Pat Garrett & Billy the Kid - 1973 - Sam Peckinpah

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Jean-Louis
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Re: Pat Garrett & Billy the Kid - 1973 - Sam Peckinpah

Messagepar Jean-Louis » 21 mars 2008 15:21

Pike BISHOP a écrit :La dernière frontière.. Ce rêve qui ne se réalise pas, un autre colon semble l'effectuer sur son radeau avec sa harde...Dans la recherche d'une terre vierge
ou à quelque indien, mexicain ou autre pauvre hère qu'il pourra dégommer.. Son tir sur les bouteilles montre sa détermination et ce qu'il fera quand il aura
"sa" terre..Dès que PAT empiète sur son territoire mouvant en participant à son jeu de tir, il le flingue...réaction de tout propriétaire américain chez qui on
met les pieds..réaction d'un représentant d'un futur monde où l' hospitalité n'aura plus cours.


Le type sur le radeau me donne l'impression de fuir, il me semble être un looser...
sur son radeau il ne part pas vers une quelconque conquête, il descend le courrant. Il ne domine plus rien, il tire sur des bouteilles vides, des cadavres, qu'il rate.

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Re: Pat Garrett & Billy the Kid - 1973 - Sam Peckinpah

Messagepar Pike BISHOP » 21 mars 2008 15:52

peut-être, oui... Il arrive avec sa smala à un moment où il n'y a plus rien à trouver...
La destinée manifeste est terminée... les futurs états seront au delà de l'océan, Hawaii et l'Alaska...
peut-être pour cela l'eau.. ou le type n'a que ce moyen.. plus de chevaux ou de fourgon..
mais s'il était si pauvre.. il ne gaspillerait pas ses balles... (?)
If they move, kill'em !!

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Re: Pat Garrett & Billy the Kid - 1973 - Sam Peckinpah

Messagepar Pike BISHOP » 31 mars 2008 14:11

Fin de dissection ?
On pourra noter les analogies entre Sam PECKINPAH et sa situation personnelle et vis à vis des studios
et PAT GARRETT. à croire que Sam se soit reconnu en lui ou ait voulu tracer son portrait consciemment
ou inconsciemment...
Les deux boivent comme des trous, on une situation matrimoniale catastrophique. Ils se défoulent avec
des prostituées et n'hésitent pas à être violents..
Le mal vivre de SAM qui tournera en paranoïa et en délires éthyliques qui provoqueront ses crises cardiaques
finales, n'est pas loin de l'aigreur et de la phobie de PAT pour ses semblables (début en N et B, rajouté dans
la version Turner, où PAT déverse sa bile sur ses locataires avant de se faire liquider)..
Pour produire, pour exister SAM a dû composer avec les studios avec les producteurs qu'il hait.. et qui vont
massacrer son oeuvre..Il en est conscient, il se trahit lui-même.. Peut-être envie-t-il quelque cinéaste libre
affranchi de contingences matérielles et de reconnaissance publique.. Cette position fausse en dehors et
à l'intérieur du système aura raison de lui, de sa santé physique et mentale.
PAT pour vieillir avec le siècle va se mettre au service de gens qu'il abhorre, mais qui ont le pouvoir.. Pour exister
pour être reconnu, pour dominer ceux qu'il considère comme inférieurs, il lui faut tuer l'électron libre, celui qui
pour exister n'a pas besoin de faire de compromissions..PAT aussi veut être d'un coté et de l'autre de la barrière
Il aura la "gloire" d'avoir abattu le KID, mais en se reniant lui-même, en se détestant tellement qu'il finit par
détester l'humanité.. Sa fin, liquidé par les "gros" les capitalistes, les producteurs, est celle d'un vieil aigri...
If they move, kill'em !!

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musselshell
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Re: Pat Garrett & Billy the Kid - 1973 - Sam Peckinpah

