Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Analyses en profondeur de westerns avec débats, documents, ...
> A l'affiche : La Rivière sans retour
Voir tous les films de la rubrique
(anciennement 'Westerns Disséqués')
Règles du forum
Règles
> Respectez les opinions des autres...
> L'objectif est de débattre, discuter, et non de dire un en une ligne "j'aime", "je déteste".

Voir tous les films de la rubrique
Avatar du membre
Cole Armin
Maire
Messages : 6580
Localisation : Albuquerque
Contact :

Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar Cole Armin » 01 oct. 2011 10:05

Attention, les SPOILER sont autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.
Pour ceux qui n'auraient pas vu le film, merci de vous référer à ce topic : http://www.westernmovies.fr/forum/viewtopic.php?t=486

Que le débat commence!
"Attends d'être aussi vieux que moi pour parler comme moi"
Walter Brennan dans La Rivière rouge

Discutez cinéma!

Avatar du membre
chip
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 6247

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar chip » 01 oct. 2011 11:00

Je ne suis pas comme chacun sait, un mordu de cette rubrique, qu'il m'arrive de lire (parfois) . Pour " Johnny Guitar", qui est pour moi, le plus beau film de l'histoire du cinéma, un western magique, rêvé, la moindre critique négative m'indispose, mon admiration pour le chef-d'oeuvre de Nicholas Ray est sans doute excessive. On peut, bien sûr, ne pas l'aimer et le dire, mais j'ai du mal à comprendre, et n'en doutons pas, il aura ici des détracteurs, que je ne lirai peut-être pas...
En ce qui concerne l'illustration, ma doc sur le film est conséquente, mais je crois que les documents sur le site suffisent . En ce qui concerne les dvd du film, le plus récent est , à mon avis de meilleure qualité, que celui des éditions Montparnasse , et le générique est l'original.

Avatar du membre
ROY ROGERS
Dernier des Mohicans
Dernier des Mohicans
Messages : 489
Localisation : libourne (entre st Emilion, Pomerol, Fronsac)

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar ROY ROGERS » 01 oct. 2011 12:09

Je suis venu à ce film grace à S. LEONE. Passionné comme bcp à l'époque par ses films, et la b.o. de Morricone , j'avais trouvé un vynil "les meilleures musiques de western" avec la part belle au sus-nommé mais avec entre autre " 100 $ pour unn shérif" " et "JOHNNY GUITAR" avec qui j'ai passé des heures avec mon harmonica. Donc quand ce film s'est présenté...... j'aime bcp dans les films ce concept de "l'homme à l'instrument" tout juste bon à jouer de son crin-crin et qui en fait est un homme de toute autre nature.
ceci dit, si on veut voir 2 furies "s'étriper"....... les 2 actrices sont extraordinaires, surtout la méchante. Malgré ce titre plutôt sympatique, je trouve ce western assez âpre, plein de haine, de jalousie, de violence..... très humain dans ses mauvais cotés. je lui mettrais 7/20...................
:D :D :D :D :D :D :D :wink: ne t'étrangle pas CHIP..... j'te taquine ! :lol: :wink:
dit "ROBERT"

limpyChris
Séminole
Séminole
Messages : 1637

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar limpyChris » 01 oct. 2011 13:27

Et c'est bien Pierre MORIN qui double ici encore ce vieux Ward BOND, comme dans "La Prisonnière ..." (Je vous avais dit que je le ferais ... :num13)
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

limpyChris
Séminole
Séminole
Messages : 1637

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar limpyChris » 01 oct. 2011 15:24

