Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Le western au travers de ses thématiques, de classements de films, ...
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yves 120
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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar yves 120 » 15 févr. 2017 18:15

Hombre , :sm43:
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 16 févr. 2017 4:05

yves 120 a écrit :Hombre , :sm43:


Merci Yves. :beer1:

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 24 mars 2017 23:44

Année 1915



W. S. Hart dans The Sheriff's Streak of Yellow :
Image
Photo: The Complete Films of William S. Hart. Diane Kaiser Koszarski.


W.S. Hart et l’année 1915

Par Marc


Pour William S. Hart , 1914 fut l’année de la notoriété.
1915 fut , elle aussi , essentielle car c’est au cours de celle-ci que l’acteur pérennisa son image.
17 films , tous réalisés et interprétés par Hart sortirent sur les écrans américains en 1915 , parmi
ceux-ci 14 westerns.

Thomas H. Ince produisit tous ces films. D’abord par l’intermédiaire de la New York Motion Pictures
Company pour les 16 premiers , et via The Triangle Film Corporation pour le dernier , The Disciple ,
lequel marqua une étape pour Hart par l’accession à des productions plus prestigieuses.

Mais c’est d’abord par les films de la New York Motion Pictures que l’acteur-réalisateur fit ses
preuves en termes artistiques et financiers.
Ces films de 2 bobines pour la plupart , étaient tournés en 2 semaines et pour moins de 2000 $ .
Ils contribuèrent à faire de Hart une référence dans l’industrie cinématographique américaine.
Par leur intrigue simple mais palpitante et leur réalisation fluide et sans fioritures , ces métrages
passionnèrent le public.
De plus , leur modèle économique de production ( des coûts limités , des délais de tournages assez
courts , et donc des sorties fréquentes tout au long de l’année ) garantissait une forte probabilité
de rentabilité.
Hart fut d’ailleurs sollicité par d’autres producteurs, qui lui proposèrent un salaire plus élevé ,
mais il resta fidèle des années à celui qui lui avait donné sa chance.
Ince en joua probablement et augmenta les émoluments de son collaborateur de façon très mesurée.
Fin 1915 , lors de son passage à la Triangle Films , Hart obtint un salaire de 1000 $ par semaine.
Conséquent , certes , mais dix fois moins que Chaplin au même moment.

Hart , cumulant sur chaque film les responsabilités de metteur en scène et d’acteur principal, s’épuisa
à la tâche , il déclara par la suite : « Je travaillais seize heures par jour et j’étais stressé les huit autres. »

Il est notable que l’acteur se diversifia dès cette année en tournant trois films qui n’étaient pas des
westerns , son genre de prédilection :
The Darkening Trail est un mélodrame très noir se déroulant en Alaska.
The Ruse est un vrai film de gangster où un westerner affronte les gangs de Chicago .
The Roughneck est un drame social sur fond de rivalités amoureuses et financières.

il est remarquable que les personnages joués par Hart , aussi différents soient-ils et quelque soit leur
environnement, montrent tous les mêmes caractéristiques : tenacité , détermination , rigueur et
finalement dévotion .
Qu’il soit hors-la-loi , shérif , enquêteur , mineur ou pasteur , le même personnage apparait toujours
en filigrane.
Cela est d’abord dû à l’interprétation de l’acteur (peu de gestes , beaucoup d’intensité dans le regard ,
une distance apparente) mais aussi au scénariste C.Gardner Sullivan dont l’écriture des rôles destinés
à Hart fit beaucoup pour la notoriété de l’acteur.
Dans le western , cette fusion de l’image de l’acteur avec celle de ses personnages fut telle que
ceux –ci se virent souvent affublés d’un nom identique lors de la distribution des films à l’étranger.
Rio Jim en France par exemple. On peut parler ici de la naissance d’une icône.

On ne peut pas vraiment dire que l’année 1915 soit l’année des chefs d’œuvres pour William Hart,
ceux-ci arriveront l’année suivante. Mais les films de cette année qui sont encore visibles ne manquent
pas de qualités , en particulier l’émouvant Pinto Ben , la destinée tragique d’un mustang , inspiré par
un poème écrit par Hart lui-même.

