L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

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Yosemite
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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar Yosemite » 11 mars 2012 0:13

Pike BISHOP a écrit :Je ne le pense pas...Si mes souvenirs sont bons Jubal(Ford) se confie à Felicia FARR sur son passé qui a fait de lui un fuyard, un errant...
Je crois que c'est fait exprès si ce n'est pas explicite, il règne sur le personnage une atmosphère de malheur, de destin malheureux , de
famille manquante...Son père est mort en voulant le sauver et sa mère souhaitait qu'il y reste...


Je reprends ce paragraphe de Pike que je rejoins entièrement. Naomi (Felicia Farr) en sera la première confidente dans une scène toute en contrastes.
Il s'agit de la scène où Jubal et Naomi se retrouvent au bord d'un lac, le paysage n'étant que fleurs, forêts, montagnes au loin et eau toute proche.
- Contraste des éléments naturels donc puisqu'ils y sont à peu près tous représentés.
- Contraste également dans le ton que prend soudain Jubal pour parler de lui-même. On sent des visions cauchemardesques revenir en lui alors que depuis le début du film, il nous est apparu comme un homme serein au passé assumé. A cet égard, le premier dialogue avec Pinky est assez singulier d'ailleurs.
- Contraste enfin quant à la sensation de noirceur que prend le lac situé derrière Jubal lorsqu'il parle de cet épisode douloureux de son enfance (j'ai posté au rayon "paysages" une photo de cet instant). Le joli lac de montagne vu sous un éclairage différent peut tout aussi bien devenir un abîme inquiétant.
Au cours du film il y a au moins un autre lac qui apparaîtra ainsi, en arrière plan, dans un moment de forte intensité dramatique.

En fait, c'est très inconsciemment, très subjectivement , que Daves nous remémore ce passé après que Jubal nous l'a confié. Un passé très secret (il s'étonne même d'en faire part de façon aussi ouverte à Naomi... Et là aussi, il y a un tiroir qui s'ouvre...), secret certes mais qui le hante et le tourmente.
Tout ceci pour illustrer le propos selon lequel, nous en savons peu mais largement assez pour comprendre Jubal et le suivre dans ses tourments.
En homme respectueux (de son père à l'origine, et des autres hommes par la suite) il campera un personnage épris de justice et d'honnêteté jusqu'au bout. Il se refuse à la femme qui s'offre pour ne pas trahir son ami Shep (Ernest Borgnine), il prend le parti des pèlerins et les rejoindra même sans rien plus dévoiler... Il est lui-même un pèlerin en fait. N'oublions pas la façon dont il entre en scène, à pied, sur un flanc de montagne pierreux, titubant, tombant, dévalant... A la différence avec ceux-ci, il ne parle pas de terre promise, toutefois il ne se moque pas d'eux lorsqu'ils l'évoquent, ce qui sera d'ailleurs souligné par Shem Hoktor, leur chef spirituel.

J'évoquais un peu avant sa première rencontre avec Pinky et cette évocation de l'odeur de "parasiticide" pour ovins. Il est d'ailleurs plusieurs moments où il est question d'odeurs dans ce film, c'est amusant à relever (Mae qui sent bon, Sam qui cocote...).
Un choix de Daves de titiller tous nos sens probablement...
Ce passé proche d'éleveur d'ovins que narre Jubal, ne sert à rien en fait ! Plus exactement à rien d'autre que de révéler tout de suite la haine que voue Pinky à Jubal et créer le climat de concurrence qui n'ira qu'en s'aggravant.
Il aurait très bien pu choisir une autre raison, mais en faisant appel à une odeur, la haine devient immédiate et irrépressible. Un histoire de phéromone qui ne fait que préfigurer la jalousie qui suivra.
Ce passé ne sert donc à rien mais du détail le plus insignifiant de celui-ci, cette odeur, naît cette irrépressible jalousie.

Un western profond comme les lacs de montagnes qu'il nous donne à voir...
Yo.