Bon, trêve de plaisanterie ... J'avais pensé ne poster que la phrase précédente, comme promis sur le fil d'une autre discussion ... mais j'ai quand même revu le film, dans les deux versions ... et n'ai pu m'empêcher de prendre quelques notes, relever quelques citations ... et j'ai déjà "reperdu" provisoirement (misplaced) ce foutu papier ...
En vrac donc, pour le moment :
- Époustouflé par le choix des couleurs de la garde-robe tout d'abord (c'est ce qui m'est apparu dès le début, et confirmé tout du long ... avec ces dégradés de rouge, d'ocre, de brun, dans la première partie, rappelant les couleurs des roches et de la poussière : des chapeaux aux chemises et aux vestes, jusqu'au jaune pâle du jeune Turkey, puis les touches de vert de la cravate de Vienna à la chemise du Dancing Kid, à la tenue d'Emma, aux drapés des tables de jeux et visières des croupiers. Seuls les deux dégingandés de John Carradine et Royal Dano portant du bleu (pâle pour le premier, foncé pour le second), dans des rôles similaires de 'fidèles', l'un à Vienna, l'autre au Dancing Kid ; Vienna et ses chemis(i)e(r)s aux couleurs vives (bleu-nuit, rouge ou jaune), Vienna dans sa robe immaculée, même après avoir soutenu Turkey sanguinolent, assise au piano, se détachant sur les roches rouges apparentes du fond de la salle, la composition du posse, tous de noir (et blanc des chemises) vêtus, puisque portant encore leurs costumes d'enterrement, au bord de la rivière, entouré(s) de vert tendre et de rais de soleil ...
- Pourquoi le titre "Johnny Guitar" ... et pas "Vienna's quelque chose", "Two Women" ... ? Rare de voir une femme au caractère 'fort' dans un western (non ? à part Barbara S.) ... et ici, on en a deux.
- Après l'arrivée, l'entrée de Johnny dans le 'saloon' (et hormis quelques secondes de bagarre avec Borgnine), une quarantaine de minutes de huis-clos.
- Une tension (amoureuse) qui ne se relâche quasiment jamais, y compris la conversation de retrouvailles entre Johnny et Vienna, sous (sur)-tendue par le lancinant thème musical.
- Emma, souvent 'photographiée' de dos ou dont les dialogues sont dits en off (avec Vienna, lorsqu'ils quittent le 'saloon' pour la première fois : Emma est de dos, se retourne, on aperçoit à peine son visage, et ses répliques sont dites alors que la caméra s'est tournée, et restera sur Vienna pendant tout l'échange ; fin du dialogue, la caméra fait un contre-champ sur Emma ... qui s'est déjà retournée) ; de dos également à la rivière, lorsqu'ils vont se remettre en selle, et bien sûr, 1) 'cachée' par les (identifiée aux) flammes du lustre qu'elle vient d'abattre (et du feu qui la consume), puis Emma debout, les doigts crispés, qui m'a évoqué à la fois la jouissance et une célèbre photo de "Nosfératu le Vampire". et 2) reculant pour profiter du spectacle du saloon en feu, qui amène à ce gros plan du visage dément ...

Contrairement à ce que dit chip, je crois qu'il sera difficile de trouver ici aussi des détracteurs ... des pinailleurs, peut-être, mais c'est ça qui fait le 'fun' de la rubrique ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

limpyChris
Séminole
Séminole
Messages : 1637

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar limpyChris » 01 oct. 2011 16:09

Encore un truc qui me revient : Je m'étais dit en les voyant "Tiens, quelques restes de vieux serials" (la cachette derrière la chute d'eau, la mine dans laquelle Johnny et Vienna se cachent et où elle se change, par exemple ...) ... ?
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

Avatar du membre
ROY ROGERS
Dernier des Mohicans
Dernier des Mohicans
Messages : 489
Localisation : libourne (entre st Emilion, Pomerol, Fronsac)

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar ROY ROGERS » 01 oct. 2011 19:52

je pense que dans les western, celui-ci tient une place majeure, preuve en est les post précédents. Comme tjrs cette rubrique me permet de redécouvrir pas mal de western (je l'ai déjà dit, je sais...et je ne radote pas) sur lequel je n'ai pas forcément accordé toute l'attention qu'il méritait. Mais Stevens m'a mis la puce à l'oreille, tant l'émotion transparait dans son post. (tu as bien fait de le faire pour une fois), et dans l'univers plutôt matchiste du genre, les femmes n'ont pas tjrs la vedette à quques exceptions près. MAIS TJRS des femmes hors du commun (quarante tueurs, Convoi de femmes !....entre autres)...... :sm80:
dit "ROBERT"

Avatar du membre
gilson
Chasseur de primes
Chasseur de primes
Messages : 340

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar gilson » 02 oct. 2011 11:58