L’un des westerns les plus emblématiques de cette année 1915 est le sombre The Taking of Luke Vane .


_________________________________________
The Taking of Luke Vane (La Capture de Rio Jim)
_________________________________________

Luke , un chercheur d’or, arrive dans une petite ville avec son pécule , durement acquis.
Il y rencontre Mercedes , entraineuse de Saloon dont il tombe amoureux.
Au cours d’une altercation avec un joueur de poker qui veut le dépouiller , il abat son adversaire en
légitime défense.

Luke McVane défends Mercedes des assiduités indésirables de Garcia :
Image
Photo: The Complete Films of William S. Hart. Diane Kaiser Koszarski.


Inquiet des conséquences de son geste , il prend la fuite dans le désert , traqué par le shérif et les
amis de la victime.
Le shérif perd sa piste , mais son adjoint Jim , isolé , retrouve la trace du fugitif.
Luke lui tend une embuscade et le blesse sérieusement. Toutefois , il ne se résout pas à abandonner
sa victime dans le désert.

Cliff Smith, (au centre) assistant réalisateur de Hart joue le rôle de l’adjoint blessé :
Image


Le blessé est amené par Luke à l’abri d’une cabane oubliée. Le tireur y soigne son malheureux poursuivant.
Luke raconte à Jim les circonstances de l’acte qui lui est reproché et souhaite être jugé honnêtement.
L’adjoint lui promet son aide et lui propose de rentrer en ville pour se justifier. Luke accepte.
Sur la route du retour, les deux hommes sont attaqués par une bande d’indiens.
Le shérif , qui a repris la traque , retrouvera les cadavres de Luke et Jim , gisant dans le désert.
Mercedes se recueillera seule sur la tombe rudimentaire de Luke.

Largement tourné en extérieurs , ce western de 25 mns fait la part belle à l’action.
La séquence du dernier combat des deux héros , encerclés par les indiens est magnifique : plans lointains
et rapprochés se succèdent , faisant progressivement admettre au spectateur la destinée tragique des
personnages.

McVane et l'adjoint sont attaqués par les Apaches :
Image
Photo: The Complete Films of William S. Hart. Diane Kaiser Koszarski.


Hart, toujours aussi charismatique joue avec sa sobriété habituelle cette victime du destin , le chercheur
d’or devenu hors-la-loi.
Subtilement ,son comportement souvent impassible laisse filtrer un certain désarroi lorsqu’il évoque le
sort tragique qui est le sien.
La fin du film surprend par sa noirceur : ici pas de pure jeune fille pour remettre le héros dans le droit
chemin , juste une entraineuse qui arrivera trop tard.
Au bout de la piste , pas de vie nouvelle , que la mort dans la poussière.
Cette conclusion reste mémorable.
Hart réalisateur n’est pas un styliste , sa mise en scène concise et dépouillée convient parfaitement à
cette histoire sèche et réaliste.
Voir sur le forum : viewtopic.php?f=10&t=12174&p=137750&hilit=The+Taking+of+Luke+Vane#p137679

Fiche technique :
Réalisateurs : William S. Hart, Clifford Smith
Scénario : Thomas H. Ince, Richard V. Spencer
Production : Kay-Bee Picture
Durée : 2o minutes - 600 mètres (2 bobines)

Distribution : William S. Hart : Luke McVane; Enid Markey : Mercedes; Clifford Smith: Shérif Stark;
Ernest swallow : Jack Ashley.

William S. Hart et Enid Markey :
Image.Image

William S. Hart et Enid Markey :
Image




Westerns de William S. Hart sortis aux USA en 1915 :

* The Scourge of The Desert
* Mr Silent Haskins
* The Sheriff ‘s Streak of Yellow
* The Grudge
* The Taking of Luke Mc Vane
* The man from Nowhere
* Bad Buck of Santa Ynez
* The conversion of Frosty Blake
* Tools of Providence
* Cash Parrish’s Pal
* Pinto Ben
* Keno Bates , Liar
* A Knight of The Trails
* The Disciple

Dossier établi par Marc.