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar lasbugas » 11 mars 2012 16:29

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar Yosemite » 14 mars 2012 17:25

chip a écrit :tout ça ,me donne envie de revoir " Jubal",malgré mon aversion pour Steiger comédien au jeu outré:applaudis_6:


Dans ce film-là, j'ai trouvé Rod Steiger vraiment très bien et très à son aise. Le côté antipathique du personnage ne lui semble pas difficile à adopter :num1 , mais j'ai trouvé que cette façon "outrée" de jouer, pour rependre ton expression que je trouve fort juste, non seulement lui convient, mais qu'il en est fait un usage déterminant.
Ceci est tout particulièrement vrai lorsque Pinky fait office de tribun pour rameuter du monde et dresser les groupes d'hommes contre les pèlerins et plus encore contre Jubal.
Sa déambulation lourdaude et son phrasé haut perché le rendent inélégant et désagréable et, pour autant, cet aspect du personnage est tellement assumé par lui-même qu'il n'en devient bizarrement que plus attractif. Désagréablement certes, mais paradoxalement il se dégage de lui un véritable meneur.
Du coup, les scènes de suivisme à son égard deviennent parfaitement crédibles et d'autant plus prenantes pour le spectateur qui a (je pense) pris parti pour Jube et donc qui s'inquiète de son devenir :( .
Bien entendu, l'utilisation du contraste avec un beau et doux Glenn Ford joue à plein. D'un côté un Jubal aimé par les femmes (et par les hommes également pour peu qu'ils n'entrent pas en concurrence avec lui, ce qui est le cas de Shep), de l'autre un vil individu qui se rend coupable de viol.
L'intensité dramatique du film trouve largement sa source dans ce contraste, cependant si Pinky n'avait été qu'un vulgaire pataud c'eût rendu son personnage moins crédible. Pinky est un bon orateur, il bénéficie de l'estime de son patron en tant que vacher, tout a été mis en œuvre pour lui donner de l'épaisseur et le rendre crédible pour lui confier le soin de mener les hommes et donc de déployer la dramaturgie du film après la mort de Shep. En quelque sorte et à sa façon, il prend la place du chef qui vient de mourir, place dont il estime qu’elle lui revient de droit.
C’est aussi pour cela, qu’il fallait que ce brave Shep disparaisse (pour proposer une réponse au message de Juh posté en 2009 dans cette discussion).
Yo.

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar Fabbordelais » 14 mars 2012 23:02

Yosemite a écrit :
chip a écrit :tout ça ,me donne envie de revoir " Jubal",malgré mon aversion pour Steiger comédien au jeu outré:applaudis_6:


Dans ce film-là, j'ai trouvé Rod Steiger vraiment très bien et très à son aise. Le côté antipathique du personnage ne lui semble pas difficile à adopter :num1 , mais j'ai trouvé que cette façon "outrée" de jouer, pour rependre ton expression que je trouve fort juste, non seulement lui convient, mais qu'il en est fait un usage déterminant.
Ceci est tout particulièrement vrai lorsque Pinky fait office de tribun pour rameuter du monde et dresser les groupes d'hommes contre les pèlerins et plus encore contre Jubal.
Sa déambulation lourdaude et son phrasé haut perché le rendent inélégant et désagréable et, pour autant, cet aspect du personnage est tellement assumé par lui-même qu'il n'en devient bizarrement que plus attractif. Désagréablement certes, mais paradoxalement il se dégage de lui un véritable meneur.
Du coup, les scènes de suivisme à son égard deviennent parfaitement crédibles et d'autant plus prenantes pour le spectateur qui a (je pense) pris parti pour Jube et donc qui s'inquiète de son devenir :( .
Bien entendu, l'utilisation du contraste avec un beau et doux Glenn Ford joue à plein. D'un côté un Jubal aimé par les femmes (et par les hommes également pour peu qu'ils n'entrent pas en concurrence avec lui, ce qui est le cas de Shep), de l'autre un vil individu qui se rend coupable de viol.
L'intensité dramatique du film trouve largement sa source dans ce contraste, cependant si Pinky n'avait été qu'un vulgaire pataud c'eût rendu son personnage moins crédible. Pinky est un bon orateur, il bénéficie de l'estime de son patron en tant que vacher, tout a été mis en œuvre pour lui donner de l'épaisseur et le rendre crédible pour lui confier le soin de mener les hommes et donc de déployer la dramaturgie du film après la mort de Shep. En quelque sorte et à sa façon, il prend la place du chef qui vient de mourir, place dont il estime qu’elle lui revient de droit.
C’est aussi pour cela, qu’il fallait que ce brave Shep disparaisse (pour proposer une réponse au message de Juh posté en 2009 dans cette discussion).
Yo.