Limpy insiste très justement sur les couleurs et la gestuelle (le dos d’Emma), et il met aussi l’accent sur quelque chose qui ne m’avait pas frappé : la tension constante dans l’intrigue amoureuse. Deux mots là-dessus :
1) On n’insiste peut-être pas assez, en effet, sur le fameux « langage du corps ». Mussel a plusieurs fois cité le bouquin « la Politique des Acteurs », je crois, qui souligne, paraît-il, ce que nous dit le corps de tel ou tel grand acteur, indépendamment de son jeu et de son personnage (trois langues, donc*). Un souvenir, pour tous les membres du forum : la posture accablée, voûtée, inquiète, constamment expectative, du personnage de Johnny Ringo dans « the Gunfighter ». Personnellement, je n’ai pas vu cette attitude d’Emma ; j’en suis resté à une impression très originale (je veux dire que ce personnage produit peut-être une qualité d’impression très particulière chez le spectateur), mais que j’ai du mal à préciser. Il ne suffit pas de dire que les hystériques ne courent pas les westerns. Non : la gestuelle relevée par Limpy joue, possible, probable, sûrement, pour beaucoup.
2) Sur la tension, la réussite éclatante de la première demi-heure en huis-clos (ou un peu plus) du film tient peut-être à ceci qu’on assiste à une incessante et très graduelle progression, à très petites gorgées, une fascinante montée en tension résolue de façon tendre, chaleureuse, réussissant à créer une véritable émotion, sans doute en partie à cause du contrepoids de la musique et de la danse.

J’arrête ici. Non : jolies suggestions sur les aspects plus convenus de la suite. Puis-je ajouter que ce n’est pas cela qui m’a gêné dans ce film ?

*trois langues, j’insiste, alors qu’on réduit souvent le phénomène, quand on en parle. Mais on le fait aussi dans la vie ordinaire : tout émet des signes, chez chacun d’entre nous : vêtements, attitude, intonation, vocabulaire, etc. Evidences.
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"

Avatar du membre
Lou
Dernier des Mohicans
Dernier des Mohicans
Messages : 491
Localisation : Montagnes suisses
Contact :

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar Lou » 02 oct. 2011 13:30

Ce film fait partie des "très bons" westerns pour moi mais je ne l'ai pas revu depuis ... pas mal de temps ! Un "must have" classique à se procurer si on ne le connait pas en tout cas.
So ride, boldly ride to the end of the rainbow ...Ride, boldly ride till you find Eldorado!
http://youtu.be/gdtrGhQ6dwk El Dorado H. Hawks 1966

http://buck-jones.blogspot.com
http://allan-lane.blogspot.com/
http://western-mood.blogspot.com/

limpyChris
Séminole
Séminole
Messages : 1637

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar limpyChris » 02 oct. 2011 14:33

Non seulement on va t'autoriser à dire que ça n'est pas cela qui t'a gêné dans ce film, Gilson, mais on va même te demander de développer ... Comme de toute façon, chip a dit qu'il ne lisait que peu cette rubrique qui ne l'intéresse pas, et qu'il ne lira pas les posts qui risqueraient d'émettre des réticences qui risqueraient de l'indisposer, pour les autres, je pense qu'on pourra tenir le choc : tiens, moi par exemple, Tepepa a voulu me faire croire que "La Prisonnière ..." n'était pas un chef d'oeuvre, j'ai appelé à des critiques constructives qui puissent m'amener à reconsidérer mon jugement, "y en a (quelques uns) qui ont essayé", ils ont fait ce qu'ils ont pu, mais rien n'y a fait ... N'ai pas été convaincu par les arguments, mais j'espérais qu'ils m'apporteraient un angle de vue différent ...
Alors, balise peut-être le début de ton intervention d'un avertissement à chip, mais vas-y, Bon Diou ! Tous les points de vue sont enrichissants, on les lit, après, on réfléchit, et on garde ou on jette, mais au moins, on aura ouvert une fenêtre.
En revoyant "Johnny Guitar", certains éléments m'ont fait penser à "Rancho Notorious", la femme forte et fatale, le repaire des mauvais garçons, les décors peints (il y en a moins dans "Johnny ..." que dans "Rancho ..."), les couleurs, peut-être, et un ou deux autres ... Ai donc revu "Rancho ..." dans la foulée ... Et non, faut pas trop essayer de faire des parallèles -sauf les bars, peut-être- ...
(Et y a même un fichu long plan sur un corniaud de chien à la Tepepa, pour nous montrer qu'y a plus un chat en ville.)
Le seul moment de calme, de plénitude (grrr, le bon mot me fait défaut !!) que j'avais noté est l'après 'climax', le lendemain des retrouvailles entre Johnny et Vienna, montant dans le buggy avant de se rendre en ville, avec commentaire du Rosencrantz local. (ici non plus, le parallèle n'est pas bon, mais, bon, ça m'est venu spontanément, alors je le garde.)
Touchante, d'ailleurs, la mort de Tom, qui se croyait transparent : "Look ! Everybody's looking at me ... it's the first time I ever felt important" (ça y est, j'ai retrouvé ma feuille !)
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

limpyChris
Séminole
Séminole
Messages : 1637

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar limpyChris » 02 oct. 2011 15:46

Vienna : "A man can lie, steal and even kill, but as long as he hangs onto his pride, he's still a man. All a woman has to do is slip once, and she's a tramp."
"I'm not ashamed of how I got what I have."