____________________________________________
Le timide (The Lamb)
____________________________________________

Image


"The Lamb est une comédie western mettant en vedette Douglas Fairbanks dans son premier rôle au cinéma.
Dirigé par W. Christy Cabanne , le film est adapté de la pièce The New Henrietta jouée à Broadway en 1913,
dans laquelle Fairbanks est co-vedette avec William H. Crane , Amelia Bingham et la très jeune Patricia Collinge.
DW Griffith , écrit le scénario sous le pseudonyme de Granville Barker, avec le réalisateur Christy Cabanne.
Il a essentiellement enrichi la pièce de théâtre en rajoutant un élément westernien à l'histoire et libéré la
pièce des contraintes liées au théâtre. Ce qui a donné à Fairbanks la possibilité de montrer ses prouesses
physiques au cinéma, Griffith a également modifié les personnages; Le nom de Fairbanks dans la pièce
était Nick et devient Gerald; le personnage du père dans la pièce devient sa mère ( Kate Toncray ).
Une copie de The Lamb est conservée à la George Eastman House."
Wikipédia.


Douglas Fairbanks et Seena Owen :
Image

Image


Fiche technique :
Réalisateur : William Christy Cabanne
Scénario : D.W.Griffith d'après The New Henrietta de Winchell Smith et Victor Mapes
Image : William E. Fildew
Production : The Fine Arts Film Company
Durée : 56 minutes - 1500 mètres (5 bobines)
Lieu de tournage : San Diego, Santa Monica, California

William Christy Cabanne et D.W.Griffith :
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Distribution : Douglas Fairbanks [Gerald], Seena Owen [Mary], William E. Lowery (William Lowery) [Chef Yaqui], Lillian Langdon, Monroe Salisbury, Kate Toncray, Alfred Paget, Eagle Eye

Douglas Fairbanks, Seena Owen, Monroe Salisbury et Alfred Paget :
Image.Image.Image.Image





_____________________________________________
The Outlaw’s Revenge
_____________________________________________
« Au Mexique, un humble péon a beaucoup de difficultés à garder sa petite ferme à l'abri de la convoitise
des hommes du gouvernement. Alors qu'il est dans une autre ville, deux officiers pillent son exploitation
et s'en prennent à ses sœurs. La plus grande, boiteuse de naissance, se tue plutôt que de leur succomber.
La plus jeune, âgée de 14 ans, devient folle et meurt après avoir raconté à son frère ce qui s'est passé.
Le péon crie vengeance mais est déclaré hors-la-loi par les officiers. Il s'échappe de prison à l'aide d'un
vieux serviteur de la famille, et parvient à échapper à ses poursuivants grâce à un couple d’Américains
voyageant dans un chariot bâché. 
Des années plus tard, le hors-la-loi, maintenant commandant en chef de l'armée, remporte de nombreuses
victoires. À une de ces occasions, il tue un des officiers qui avaient attaqué ses sœurs. Lorsqu'il apprend
que les Américains qui l'avaient aidé sont en danger, il conduit une charge de cavalerie pour les sauver.
Parmi les agresseurs, il reconnaît l'autre officier. »
Wikipédia.
« Ce film serait en fait issu de The Life of General Villa (1914) du même réalisateur, remonté et resorti
par Mutual Film Corporation sous ce nouveau titre. »
Wikipédia.

Fiche technique :
Réalisateur : William Christy Cabanne
Image : Marcel Le Picard
Production : Reliance Film Company
Durée : 56 minutes - 1200 mètres (4 bobines)
Lieu de tournage : Mexique
Distribution : Walsh (Raoul Walsh) [Le hors-la-loi], Irene Hunt [ soeur du hors-la-loi], Teddy Sampson [petite soeur du Hors-la-loi], Robert Harron [le fiancé], Mae Marsh, Eagle Eye, Walter Long , W.E. Lawrence


Raoul Walsh, Teddy Sampson, Mae Marsh et Robert Harron :
Image.Image.Image.Image



________________________________________________
The Stagecoach Driver and the Girl
________________________________________________

Fiche technique :
Réalisateur : Tom Mix
Scénario : Tom Mix
Production : The Selig Polyscope Company
Durée : 12 minutes - 300 mètres (1 bobine)

Distribution : Tom Mix : Conducteur; Luella Maxam : Edythe, la fille de l'Est; Goldie Colwell : Alice, sœur de Tom; Ed Brady : Le joueur; Ed Jones : le Shériff.

