Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

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Vin
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar Vin » 15 oct. 2008 13:41

Ami musselshell, je ne dis pas que l'ami Pike confond les deux dans sa réponse à l'ami Jean-Louis. :wink:

Allez, pour revenir à notre sujet, je pense qu'en fait Ford a toujours (c'est à dire dans les deux films concernés ici) un peu "trahi" la relation Comanches/Blancs.

S'il est vrai que les deux se tapaient dessus allègrement, il est par contre connu que les Comanches (comme beaucoup d'autres d'ailleurs, cf le topo que j'avais fait sur les Cherokees), les Comanches donc élevaient sans trop de distinction blancs, métis et indiens.

Je crois qu'il est allé aussi un peu chercher son inspiration de côté de l'histoire des Parker, mais AVANT l'avénement de Quannah.


Pour ceux qui auraient un p'tit trou de mémoire, grosso modo la voici:

Vers 1830, le Texas comprend un peu moins de 30 000 habitants sédentaires, et une dizaine de milliers d'indiens "sauvages".
John Parker vient de l'Illinois, vient s'installer en famille, avec d'autres : 38 personnes en tout. Ils se sont installés une centaine de kilomètres à l'ouest du poste le plus occidental. Les Parker ne sont en territoire indien : aucune tribu ne réside ici, ni même à proximité.
Mais les incursions des Comanches et des Kiowas, venus de l'ouest, vont parfois jusqu'à la côte : l'avant-poste des Parker y est particulièrement exposé.


Après la victoire de Sam Houston et la capture de Santa Anna, les Parker sont rentrés chez eux, ayant abandonné leur maison fortifiée pendant le conflit. Un beau matin,se présente au petit fort un gros parti d' indiens, Comanches et Kiowas.

Benjamin Parker, le fils du vieux John essaie de parlementer. Il est tué et scalpé.
Une grande tuerie s'ensuit.

Trois gosses, Cynthia Ann Parker, son frère John, et James Pratt Plummer ont été enlevés, ainsi que deux femmes adultes, Rachel, la mère de James, enceinte de trois mois, et Elizabeth Kellogg. Cette dernière, vendue de tribu en tribu, sera rachetée aux Cherokee par Sam Houston après six mois de captivité. Pour Rachel Plummer, l'épreuve dure plus longtemps : mise en esclavage par les Comanches, elle voit son nouveau-né massacré quelques semaines après sa naissance. Un marchand de Santa Fe verse sa rançon 18 mois après sa capture. Son fils James restera plus de six ans chez les indiens avant d'être racheté à son tour.

John et Cynthia Ann Parker furent élevés par les Comanches. Si ceux-ci pouvaient être cruels, ils aimaient les enfants qu'ils adoptaient, et les élevaient comme les leurs : de nouveaux membres renforçaient la tribu, à une époque où la vie dangereuse et les maladies contagieuses venues d'Europe, contre lesquelles les indiens étaient peu ou pas immunisés, rendaient la mortalité élevée et même augmentaient la stérilité. John devint un guerrier, quitta la tribu, servit dans l'armée confédérée et termina sa vie au Mexique. L'histoire de sa soeur est célèbre : elle avait neuf ans lors de l'attaque. N'ayant d'autre choix, elle s'intégra dans la bande des Noconis. Le temps venu, elle épousa Peta Nocona, leur chef.

Les expéditions incessantes des Comanches, ruineuses et meurtrières, gênaient les Américains, comme autrefois elles avaient gêné les Espagnols, puis les Mexicains. En 1860, une troupe constituée de rangers, de dragons et de civils se lança à leur poursuite. Les hommes rejoignirent les Noconis près des sources de la Pease River. Peta Nocona fut tué. Sa femme, la fameuse Cynthia Ann, renommée Naduah par les Comanches, fut capturée.

Elle avait les yeux bleus. Elle ne parlait plus l'anglais mais, pensant qu'elle pourrait bien être la petite fille enlevée vingt-quatre ans plus tôt, les rangers prévinrent l'un des ses oncles. Ce ne fut que lorsque celui-ci prononça son prénom, Cynthia Ann, qu'elle eut une réaction. Sa famille se mit alors en devoir de lui réapprendre sa langue, et de la réintégrer dans le monde des Américains. De Peta Nocona, Naduah avait eu trois enfants : une fille, Topsannah, et deux garçons adolescents, qui ne se trouvaient pas avec la bande lors de la bataille de la Pease River. Topsannah n'avait que quelques mois. Elle mourut en 1864, et Cynthia Ann ne tarda pas à la suivre dans la tombe. Totalement intégrée à la tribu, elle n'avait jamais réussi à se faire à la vie des Américains, malgré leurs soins et leurs attentions. L'un de ses fils mourut peu après.