Généralement, je trouve Rod Steiger excellent dans les rôles de personnages antipathiques.

Selon Moi, les films de Delmer Daves ont toujours un casting trés bien adapté aux personnages.

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar Yosemite » 14 mars 2012 23:13

Oui, je suis bien d'accord, la composition d'ensemble en termes de distribution est toujours peaufinée chez Daves (dans les films que je connais de lui tout du moins... Les westerns en fait :? ).
"Last wagon", "Broken arrow", "3:10 to Yuma" et bien sûr le magnifique "The Hanging Tree" ne font pas exception.
Peut-être "Cow-Boy" est-il un peu moins abouti sur ce plan-là (un côté plus facile je dirais) mais bon... Nous sommes dans l'excellence en général.
"The Badlanders" me semble encore un peu à part quant à lui...
Yo.

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar Yosemite » 14 mars 2012 23:23

Charles Bronson a la réputation d'être un acteur "facile", c'est à dire facile à diriger. Il était, à en croire ce que j'ai entendu ou lu sur lui, docile et, globalement, faisait ce que son directeur lui demandait.
Ici, il est très bien employé. Un second rôle, mais sans lequel le premier rôle serait... mort :( , il constitue une sorte de médiateur (rôle que l'on retrouve régulièrement dans les westerns).
Il transporte le blessé, il soutient celui qui incarne la justice, il déjoue les plans du traître, il fait passer l'arme quand il s'agit de tirer, il se rétracte lorsque les personnages principaux se retrouvent... Du grand second rôle !
Bien entendu Delmer Daves n'y est pas pour rien, mais c'est tout de même son talent à lui (celui de Charles Bronson) de savoir osciller sans cesse du présent à l'effacé tout en restant dans le discret.
Yo.

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar Fabbordelais » 16 mars 2012 22:47

Yosemite a écrit :Oui, je suis bien d'accord, la composition d'ensemble en termes de distribution est toujours peaufinée chez Daves (dans les films que je connais de lui tout du moins... Les westerns en fait :? ).
"Last wagon", "Broken arrow", "3:10 to Yuma" et bien sûr le magnifique "The Hanging Tree" ne font pas exception.
Peut-être "Cow-Boy" est-il un peu moins abouti sur ce plan-là (un côté plus facile je dirais) mais bon... Nous sommes dans l'excellence en général.
"The Badlanders" me semble encore un peu à part quant à lui...
Yo.

Je suis d' accord pour le choix d'acteur dans The Hanging Tree. Par exemple je pense que Karl Malden dans le rôle de l' orpailleur est vraiment le choix le plus judicieux car je trouve que son jeux colle bien au personnage.

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar lasbugas » 23 mars 2012 12:38

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar lasbugas » 23 avr. 2012 20:50

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar lasbugas » 29 mai 2012 20:28

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar metek » 06 sept. 2012 0:49


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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar metek » 12 sept. 2012 0:05


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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar pass » 05 oct. 2012 11:31

Premières représentations à Monte Carlo le 8 Août 1956 et à Paris le 24 Juillet 1956 en version française et originale .

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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar metek » 14 avr. 2013 21:00


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Re: L'Homme de nulle part - Jubal - 1956 - Delmer Daves

Messagepar Winchester73 » 26 avr. 2013 13:36

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