Tom Mix et Ed Brady :
Image.Image



_______________________________________________
The Gold Dust and the Squaw 
_______________________________________________

Fiche technique :
Réalisateur : Tom Mix
Scénario : Cornelius Shea
Production : The Selig Polyscope Company, Incorporated
Durée : 300 mètres (1 bobine)

Distribution : Sid Jordan : Bob; Leo D. Maloney : Ned; Pat Chrisman : Lame Dog; Robert Anderson;
Tall Elk; Bettie O'Neal.

Tom Mix et Ed Jordan :
Image



_______________________________________________
The Lone Cowboy
_______________________________________________

Fiche technique :
Réalisateur : Raoul Walsh
Production : Fox Film Corporation

Distribution : Tom Mix; Mildred Harris; Alan Hale: Crazy Wolf.

Tom Mix, Mildred Harris et Alan Hale:
Image.Image.Image



Raoul Walsh nous raconte l'histoire d'un tournage en ces temps, édifiant!


La première chose que Raoul Walsh remarque ce jour de 1915 lorsque Tom Mix se présente devant lui :
« son chapeau blanc de cowboy pendait sur ses oreilles et le talon de ses bottes était éculé ».
Il avait fait 3 films, 3 échecs qui l'avaient mené tout droit à sa ruine. « Raoul je suis content de te voir.
Je suis acculé, mon vieux. Peut-être peux-tu m'aider à m'en sortir. »
Walsh décide de l'aider et en parle à Fox qui l'engage aussitôt, ne trouvant pas de scénario approprié
il se met à en écrire un, qu'il nomme The Lone Cowboy. Mildred Harris (qui épousera plus tard Chaplin)
joue le rôle de Christine et Alan Hale celui de l'ivrogne.

Laissons la parole à Raoul Walsh :