L'autre, Quanah, prit la place de son père à la tête de la bande, puis de la tribu et devint un chef de guerre réputé parmi les blancs comme parmi les Comanches. Quatorze ans après la Pease River, la bataille de Palo Duro Canyon mit fin à l'existence libre des Comanches. Dans les Plaines, dissimulés dans les canyons qui bordent le Llano Estacado, ceux-ci se croyaient inexpugnables. Mais une nuit de septembre 1874, les soldats du colonel Ranald McKenzie descendirent silencieusement les pentes du canyon. A l'aube, ils attaquèrent. Les indiens résistèrent, mais il était trop tard : le camp était investi. Les Américains tuèrent délibérément 1000 chevaux sur les 1400 qu'avaient avec eux les Comanches. Ceux-ci, démoralisés, privés de leur moyen de transport et de leur fortune, durent se rendre dans les réserves de l'Oklahoma.

Quanah devint un éleveur de chevaux réputé, et fut même juge de paix pour les tribus des réserves. Chef chez les Comanches, il resta un homme éminent dans le monde des hommes blancs, connaissant parfaitement les faiblesses de ceux-ci et sachant interpréter les lois et les règlements à l'avantage de ses frères indiens. Lorsqu'il apprit l'histoire de sa mère, il prit le nom de Parker et réussit à faire amener sa dépouille dans l'Oklahoma. Il mourut en 1910. Il est enterré à coté d'elle, comme il l'avait souhaité.
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar Pike BISHOP » 21 oct. 2008 22:04

Quoiqu'il en soit, STONE CALF semble faire partie d'une caste guerrière...
Dans ses incantations de nuit devant les feux, je suppose qu'il vante ses pouvoirs de guerre...
"Big medecine !" dit Mc CABE pour faire maugréer QUANAH.
Sans doute STONE CALF croit-il qu'il est invulnérable aux balles des blancs, comme l'ont cru
GERONIMO et les "Porteurs de Chemises" Lakotas qui crurent au pouvoir de WOVOKA.
Ce qui explique qu'il attaque assez stupidement Mc CABE pour récupérer son épouse..
Il se présente devant lui armé de son couteau, comme une statue invincible, au lieu de
bondir et se fait tout bonnement flinguer...
J'avais trouvé cela assez ridicule à la première vision et si je me tiens à ce que l'on sait
maintenant du comportement de certains membres des sociétés guerrières, je le trouve
assez bien vu.
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar Vin » 22 oct. 2008 7:26

Bien vu,Pike.
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar Vixare » 29 oct. 2008 0:39

En revoyant mes notes prises au cours du film, une chose m'interpelle ... On a souvent présenté Les cheyennes comme le film Fordien par excellence où la vision de Ford s'était assombrie sur l'Amérique, Les deux cavaliers n'en est-il pas un précepte ? On pourra encore remonter plus loin à Fort Apache mais pour moi Les deux cavaliers semble vraiment marquer un tournant dans le sens où l'univers de la cavalerie jusque là dépeint de manière très positive avec le fameux cycle, tout semble là désenchanté.
Finit le poste avancé près du territoire Indien en perpétuelle ébulition, l'armée prend racine ! On construit des forts avec des murs de pierre, fini le temps des palissades de bois et des quartiers généraux improvisés. Fini aussi le temps glorieux de la cavalerie, ici c'est Widmark qui a le rôle le plus ingrât et les Indiens sont repoussés, reclus comme si on les ignorait vraiment au fin fond d'une réserve coupée de tout, les tribus sont moins belliqueuses mais non moins dangereuses ... la gloire de la cavalerie semble néanmoins belle et bien passée à l'image du "sergent Fordien" qui s'installe dans un certain train de vie, à l'image aussi du regard de Ford sur son pays ?
" Leboeuf j'te conseille de pas te trouver sur ma route ou tu t'rendras compte que j'suis pas encore fini et que j'ai encore une bonne dose de dynamite dans les poings !"

