Le convoi sauvage - Man in the wilderness - 1971 - Richard C. Sarafian

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Jicarilla
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Messagepar Jicarilla » 23 oct. 2006 8:59

musselshell a écrit :Le Convoi Sauvage est inspiré d'une histoire vraie, celle de Hugh Glass, laissé pour mort, abandonné par ses compagnons suite à sa confrontation avec un ours grizzly en l'été 1823 à côté de Thunder Butte, dans ce qui est maintenant le Dakota du Sud. Cette aventure vraie est parmi les plus fascinantes de l'histoire des mountain men, elle va même au delà, tant elle interroge notre capacité à mesurer l'"endurance" d'un humain quand il choisit de survivre...Seul et déchiqueté du sommet du crâne aux mollets, recouvert (par ses compagnons) de la peau de l'animal dont il mit deux jours à la détacher de son dos tant elle adhérait à ses blessures (grâce à l'eau du ruisseau vers lequel il parvint à se traîner), Hugh Glass, en rampant, puis à quatre pattes, puis finalement debout, réussit à parcourir seul et de nuit (pour éviter les Rees), les 250 km qui le séparaient de Fort Kiowa sur le Missouri...avec au ventre l'obsession de la vengeance....à laquelle il renonça effectivement.
Frederik Manfred a écrit un livre extraordinaire sur le personnage: Lord Grizzly, en 1954...
Le grand Williams Carlos Williams (un des meilleurs poètes américains du 20 ieme...) en a dit "I have never in a lifetime of reading about the West met with anything like it"...
Le film de Sarafian est très réussi...avec une dimension quasi "hustonienne"...comme si un acteur avait influencé la mise en scène.

PS: Jica m'a réveillé...

:lol: :lol: Je savais bien que j'avais mis l'alarme au réveil :lol: :lol:
Très bon et juste exposé merci"PETIT CASTOR" d'eau douce tu arrive bien à sortir ce que pense et que je n'arrive pas exprimer:lol: :lol:
:evil: :evil: Pour quand une traduction du bon livre de "FREDERIK MANFRED LORD GRIZZLY" cela fait plus de 30 ans que j'attend :evil: :beer1:
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fa
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Messagepar fa » 23 oct. 2006 17:48

Oui c'est un très beau film. Admirablement joué, mais on ne peut être surpris... Très peu de dialogues, le film travaille sur l'opposition/communion homme nature, et joue sur une bande son très travaillée.

Chaque fois que je le regarde, il me fait penser à une nouvelle peu connu de Jack London, que j'ai lu dans mon enfance. Je ne me souvbiens plus du titre, mais l'histoire parle d'un homme seul qui tente de traverser un desert de neigne. Seulement suivi par un loup squeletique... Les liens qui se tissent entre les deux sont un peu comme dans ce film. L'homme tente de survivre à une nature hostille avec laquelle il comunie pourtant...

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Sartana
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Messagepar Sartana » 23 oct. 2006 18:04

fa a écrit :Oui c'est un très beau film. Admirablement joué, mais on ne peut être surpris... Très peu de dialogues, le film travaille sur l'opposition/communion homme nature, et joue sur une bande son très travaillée.

Chaque fois que je le regarde, il me fait penser à une nouvelle peu connu de Jack London, que j'ai lu dans mon enfance. Je ne me souvbiens plus du titre, mais l'histoire parle d'un homme seul qui tente de traverser un desert de neigne. Seulement suivi par un loup squeletique... Les liens qui se tissent entre les deux sont un peu comme dans ce film. L'homme tente de survivre à une nature hostille avec laquelle il comunie pourtant...


Ce film a une atmosphère qui me fait penser à certains Buddy Longway lorsque celui-ci est confronté seul à la nature et à ses dangers. D'ailleurs ta nouvelle de Jack London reste elle aussi dans cet esprit : Buddy Longway ne se lie-t-il pas d'amitié avec un loup qui lui sauve plus d'une fois la mise ?... cool
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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musselshell
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Messagepar musselshell » 23 oct. 2006 19:11

fa a écrit :Oui c'est un très beau film. Admirablement joué, mais on ne peut être surpris... Très peu de dialogues, le film travaille sur l'opposition/communion homme nature, et joue sur une bande son très travaillée.

Chaque fois que je le regarde, il me fait penser à une nouvelle peu connu de Jack London, que j'ai lu dans mon enfance. Je ne me souvbiens plus du titre, mais l'histoire parle d'un homme seul qui tente de traverser un desert de neigne. Seulement suivi par un loup squeletique... Les liens qui se tissent entre les deux sont un peu comme dans ce film. L'homme tente de survivre à une nature hostille avec laquelle il comunie pourtant...