"I intend to be buried here ... in the twentieth century." Bon sang, mais c'est vrai ! Une réplique qui a été pour moi comme l'apparition d'une automobile dans "Butch Cassidy ..." ou "Tom Horn" ...

Le Dancing Kid, se rendant compte qu'il y a une connivence entre Vienna et Johnny : "What's going on with you two ?"

Bond, au shérif : "If they don't pull out, I suggest you go fishing till it's all over." (et c'est effectivement ce que l'on voit le shérif faire dans deux-trois westerns (et peut-être bien plus ... une liste ... ?)
à Emma : "You've got five years of mad in you !"

La description d'un 'posse' par Johnny : Same people who paid you a visit yesterday ... Only they won't be the same. [déjà qu'i' z'étaient pas très amicaux la veille ...] A posse isn't people. I've ridden with them and I've ridden against them. [Ce qui nous éclaire un peu sur Johnny Logan, sans en dire trop. A donc été des deux côtés de la loi. Nous n'en saurons pas davantage. Comme j'aime.] A posse is an animal : it moves like one and thinks like one.
- They 're men with itchy fingers and a coil of rope around their saddle horns, looking for somebody to hang, and after riding a few hours, they don't care much who they hang. You haven't told me a thing I don't know."

Dancing Kid (à propos de Turkey, croyant par cette remarque diminuer l'aura de Johnny aux yeux de Vienna) : "You couldn't have saved him, huh, Mister Logan ...
Johnny : - I had to make a choice."

à Vienna : "How did it feel with that rope around your neck, Vienna ?
- Try it some time."

Johnny : "I never shake hands with a left-handed draw.
Dancing Kid : - Smart fellow.
Johnny : - That's how I keep alive."

Et tout le dialogue de 'reprise de contact' entre Vienna et Johnny, tranchant comme le silex.


Et, pour nous qui aimons relever des détails, pas vrai, Tepepa ? : la manière dont, et la rapidité avec laquelle Johnny rattrape, au saloon, le verre qui tombait du bar, rappelant, (de manière inversée, peut-être ?), le mouvement pour dégainer, 'trahissant', annonçant, pré ... (là encore, le mot me manque ... 'préfigurant' peut-être ...) son habileté au revolver.
Un autre ? Le plan sur le chapeau de femme d'Emma, entouré du crêpe de deuil, tombant dans la poussière ...

Jusque là, ça va ... ? Si je n'ai rien apporté de bien neuf, au moins, je n'ai pas égratigné la statue du Commandeur.
From now on, yè bé bous lire abec plaissir, compadres ! :sm32:
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

Avatar du membre
gilson
Chasseur de primes
Chasseur de primes
Messages : 340

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar gilson » 02 oct. 2011 16:26

Comme je pense être un des rares causeurs pas vraiment enthousiastes, Limpy, je préfère revoir le film avant d’en dire trop de choses trop facilement critiquables. Juste une notation, pour l’instant.

Elle concerne Joan CRAWFORD, qui est peut-être à l’origine de ma perplexité sur ce film. Cette actrice m’a toujours terrorisé, sauf quand elle était bien plus jeune. J’exagère, bien sûr, mais il y a de cela. Je me demande si le choix de JC pour le rôle de Vienna est vraiment judicieux. Il faut une femme forte, et JC est excellente dans ces moments. D’accord. Mais la transformation en femme amoureuse me laisse vraiment dubitatif. Maintenant, on peut soutenir que les deux personnages féminins ont, exprès, un caractère excessif, presque inquiétant. On le conçoit sans peine pour Emma. Mais pour Vienna ? Je peux le dire autrement : il faut l’immense présence physique* de St HAYDEN pour faire de son personnage autre chose qu’un nunuche nounours, face à elle. Trop forte, Joan. Elle crée du déséquilibre. Je mets cela aux voix, pour commencer.