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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar Vin » 29 oct. 2008 17:16

Je ne prétend pas conclure.. Juste un truc, qui pour ma part me dérange.

L'utilisation qu fait Ford de Jimmy Stewart...On tend vers le burlesque.
Sans déflorer le sujet, au cas où on le choisirait bientôt, on a la même chose dans "Les cheyennes". Le passage avec Stewart/Earp n'apporte rien au film, au contraire, il en casse le rythme.
A quoi pouvait donc bien penser Ford en faisant faire ces pitreries à Stewart?....

Dans les deux cavaliers, c'est poussé à l'outrance, et celà m'ôte le plaisir du film, qui pourtant sur le papier avait pas mal d'atouts.

Passées les critiques de la dissection ici, je rangerai le film sur son étagère, mais contrairment aux autres "grands" Ford, il n'en sortira pas souvent.
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar Pike BISHOP » 29 oct. 2008 17:59

C'est un film de gens âgés....
FORD s'était pris d'affection pour les deux "pépères à moumoutes" et il les a fait beaucoup tourner dans ses
dernières oeuvres.. De plus, STEWART, comme lui était un vétéran de la WW II...
STEWART exagère un peu dans le cabotinage, du début, des rapports avec l'autorité militaire
dans les scènes de beuverie.. Comme toujours chez FORD, faut que ça alterne pour mieux souligner le drame à
venir... Souvent c'est très réussi (The SEARCHERS) des fois on se demande s'il ne tourne pas au gâtisme
(l'intermède comique de CHEYENNE AUTUMN à Dodge city)...
Je trouve, je l'ai déjà dit que STEWART tire tout à lui et même s'il en fait trop , son humanité emplit le film
et on réagit avec la même joie au coeur que la "Senora" quand il embarque sur la diligence pour renoncer
à ses 10 % de "tout".....
Quant à la vision pessimiste sur l'armée, je ne crois pas qu'il la voit si noire.. ce serait même la seule institution
pour laquelle il a encore de la tendresse.. C'est une armée au repos, d'ancien combattants comme lui...
Il faut lire entre les lignes tout un back ground entre GUTH, le major et son épouse, Jim GARRY et le sergent
POSEY.. Le monde change et ils ont leurs souvenirs.. Ils ont connu l'Ouest non pacifié et les indiens
seuls les jeunes lieutenants et les vieilles épouses, frustrées et racistes en prennent pour leur grade à la scène du bal..
Mais tout le reste est vu avec une noirceur rare.. La ville assoupie, bon enfant, mais corrompue
les pionniers débiles, ces familles stupides prêtes au lynch et le pompom ; WRINGLE !!!
Formidable STEWART, saôul déblatérant sur tous les WRINGLE qui courent partout...
WRINGLE c'est l'Amérique, le nouveau capitaliste, prêt à tout acheter... WRINGLE veut dire RIDE
L'Amérique vieillit et se peuple , se couvre de rides... Guth traite avec lui en tout cynisme et espère
noyer sa mauvaise conscience dans l'alcool, mais l'alcool est révélateur et Stewart(FORD) nous donnent
leur vision de l'amérique future dominée par les Wringle qui vont la parcheminer...
Film mal foutu, mal équilibré, certainement...Mal reçu aussi par son cynisme et son constat amer..
mais film qui recèle des trésors pour peu que l'on passe sur certaines de ses lourdeurs..
Dès que j'entends la balade nostalgique du générique, que je vois Mc CABE sous sa véranda..
L'arrivée du Sgt POSEY (8 Beers !!) Les deux pépères discuter au fil de l'eau.. Je suis au bonheur des dialogues et
des images (couleurs très travaillées magnifiques) et de la narration lente..
Pas un grand FORD, pas tous les jours, ouais ? une fois par an.. au moins....
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tepepa
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar tepepa » 29 oct. 2008 18:10

Quelques remarques d'un spaghettophile sur ce film:

- James Stewart en roue libre totale, qui fait un numéro de cabotinage à s’en écarquiller les yeux de stupeur tellement c’est sidérant. Je n'en suis toujours pas revenu. Existe-t-il d'autres films ou Stewart cabotine à ce point? Ce « Stewart show » explose lors d’un bivouac au bord de l’eau où Widmark et Stewart mènent de front les deux discussions imbriquées à n’en plus finir ; et lors d’un échange confondant de négativité entre Stewart et le commandant de la garnison. Stewart joue un aventurier vieillissant, antipathique mais drôle. Bien sûr, la force des évènements va faire évoluer le personnage dans le bon sens, mais jusqu’au bout il gardera son coté décalé et égoïste. A coté de ça, Widmark est Widmark, mais il a bien du mal à exister. Pour moi, Stewart est une grande force du film. Peut-être que pour certains son numéro est fatiguant, mais pour moi, il est la raison même du film, celle qui fait que le film mérite d'être vu.