Messagepar musselshell » 31 mars 2008 16:44

Pike BISHOP a écrit :Fin de dissection ?
On pourra noter les analogies entre Sam PECKINPAH et sa situation personnelle et vis à vis des studios
et PAT GARRETT. à croire que Sam se soit reconnu en lui ou ait voulu tracer son portrait consciemment
ou inconsciemment...
Les deux boivent comme des trous, on une situation matrimoniale catastrophique. Ils se défoulent avec
des prostituées et n'hésitent pas à être violents..
Le mal vivre de SAM qui tournera en paranoïa et en délires éthyliques qui provoqueront ses crises cardiaques
finales, n'est pas loin de l'aigreur et de la phobie de PAT pour ses semblables (début en N et B, rajouté dans
la version Turner, où PAT déverse sa bile sur ses locataires avant de se faire liquider)..
Pour produire, pour exister SAM a dû composer avec les studios avec les producteurs qu'il hait.. et qui vont
massacrer son oeuvre..Il en est conscient, il se trahit lui-même.. Peut-être envie-t-il quelque cinéaste libre
affranchi de contingences matérielles et de reconnaissance publique.. Cette position fausse en dehors et
à l'intérieur du système aura raison de lui, de sa santé physique et mentale.
PAT pour vieillir avec le siècle va se mettre au service de gens qu'il abhorre, mais qui ont le pouvoir.. Pour exister
pour être reconnu, pour dominer ceux qu'il considère comme inférieurs, il lui faut tuer l'électron libre, celui qui
pour exister n'a pas besoin de faire de compromissions..PAT aussi veut être d'un coté et de l'autre de la barrière
Il aura la "gloire" d'avoir abattu le KID, mais en se reniant lui-même, en se détestant tellement qu'il finit par
détester l'humanité.. Sa fin, liquidé par les "gros" les capitalistes, les producteurs, est celle d'un vieil aigri...


Tres juste tout çà. On peut même considérer que le parallèle filmo/situation professionnelle et personnelle du cinéaste se poursuivra dans Bring me the Head of Alfredo Garcia et the Osterman Weekend. Le premier (beaucoup trop méconnu, un des deux ou trois meilleurs films de Peckinpah) traite presque littéralement de la folie, de la haine sans exutoire possible...le second de la manipulation des images. Force est de constater que l'aigreur n'a pas anéanti les capacités créatives du cinéaste...bien quelle ait fini par les nourrir!
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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PECKINPAH
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Re: Pat Garrett & Billy the Kid - 1973 - Sam Peckinpah

Messagepar PECKINPAH » 28 août 2011 20:07

J'ai vu ce très beau film il y a peu.
Pour moi c'est un hymne à la liberté. Billy et ses companeros, ne sont pas sans rappeller les communautés de hippies qui se foutaient des règles à l'époque de la sortie du film (Quans Billy s'échappe de la pendaison il retourne dans son groupe et chasse son pote de son lit pour récupérer sa favorite. tout cela sans s'énerver). Dans sa bande, il y a aussi Alias (Bob Dylan chantre du mouvement anti guerre du Vietnam)
en effet on aborde un changement d'époque. Garrett qui jadis fut l'ami et le compère de Billy a décidé de grandir et de survivre à cette époque de liberté, de vie au jour le jour; Il veut fonder un ménage, et devenir respectable.
Pour cela il doit tuer son passé, et Billy qui en fait partie. Il se tue en partie en faisant cela, c'est ce que suggère la scène où Pat après avoir tué son vieil ami, tire dans le miroir et laisse apparaitre son reflet brisé.

Ce film restera pour moi parmi les meilleurs, même s'il est le reflet d'une époque. Il est le reflet d'une époque de liberté qui doit laisser la place à une autre. D'où un côté nostalgique renforcé par la magnifique ballade "knocking on the evil's door", composée par Dylan pour l'occasion.

Amen mes bien chers frères.
"Quand on tire, on raconte pas sa vie..."

Hannie Caulder
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Re: Pat Garrett & Billy the Kid - 1973 - Sam Peckinpah

Messagepar Hannie Caulder » 09 mars 2014 14:41

Moi je vois dans ce film l'illustration de deux hommes confrontés à un monde en changement. L'un refuse d'adhérer à ce changement (Billy), l'autre (Pat) tente de s'y faire, thème déjà abordé dans Coups de feu dans la Sierra.

Pour être franc, j'ai bien aimé ce western, mais je n'irais pas jusqu'à le qualifier de chef d'oeuvre. Je dirais qu'il lui manque quelque chose pour intégrer ce rang. Je sais pas, peut-être plus d'émotions, d'action, un vrai souffle... J'en sais rien. En tout cas, je me suis quand assez ennuyé avec les longueurs que contient le film.
Ah oui, au fait, j'espère ne pas être le seul à ne pas avoir aimé les musiques de Bob Dylan dans ce film. Non, je crois que Tavernier lui aussi partageait le même avis là-dessus.
"Quand on tire on raconte pas sa vie"



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