Une semaine plus tard, nous débarquâmes à Truckee dans le Nevada. Nous avions choisi ce lieu de
tournage parce que Tom Mix y avait un ami qui possédait du terrain, un ranch et environ 800 têtes
de bétail. Je comptais y tourner quelques scènes de
The Lone Cowboy.
Nous commençâmes à travailler le lendemain matin dès qu'il y eut assez de soleil. L'histoire
débutait par une vue de Tom chevauchant, solitaire, le long d'une crête sauvage, avec les montagnes
et le ciel en toile de fond et à ses pieds une prairie dégagée. Une diligence (la sienne) menée par
un attelage de six chevaux (les siens également) fonce à toute allure dans sa direction, poursuivi par
deux indiens. Tom éperonne sa monture, dévale la pente et arrête les attaquants juste au moment
où ils tirent sur le conducteur et son escorte. Pan! Pan! Les fidèles colts du héros font tomber les
peaux rouges de leurs poneys. (L'un d'eux était Crazy Wolf.) Il s'était attaché un pied à la crinière
de son poney pour pouvoir faire ce que le cirque affichait comme « la traîne à la russe ». Le cheval
le traîna sur deux kilomètres avant que l'on pût retrouver. Quand on le remit debout, il ne lui restait
plus de fond de culotte.
Les chevaux, sans conducteur à présent, prennent le mors aux dents, mais Tom et son cheval Tony sont
trop rapides pour eux. Tom bondit sur l'animal de tête, puis sautant de bête en bête, atteint le siège
du conducteur, réunit les rênes et lâche un « Ho ! » qui tombe plutôt à plat.
Pendant ce temps, apparaissent environ une douzaine d'hommes, les amis des Indiens morts, galopant
vers la diligence qui ralentit. Un voyageur pointe la tête hors de la voiture et crie à Tom de partir de là,
mais notre intrépide cowboy attache les rênes au porte-fouet et grimpe sur le toit de la diligence
cahotante. De cette position avantageuse, il se met tranquillement à abattre les douze poursuivants,
avec une adresse remarquable, compte tenu du fait que ses revolvers n'ont que six cartouches chacun
et qu'il a déjà tiré deux fois.
Cette fois-ci les Indiens étaient des cowboys vêtus de peau de daim et coiffés de plumes et ils gagnèrent
leur cinq dollars en exécutant d'autres chutes spectaculaires.
S'étant débarrassé des assaillants, Tom regagne le siège du conducteur et réussit cette fois à maitriser
l'attelage en amenant la diligence dans endroit charmant, en lisière d'un bois érables. Pendant ces
instants périlleux, les deux voyageurs n'ont pas été oubliés. Des plans répétés les montrent passant la
tête par la fenêtre de la diligence, l'homme s'adressant en criant à Tom et le visage de Christine
exprimant toute la frayeur et la peur que requiert la situation. Quand leur sauveur saute à terre,
ouvre la portière et très chevaleresque, aide l'héroïne à descendre, celle-ci s'écrie : « Oh merci,
cher monsieur, de m'avoir sauvé la vie. » La réplique de Tom n'est pas moins nauséabonde
: « Ce fut un plaisir pour moi, ma'am. »
Le voyageur, un acteur grand et maigre nommé Alan Hale, jouait à merveille les ivrognes. Il sort de la
voiture en agitant une bouteille qu'il offre généreusement d'abord à Christine, puis à Tom. Tous deux
la refusent, si bien que lorsque la jeune fille s'écrie : « Cet homme courageux nous a sauvé la vie ! » Hale
lève la bouteille en déclarant : « ça s'arrose » et, après avoir avalé une gorgée de whisky (qui n'avait pas
été remplacé par du thé froid),fait mine d'en offrir aux chevaux. N'importe quel cowboy sait que lorsqu'un
cheval renifle de l'alcool, il secoue généralement la tête.
L'attelage se prête bien sûr à ce petit numéro comique et l'héroïne débite un couplet immortel; elle
regarde son sauveur avec émotion et murmure :  « cela me réjouit le cœur de vous voir refuser de boire
car les lèvres qui ont touché à de l'alcool ne toucheront jamais les miennes. »
Christine se met à frissonner légèrement tandis qu'il recharge nonchalamment ses revolvers. « Ils ont l'air
si dangereux ! » soupire-t-elle. « Ils ne le sont que si on ne sait pas s'en servir, ma'am. » Elle pose enfin la
question que tout le monde attend : « Vous dites que vous étiez rancher, monsieur. Avez-vous une famille? »
« Non, ma'am, je vis tout seul. » La fille s'appuie alors sur l'épaule de son sauveur. Elle le regarde dans les
yeux, de très près,mais Tom repousse la tentation avec fermeté. Le devoir l'appelle. Il attache son fidèle
cheval, Tony, derrière la diligence, aide la fille et Hale, l'ivrogne, à remonter en voiture, puis se met en
route pour aller livrer le coffre-fort.
N'oublions pas la scène où Tom défend l'honneur de Christine. Le public voulait du sensationnel ? Eh bien,
on
allait lui en donner ! Au moment où un « méchant » se met à insulter l'héroïne, le sous-titre indique
: « Ce furent les premiers et les derniers mots qu'il prononça. » Tom lui casse une chaise sur la tête,
et ils se battent et roulent sur le plancher, comme il se doit. Quand Tom, vainqueur, se relève, le barman
de l'hôtel annonce que la maison offre une tournée générale. Tous, sauf la fille, le héros et le « méchant »
vaincu, s'alignent au bar et la bonne humeur est retrouvée.
On entend alors quelqu'un crier : « Christine, ma chérie ! » l'héroïne se retourne et se jette au cou d'un
petit bonhomme qui vient d'entrer. C'est un gringalet à col dur et boutons de manchettes, mais il est
évident que la fille est amoureuse de lui. Elle n'a été gentille avec Tom que parce qu'il lui a sauvé la vie.
« Nous nous marions demain », annonce-t-elle à son héros. « Nous serions très honorés, monsieur, si vous
vouliez bien assister à notre mariage. » Tom, cependant, en a assez vu. Soulevant son Stetson noir, nous
lui en avions fourni un spécialement pour le film, il souhaite aux amoureux un bonheur éternel, s'éloigne
dans un cliquetis d'éperons, saute sur son cheval et chevauche résolument vers le soleil couchant. Fin...