- l'action: elle manque cruellement. Je sais bien que le réalisateur est plus intéressé par ses personnages que par le spectacle, bien qu’il ne rechigne pas à faire bouger tout son beau monde de temps en temps, mais quand même, d'une manière générale, ce que je reproche à Ford, c'est le manque d'action. Ce film ci n'échappe pas à la règle, d'autant qu'il fait partie de sa queue de carrière.

- Les Deux Cavaliers est un film qui fait mentir – encore - la réputation de vieux con d’extrême droite de Ford, par la complexité de son scénario qui évite la représentation caricaturale des indiens et qui pointe du doigt les faiblesses des blancs. Car ce qui frappe avant tout, c’est le pessimisme de l’œuvre. Une fois de plus chez Ford, les indiens sont montrés comme un peuple humain, déchiré par des contradictions internes, et divisé entre les vieux sages et les jeunes va-t-en guerre qui montrent leurs muscles. Les blancs ne sont pas épargnés non plus, par le biais de la vente d’armes aux indiens, du non respect des traités et leur propension à la violence. Tout le monde est plus au moins mauvais, et quand quelques uns sont bons, comme ces pionniers qui vivent de l’espoir de retrouver leur progéniture, leur naïveté fait pitié. Entre ce pessimisme et le personnage drôle mais cynique de Stewart, les scènes de pure comédie, à base de baston pour se disputer une femme, ont bien du mal à faire mouche.

- la progression du film de la comédie noire - Stewart déchaîné - au drame humain poignant - le lynchage de l’indien blanc incapable d’être un « blanc »- , même si elle crée un film bancal le cul entre deux chaises, témoigne de la richesse d’un cinéaste qui ose tout et ne se prive pas de surprendre à la fois ses admirateurs et ses détracteurs.

Ces quatre points résument pour moi le film. Mais si les trois derniers points se retrouvent peu ou prou dans beaucoup de westerns du maître, le numéro de Stewart est la seule vraie singularité qui fait sortir Les Deux cavaliers du lot. (En comparaison avec Les cavaliers par exemple, un autre film mineur de Ford qui ne comporte rien de spécial qui marque et qui accroche).S’il est clair que Les Deux Cavaliers n’offre pas la force enthousiasmante de La Prisonnière du Désert ni la pureté westernienne de La Chevauchée Fantastique, on ne regrette pas de s’être laissé porté par le brillant James Stewart au milieu d’une peinture peu glorieuse de l’humanité.

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musselshell
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar musselshell » 29 oct. 2008 18:42

Il y a deux types de cabotinage, même si le terme est globalement péjoratif...celui qui ne sert à rien d'autre que faire un numéro, et celui qui sert un propos. James Stewart, avec Gus Mc Cabe, cree quelque chose de radicalement différent...mais qui à mes yeux est aussi porteur de sens, de densité, de chair, que ce qu'avait fait Wayne dans the Searchers avec Ethan Edwards. Le hiératisme en moins, car c'est James Stewart. Le propos ? Illustrer l'amertume, le dégout montant de John Ford pour un monde utilitariste, hypocrite...au bout du compte impuissant devant le cours des choses, qui sont ce qu'elles sont, en dépit du cynisme mercantile, des préjugés...ou des bons sentiments. Gus Mc Cabe est presque littéralement un "révélateur", endossant à lui tout seul et le cynisme interessé et la conscience de la douleur du monde. Tout çà en étant drôle, oui, mais d'une drôlerie qui dit, en creux ou directement, l'invraisemblable mélange de faiblesse, d'égoisme, puis le contraire, qui constitue n'importe quel humain. Il est le seul personnage LUCIDE du film...et c'est comme si la lucidité devait ici faire parfois, souvent, rire...car sinon elle prêtera bien vite à pleurer.Et mine de rien, Stewart compose dans ce film mineur (admettons...mais rien n'est si sûr) un des caractères les plus attachants du genre tout entier. Moi aussi, quand j'entends la musique du générique, il se passe quelque chose...quelque chose qui me "ravit" (qui m'emmène), dans une aura poétique qui est celle du temps, inéluctable, qui passe là dans cette petite ville poussiéreuse...et cette musique prend de plus en plus de sens à chaque fois que je revois le film (bon rythme, une fois par an): c'est fort, de savoir mêler nostalgie et cynisme. La musique se charge de la première, le film du second...Mais l'humanité de Jimmy Stewart fait le lien, entre autres...mais quel lien.
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

