nombreuses versions télévisuelles, mais aussi cinématographiques. Ayant revu le film au cinéma l'an dernier, en vost de surcroit, j'ai été surpris de ne pas la retrouver, alors qu'elle était bien présente lors de ma première vision en 1965.
Quoi qu'il en soit, ce délicieux passage de Dodge City est le bienvenu juste avant l'entracte, redonnant un peu de sourire au spectateur qui n'avait pas eu beaucoup l'occasion de s'amuser jusque là.
L'entracte ! Ouf !... Une cigarette et un petit verre pour se remettre de nos émotions. Au retour Ford nous entrainera alors dans l'épisode le plus douloureux de l'histoire, la tragédie de " Fort Robinson ", et là , nous atteindrons le summum de la tristesse et de la bêtise humaine.























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