C'était du mélo d'un bout à l'autre, mais du bon mélo dont le public naïf de l'époque raffolait. Comme
certains vieux cinéphiles s'en souviendront,
The Lone Cowboy fut un immense triomphe.

Raoul Walsh. Un demi siècle à Hollywood.


_________________________________________
The Love Route
_________________________________________
"John Ashby et Allene Houston, deux éleveurs voisins sont amoureux, mais le violent conflit qui oppose
leurs pères à propos du tracé de la route du nouveau chemin de fer X.Y.Z. les sépare . Le colonel Houston
et le fils ainé Ashby sont tués dans un combat, laissant ainsi John et Allene en plein conflit. John accepte
un poste dans la compagnie de chemin de fer et Allene jure qu'il ne traversera jamais sa propriété. Allene
est aidée dans sa lutte par le contremaître du ranch Houston, Harry Marshall, un homme ambitieux qui espère
faire d'elle sa femme. Après une lutte intense, l'un des hommes d'Allene tire sur John, mais même si elle gagne
le combat, Allene se rend compte qu'elle aime encore John. À la fin, Allene elle-même attache le dernier cordon
juste à temps pour sauver les droits de franchise de l'entreprise."
- Écrit par Pamela Short. IMDb.
Film probablement perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : Allan Dwan
Scénario : Allan Dwan d’après la pièce The Love Route d’ Edward Peple.
Production : Famous Players Film Company
Durée : 1200 mètres (4 bobines)

Allan Dwan et Edward Peple :
Image.Image


Distribution : Harold Lockwood [John Ashby], Winifred Westover [Allene Houston], Donald Crisp [Harry Marshall], Jack Pickford [Billy Ball], Dick La Reno [Colonel Houston], Juanita Hansen [Lilly Belle], Marshall Neilan

Harold Lockwood et Winifred Westover :
Image.Image


Donald Crisp, Jack Pickford, Juanita Hansen et Marshall Neilan :
Image.Image.Image.Image



Image




___________________________________________
Broncho Billy and the baby
___________________________________________
“Un hors-la-loi en fuite (Broncho Billy) sauve la petite Bernice Sawyer qui était tombée dans les bois.
La mère reconnaissante remercie Billy en lui offrant un endroit pour se reposer, mais son mari, voyant
une affiche offrant une récompense veut le dénoncer au shérif. Finalement, le couple se met d'accord et
distrait le shérif, permettant à Billy de s’échapper »
Boyd Magers.
Une copie du film est conservé dans le George Eastman Museum film archive.

Fiche technique :
Réalisateur : GM Anderson
Scénario : Gilbert M « Broncho Billy » Anderson, Peter B. Kyne
Production : The Essanay Film Manufacturing Company
Durée : 300 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Niles, Californie

Gilbert M « Broncho Billy » Anderson :
Image


Distribution : Gilbert M « Broncho Billy » (Broncho Billy), Lee Willard (Père du bébé),
Evelyn Selbie (Mère du bébé), Sally Phipps (Le bébé)

Evelyn Selbie, Lee Willard et Sally Phipps :
Image.Image.Image



__________________________________________
Broncho Billy’s Sentence
__________________________________________
Billy auteur d’un hold-up, est en fuite, il s’introduit chez un fermier et sa fille, cette dernière le blesse.
Plus tard il atterrit chez un pasteur lequel avec sa femme lui fait la lecture de la bible. Il se rend
volontairement chez le shérif et à la prison…

A gauche, Billy chez le fermier. A droite la fille tire et blesse Billy :
Image.Image


Billy recueilli par le pasteur et sa femme. A droite Billy se rend au shérif :
Image.Image

Fiche technique :
Réalisateur : GM Anderson
Scénario : Gilbert M « Broncho Billy » Anderson
Production : The Essanay Film Manufacturing Company
Durée : 300 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Niles, Californie

Distribution :
Gilbert M « Broncho Billy » (Broncho Billy), True Boardman [le sheriff],
Virginia Eames[femme dans la cabane], Ernest Van Pelt [son père], Carl Stockdale [le pasteur],
Evelyn Selbie [femme du pasteur]





A suivre...
Modifié en dernier par Hombre le 29 avr. 2017 17:45, modifié 22 fois.