Jean-Louis
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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar Jean-Louis » 30 oct. 2008 10:32

Difficile de passer derrière ces analyses, mais bon j'y vais.

J'ai relu le livre de Will Cook, sa traduction française éditée chez Dupuis.

L'adaptation est relativement fidèle à la trame du roman.
La différence notable est que le personnage principal en est le Lt Jim Gary et non Guthrie McCabe.
Tout deux sont beaucoup plus jeunes : 26/27 ans pour Gary, 34 ans pour McCabe.
Le chef des Comanches n'est pas Quanah Parker mais un inconnu : Main d'Acier, Veau de pierre
(ah ces traductions des noms en français) est son propre frère.
Dans le roman la captive, épouse de Veau de pierre, est beaucoup plus conventionnellement
une fille d'officier, fiancée à un lieutenant.

Les péripéties sont les mêmes, l'appât du gain de MacCabe, la droiture de Gary.
La poursuite de Veau de pierre, le meurtre de Mme McCandless par le jeune aussitôt
lynché.

La fin est différente, si la jeune fille (Jane dans le roman, Marthy dans le film) jette son dévolu sur le Lt Jim Gary.
Il n'y a pas de Happy End entre MacCabe et la captive, elle repart rapidement dans l'est,
lui va s'employer à reconquérir son poste de shériff...

On voit bien la volonté de servir un rôle en or à James Stewart.
Que la captive devienne une mexicaine enrichi son personnage.
Le fait que Veau de pierre ne soit plus son frère, mais un rival potentiel montre combien le chef relachant la captive est calculateur.

J'en reviens à mon propos initial, Les deux cavaliers est d'un abord difficile, mais à la reflexion on y découvre beaucoup de richesses.

Je suis persuadé que l'ensemble des interventions ont contribué à mieux l'apprécier.

...ça c'est mon Pari :lol: :lol: :lol:

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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar major dundee » 22 févr. 2017 18:12

Revu hier soir, comme à chaque fois légèrement mal à l'aise au début , avec l'humour un peu lourdingue par moment de John Ford,mais dès l'arrivée au fort et la rencontre avec les familles le film s'arrange nettement; bien content de retrouver toute une galerie d'acteurs fidèles à John Ford, beaucoup d'acteurs déjà vus dans "The searchers", Woody Strode également...qui réussi a etre crédible en Comanche (!), en fait un casting impressionnant, les seconds roles sont presque mieux répartis que pour les deux vedettes (je pense surtout à James Stewart, est ce son numéro du début qui le discrédite un peu pour la suite du film ?...Widmark impeccable comme souvent...).
En fait c'est une histoire tragique, je ne comprends pas pourquoi les deux acolytes accèdent à la demande de la vieille femme (la femme du pasteur) et de la jeune fille (la petite Suédoise) de rester chez les Comanches...la responsabilité de Widmark (militaire ici) devrait etre de les ramener -meme contre leur gré- vers le monde des blancs, quoi qu'il puisse leur arriver par la suite...bizarre leur attitude, d'autant plus qu'ils prennent moins de gants avec le jeune Running Wolf , véritable danger public...donc beaucoup de légèreté de la part de nos deux compères , ce qui provoque pour finir un drame, cela n'empèche pas John Ford de rebasculer vers la fin dans la comédie du début.
Un bon film quand meme, mais à chaque vision je me dis qu'il aurait mérité d'etre réalisé aussi rigoureusement que "The searchers" ou d'autres films de Ford.

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Re: Les deux cavaliers - Two rode together - 1961 - John Ford

Messagepar major dundee » 22 févr. 2017 18:17

Je remonte dans le temps et je découvre des commentaires pertinents sur le film...des avis globalement positifs .

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