*et, soyons juste, deux scènes viriles mais pas vraiment impressionnantes.

PS: j'envoie cela avant de lire le message de Limpy, que je découvre
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"

Avatar du membre
Pike BISHOP
Westerner
Westerner
Messages : 2680
Localisation : Aquaverde

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar Pike BISHOP » 02 oct. 2011 20:49

Avant que je réalise que tous les rôles sont inversés dans ce western, les femmes se comportant comme des hommes
et les hommes comme des femmes...Etonnants hommes objets..HAYDEN et BRADY...Jalousie amoureuse de BORGNINE
joliesse de demoiselle et faiblesse de BEN COOPER..Ne parlons pas encore des femmes, on y reviendra, mais la seule
grosse touche langoureuse de feminité est la voix de PEGGY LEE...Mais sans doute après la dernière douche purificatrice
VIENNA retrouvera toute sa féminité ( c'était déjà bien en route dans le film)...
Non, ce qui m'a d'abord frappé, c'est la fluidité, le naturel, la perfection des séquences ...de présentation..
des lieux, des personnages, il y a un enchainement de séquences d'un naturel rare et qui mettent en place tout
l'écheveau du film...C'est du grand art..Le cavalier solitaire, sa guitare dans le dos..Les explosions sur la passe
il est témoin d'une attaque de diligence..puis le "palace" de VIENNA...si solitaire, si déserté avec ses croupiers
inoccupés...Puis les intrusions..La bande du DANCING KID...Puis les "braves" citoyens d'EMMA avec le cadavre
de son frère tué lors de l'attaque vue par JOHNNY...La musique, la danse semi-forcée, semi désirée..
et peit à petit tout se révèle des passions , des haines, des frustrations, des passés douloureux..
portraits des forts, des faibles, des abrutis (WARD BOND, BORGNINE)...
Une montée vers le romantisme flamboyant à tous les sens du terme...
C'est plutôt, plutôt rare dans un western voulu petit budget d'une compagnie mineure (Républic)...
Il y a à dire..Ne vous en privez pas !!
If they move, kill'em !!

Avatar du membre
yves 120
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 4621
Localisation : antibes juan les pins " capital du jazz "

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar yves 120 » 02 oct. 2011 21:24

C 'est absolument comme vient de le dire Pike que j 'ai ressenti et aimé ce Johnny Guitar , il a tout expliqué et bien vu la trame principale de ce film .
C ' est vrai ! j 'aime bien bien johnny Guitar ,le Film , mais les actrices ( les femmes dans ce film ) pas du tout c 'est pour moi l ' avillissement de la " femme " Joan Crawford , trop masculine et n 'inspire alors pas du tout l 'amour , quand à Mercedès MC Cambridge c 'est l ' horreur de l ' idée et de la représentation de la femme . et représente plutôt l 'homme dans toute sa laideur dans le film .

Bien sur c 'est voulu et réeussi , quand aux hommes , le chef étant Ward Bond et ses acolytes qui commande la troupe , joue très bien les" pucelles moralisatrice " c 'est bien ( triste à l 'âge qu 'ils ont ) et les fayots avec son troupeau , soutenu par idiotie et crainte de ( Mercedès ) la méchante frustrée .

Ceci dit johnny Guitar , est un de mes films préférés , car la magie opère , et Sterling Hayden en est grandi et s 'en sort majestueusement dans tout ce ramassis de sous hommes , a la maniere d 'un alan Ladd dans shane ou d 'un Gary Cooper dans Hig Noon , tous les trois sortent du lot .
La chanson de Peggy Lee ; magistrale
Modifié en dernier par yves 120 le 04 oct. 2011 10:18, modifié 7 fois.
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

Avatar du membre
COWBOY PAT-EL ZORRO
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 3562
Localisation : Val-de-Marne
Contact :

Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 02 oct. 2011 21:39

BONSOIR YVES!
Alors je vois qu'on lance un nouveau topic...J'aime bien Sterling HAYDEN mais j'avoue avoir été un peu déconcerté la première fois que j'ai vu ce film...Néanmoins je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il compte parmi les très bons westerns... :applaudis_6: J'en parlerai davantage après l'avoir revu cependant car ce ne fut pas le cas jusqu'ici(plus revu depuis au moins un an)!
Image



Retourner vers « Les Westerns autour du feu : débat »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 3 invités