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Sitting Bull » 25 mars 2017 0:59

Juste un petit complément à ce magnifique travail.
1911

Image


1912

Image


À déplacer, voire supprimer si ça gêne.
Image

"What is this ? The stuff that dreams are made of." (W.Shakespeare)

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 26 avr. 2017 22:23

Année 1915 (suite)



_______________________________________
Naissance d’une Nation (The Birth of a Nation)
_______________________________________
Autres titres : The Clansman et In the Clutches of the Ku Klux Klan aux USA
J'avoue, je n’avais jamais vu ce film et, franchement je ne m’attendais pas à une telle ignominie
faite film. Du point de vue technique, Naissance d'une Nation, est bien évidemment fondateur.
Sur cet aspect beaucoup a été dit donc je ne m'étendrais pas d'avantage.

Au début, dans l’avertissement inscrit sur l’écran je lis cette phrase : « la liberté de montrer le
coté obscur du mal, afin que nous puissions éclairer le bon coté de la vertu »
, il ne faut pas être
grand sorcier pour déduire, après une vision du film, que le coté obscur du mal est l’homme noir
et le bon coté de la vertu est l’homme blanc ; surtout membre du KKK.
Puis, le premier intertitre nous dit « L’arrivée des Africains en Amérique a semé la première graine
de la discorde »
, il laisse sous-entendre qu’ils y seraient arrivés quasi volontairement. Même
si l’intertitre est suivi d’une vente d’esclave. Bien entendu Griffith omet de préciser que se sont les
blancs qui ont introduit de force les noirs en Amérique.
Après, quelques scènes d’un sud éternel, paisible : les blancs distingués, toujours en villégiature,
entourés de serviteurs noirs aimant leurs maitres. Il s’ensuit des scènes insoutenables (pas autant
que celles qu’on verra en deuxième partie) des blancs paradant et se pavanant dans un champ de
coton au milieu d’esclaves à la tâche de la récolte. Au moment de la pause ( deux heures, c’est
un intertitre qui nous l’annonce), les esclaves dansent et démontrent à leur maitres, oh ! combien
ils sont heureux, et ne cessent de les remercier servilement, satisfaits de leur sort, chacun dans
leurs conditions : les blancs, des bons maitres et les noirs, des bons esclaves. Et ainsi va le monde
heureux dans le Sud esclavagiste. Tout cela vous donne une envie irrépressible de chanter à tue tête :
Ah! ça ira, ça ira, ça ira...

Le film a été présenté à l'époque en deux parties.

La première partie raconte le destin de deux familles amies : Les Stoneman du Nord et les Cameron
du Sud, que la Guerre de Sécession séparera. Une scène significative montrera lors d'une bataille le
jeune fils Cameron prêt à planter une baïonnette dans un soldat à terre en qui il reconnaît son grand ami Tod,
le jeune Stoneman, ils mourront tous les deux sous les balles enlacés. La ville des Cameron est envahie
par une troupe composé de noirs qui saccageront et mettront le feu à leur maison. Elle se termine
avec l'assassinat de Lincoln.

Le colonel Ben Cameron interprété par Henry Walthall :
Image



La deuxième partie du film, parle de La Reconstruction du Sud. C'est là que Griffith représente les
noirs comme des gens vicieux, ambitieux ne désirant que prendre la place des blancs et les écraser.
Un intertitre signale : “Le noir aime au-dessus de sa condition”, le noir convoite la femme
blanche, la désire sexuellement, alors qu'à l'inverse la femme blanche est terrifiée à l'idée d'être touchée
et salie par l'homme noir.