Il s'agit de la deuxième version de To Build a Fire, (Construire un Feu) celle de 1908 (" sur les talons de l'homme trottait un chien..."...et ça finit plus mal que pour Hugh Glass, l'homme y reste et l'animal continue son chemin..."il s'en retourna vers quelque autre maître, qui pourvoirait à sa nourriture et lui allumerait un feu.")
En 1902, London avait écrit un première version, sans animal...
C'est vrai que dans le film, le héros communie avec la nature hostile...C'est encore plus impressionnant dans le bouquin de Manfred, qui traduit encore mieux comment Gass, par exemple, rongé par la fièvre, devine si c'est le matin ou le soir, pendant trois jours réveillé par un loup ("a cold nose woke him") : "Yellow light was striking up into blue, that meant it was morning"...Rien que pour cette phrase... :roll:

Jean-Louis
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Messagepar Jean-Louis » 23 oct. 2006 19:25

:D J'ai toujours eu une tendresse pour ce film.

Il est très proche des préoccupations que développera l'année suivante Sydney Pollack dans Jeremiah Johnson :
la place de l'homme dans la nature et dans la société.

Zachary Bass, le personnage que joue Richard Harris, laissé pour mort par ses compagnons,
va refaire tout le chemin qu'a fait l'Homme dans son évolution sur terre repartant des plus petits animaux vivants
dont il se nourrit dans la flaque d'eau lors de son retour à la vie et tout son cheminement à la poursuite de son groupe empêtré
dans son portage, supportant le poids de la société, de la religion symbolisé par ce mat qui tel une croix portée par les Hommes.

Zachary aussi est en conflit avec la société, il ne sait plus qui il est, et c'est tout son cheminement,
une fois accomplit son passage par toutes les étapes de l'évolution de l'Homme qu'il pourra enfin en paix avec lui-même
venir au secours de ses anciens compagnons.

A noté le regard, comme dans Jeremiah Johnson, de l'Indien.

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musselshell
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Messagepar musselshell » 23 oct. 2006 19:29

Jean-Louis a écrit ::D J'ai toujours eu une tendresse pour ce film.

Il est très proche des préoccupations que développera l'année suivante Sydney Pollack dans Jeremiah Johnson :
la place de l'homme dans la nature et dans la société.

Zachary Bass, le personnage que joue Richard Harris, laissé pour mort par ses compagnons,
va refaire tout le chemin qu'a fait l'Homme dans son évolution sur terre repartant des plus petits animaux vivants
dont il se nourrit dans la flaque d'eau lors de son retour à la vie et tout son cheminement à la poursuite de son groupe empêtré
dans son portage, supportant le poids de la société, de la religion symbolisé par ce mat qui tel une croix portée par les Hommes.

Zachary aussi est en conflit avec la société, il ne sait plus qui il est, et c'est tout son cheminement,
une fois accomplit son passage par toutes les étapes de l'évolution de l'Homme qu'il pourra enfin en paix avec lui-même
venir au secours de ses anciens compagnons.

A noté le regard, comme dans Jeremiah Johnson, de l'Indien.


D'accord sur tout! :beer1:

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Messagepar fa » 23 oct. 2006 20:38

musselshell a écrit :Il s'agit de la deuxième version de To Build a Fire, (Construire un Feu) celle de 1908 (" sur les talons de l'homme trottait un chien..."...et ça finit plus mal que pour Hugh Glass, l'homme y reste et l'animal continue son chemin..."il s'en retourna vers quelque autre maître, qui pourvoirait à sa nourriture et lui allumerait un feu.")
En 1902, London avait écrit un première version, sans animal...
:applaudis_6: Merci :wink:

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Messagepar Sartana » 23 oct. 2006 20:51

À vous lire tous, on se dit que ce film aurait pu (et pourra peut-être !) être dissequé dans la rubrique had hoc du forum, non ?...
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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Messagepar tepepa » 23 oct. 2006 21:14

J'ai vu ce film tout petit, et la scène du Grizzly m'avait terrorisé :shock:

Par contre j'ai lu To Build a Fire, et je n'ai pas vu ça du tout comme une communion homme/nature. Le héros tente d'éventrer son chien pour trouver un peu de chaleur qui pourrait le sauver, comme communion avec la nature on fait mieux non? :mrgreen:
Je vois plutôt cette nouvelle comme un témoin de l'inadaptation de l'homme à la nature.

