mortimer a écrit:Par ailleurs j'en profite pour compléter la réponse de Carcasse par focale on désigne aussi au cinéma l'angle sous lequel est filmé une scène ici la focalisation est interne c'est à dire que l'angle sous lequel est vu le film est celui de Gian Maria Volonté.
Oui et non mortimer : il convient vraiment de différencier "focale" et "focalisation" ; comme en littérature,d'ailleurs !
musselshell a écrit:Ce qui me gêne dans le film relève moins de ses éventuelles maladresses techniques (un navet peut en être totalement dépourvu) que de la trop grande prégnance du cliché...et ici la conscience du cliché relève autant du jeu de certains acteurs que de ce que leur impose l'histoire (la parabole!)...Je m'explique (mal, mais ça fait rien): Thomas Milan est celui qui "clichérise" le plus, à la fois parangon de virilité, beau ténébreux (beau dans la souffrance...l'extraction de la balle...), et, surtout, assez "absent" dans son jeu pour mal laisser percevoir sa prise de conscience, son évolution (ça se limite souvent à un regard, un haussement de sourcils interrogatif). G.M. Volonte est fidèle à lui même, on voit comment il change, hésite entre dégoût et fascination...et à mon avis l'acteur est là plus prégnant encore que la mise en scène. Berger est de toute évidence l'acteur qui colle le plus à un personnage de western: une densité qui n'en rajoute pas, tranquille et sûre (je le dis: le Ricain de l'affaire)...
Ce qui m'a finalement séduit dans ce film, c'est que, paradoxalement, les clichés ne nuisent pas à un certain souffle, pas un souffle "westernien", au sens le plus exigeant du terme (je ne me sens pas d'ans l'Ouest), plutôt celui issu d'une démonstration...parfois un peu carrée, un peu maladroite, mais au bout du compte réussie.
Assez d'accord dans l'ensemble, sauf que j'ai eu du mal a accepter le jeu de Volonte qui, je trouve, en faisait trop au début : il a fallu que je voie deux fois le film pour admettre que "la bête" était déjà présente, comme larvée (le vol de la photo, par exemple !)...
J'ai, par contre, beaucoup apprécié le rôle de Milan, dont on sent le côté quasi-animal, à l'instar d'un Mature dans "the Last frontier". Son sentiment de justice, qui est d'ailleurs présent tout au long du film, est purement instinctif comme ses codes : il ne met jamais en danger sa fraterie, refuse la fille qu'il considère trop jeune, il est prêt à risquer sa vie pour sauver ses amis, à sacrifier sa vie plutôt que de trahir, etc. Son évolution se fera de l'instinct vers le ressenti plutôt que le réfléchi. Trahi, pas lui mais les siens, par celui qu'il voulait délivrer, il trouvera en Sirringo, un autre lui-même : quelqu'un qui agit selon ses codes (voir le duel devant la banque)...
Beauregard n'aurait jamais abandonné le second chariot au main des poursuivants : il n'est pas pragmatique. Il cherche à survivre, mais cherche avant tout à protéger sa horde. Volonte n'est qu'un sur-ego enfin révélé...
J'avoue que les quelques clichés, même s'ils auraient pu être évités, ne nuisent pas à l'intérêt de ce film politico-social plutôt intéressant.
J'aimerais bien le revoir en VOST...