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Messagepar Jean-Louis » 23 oct. 2006 21:22

Sartana a écrit :À vous lire tous, on se dit que ce film aurait pu (et pourra peut-être !) être dissequé dans la rubrique had hoc du forum, non ?...


Tu veux que je te fasse une confidence ?

Je crois bien que oui. :beer1:

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musselshell
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Messagepar musselshell » 24 oct. 2006 7:44

tepepa a écrit :J'ai vu ce film tout petit, et la scène du Grizzly m'avait terrorisé :shock:

Par contre j'ai lu To Build a Fire, et je n'ai pas vu ça du tout comme une communion homme/nature. Le héros tente d'éventrer son chien pour trouver un peu de chaleur qui pourrait le sauver, comme communion avec la nature on fait mieux non? :mrgreen:
Je vois plutôt cette nouvelle comme un témoin de l'inadaptation de l'homme à la nature.


La communion (même si douloureuse), c'est dans le roman de Manfred, où Glass parvient à utiliser l'environnement. Sûr que dans To Build a Fire, il s'agit plutôt d'une descente en enfer (le souffre des soixante-dix allumettes brûlant la chair!)...jusqu'à la congélation. Assez typique de London: la nature est la plus forte et l'homme de la nouvelle trop confiant, sans recul aucun, il est là dans le Klondike pour faire fortune...dans un environnement perçu comme un environnement de travail. C'est son arrogance inconsciente que lui fait payer l'auteur...Glass est presque aux antipodes de ça...jusqu'à devenir "philosophe"!
Notez que dans la version de 1902 de Construire un Feu, l'homme (qui cette fois-ci a un nom, Tom Vincent) s'en sort, avec des cicatrices indélébiles aux mains...mais là non plus, pas de "communion" avec la nature...communion en fait quasi inexistante, au sens rousseauiste du terme, chez London...l'inventeur du Nietzscheisme de gauche! :num1

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tepepa
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Messagepar tepepa » 24 oct. 2006 9:28

La communion avec la nature au sens rousseauiste du terme, je vois à peu près ce que tu veux dire je pense (le bon sauvage tout ça ?), mais "Nietzscheisme de gauche" là tu m'as largué :D

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musselshell
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Messagepar musselshell » 24 oct. 2006 10:03

tepepa a écrit :La communion avec la nature au sens rousseauiste du terme, je vois à peu près ce que tu veux dire je pense (le bon sauvage tout ça ?), mais "Nietzscheisme de gauche" là tu m'as largué :D


Attention, c'est pas si sérieux que ça! :wink: tout en étant pas faux :mrgreen: : London est un obsédé de la liberté et du jusqu'au boutisme de soi, ça se voit dans tous ses écrits et ds tte sa vie, il réfute la règle de tout normatif (religieux par exemple) et il est en même temps socialiste acharné, et ceci jusqu'à la fin...ses "camarades" du parti le critiquaient par ailleurs pour son indiscipline, franc-tireur qu'il était...Le Loup des Mers, par exemple, illustre à la fois la fascination du "surhomme" (pour faire vite) et sa vacuité parce qu'il ne sait pas communier avec les autres...et parce qu'il fait un tri entre les hommes. London est ET fasciné par la nature, par sa brutalité, ET porteur d'un idéal altruiste...sacré mélange!
Si on y réfléchit bien, pas mal de westerns peuvent coller à ce schéma là...à explorer...mais pas tt de suite...

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Jicarilla
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Messagepar Jicarilla » 28 août 2007 19:01

:lol: Je fais la poussière :lol: :lol: :lol:

:applaudis_6: :applaudis_6: RICHARD C. SARAFIAN nous mène dans une expédition : de trainer un bateau sur la terre ferme,
et la vengeance d’un guide abandonné par son Capitaine mené par le magnifique vieux briscard JOHN HUSTON,
et un fabuleux guide RICHARD HARRIS dans un de ses meilleurs rôles.

Pour ma part je vous mène en photos d'exploitations :lol: :lol: :lol:
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chip
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le convoi sauvage.

Messagepar chip » 29 août 2007 11:12

Un bien curieux ( et très intéressant ) film comme l'était déjà "Le fantôme de Cat Dancing" du même réalisateur , auteur d' un autre western
totalement méconnu: "Terror at Black falls" (1962) avec House Peters,jr ,Sandra Knight(madame J.Nicholson à l'époque),John Alonzo,Peter Mamakos, I. Stanford Jolley.
Au fait " Le convoi sauvage" a été tourné dans les Pyrénées espagnoles.



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