La jeune Flora Cameron (Mae Marsh), harcelée par Gus (Walter Long) :
Image


“Le Grand KKK” est crée par l'ainé des Cameron avec ses complices, suite à la mort de sa jeune sœur
qui poursuivie et se voyant rattrapée par Gus, un soldat noir, préfère se jeter du haut d'une falaise.
Gus sera pourchassé et lynché par le nouveau KKK. Les noirs par réaction massacrent des blancs sans

Lynchage de Gus :
Image



pitié. Intertitre : “Les anciens ennemis, Nordistes et Sudistes, à nouveau réunis pour défendre leur
droits naturels d'Aryens”
. La résistance des blancs s'organise. La famille Cameron, encerclée par des
soldats noirs, est sauvée de justesse par l'arrivée du KKK. Les noirs sont désarmés. Le film se termine
avec un défile triomphal du KKK mené en tête par la fille Cameron et la fille Stoneman.

Défilé triomphal mené par Margaret Cameron (Miriam Cooper) et Elsie Stoneman (Lillian Gish) :
Image


Finalement, à mon avis Griffith représente dans ce film le sentiment généralisé à cette époque,
c'est peut-être pour cela qu'il se disait non raciste.

Notez que Griffith était issu d'une famille du Sud et son père avait combattu coté Confédéré.
Voir l'article de Pak : viewtopic.php?f=7&t=16278&p=224362&hilit=r%C3%A9compens%C3%A9s#p224868
Et aussi les commentaires du forum : viewtopic.php?f=10&t=6091#p52738

Fiche technique :
Réalisateur : D.W. Griffith
Scénario : D.W. Griffith et Frank E. Woods + [Thomas Dixon Jr.], d’après la pièce adaptatée de The Clansman
par Thomas Dixon Jr. du roman The Clansman: An Historical Romance of the Ku Klux Klan de Thomas Dixon Jr.
d’après le roman The Leopard’s Spots de Thomas Dixon Jr.
Image : G.W. Bitzer.
Musique : Joseph Carl Breil + [D.W. Griffith].
Production : David W. Griffith Corp., Epoch Producing Corporation
Durée : 3 hr 15 min (195 min) - 3530 mètres (13 bobines)
Lieu de tournage : Calexico, Hollywood et plusieurs autres endroits de Californie.

D.W. Griffith avec le scénariste Frank E. Woods et le cameraman G.W.Bitzer :
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Le compositeur Joseph Carl Breil :
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Distribution :
Henry Walthall [ le colonel Ben Cameron], Miriam Cooper [Margaret Cameron], Mae Marsh [Flora Cameron], Spottiswoode Aiken ([Docteur Cameron], Josephine Crowell [Mme Cameron], Ralph Lewis [Austin Stoneman], Lillian Gish [Elsie Stoneman], Elmer Clifton [Phil Stoneman], Robert Harron [Tod Stoneman], Mary Alden [Lydia Brown], George Seigmann (George Siegmann) [Silas Lynch], Walter Long [Gus], Wallace Reed [Jeff], le juge Beringer ( André Beranger ) [Wade Cameron], Maxfield Stanley [Duke Cameron], Jennie Lee [Mammy], Joseph Henabery [Abraham Lincoln], Raoul Walsh [John Wilkes Booth], Donald Crisp [général Ulysses S. Grant], Howard Gaye [général Robert E. Lee], William DeVaull [Nelse], William Freeman [Jake], Thomas Wilson [le serviteur de Stoneman]; Sam de Grasse, Fred Burns, Allan Sears, Elmo Lincoln, Violet Wilkey, Alberta Lee, Eugene Pallette, Olga Gray, Jack Ford ( John Ford ), Victor Adamson, Monte Blue, Bessie Love, Mme Sul-te-Wan, John French , Erich von Stroheim , Charles king , Fred Hamer

Henry Walthall, Miriam Cooper, Mae Marsh et Spottiswoode Aiken :
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Josephine Crowell, Ralph Lewis, Lillian Gish et Elmer Clifton :
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Sur Naissance d'une Nation :



James Baldwin dans The Devil Finds Work :
«Un des grands classiques du cinéma américain et une tentative de justification
élaborée de meurtres de masse».


Dorian Lynskey :
(...) "il dépeignait la Reconstruction (celle du Sud après la guerre de Sécession),
dans laquelle les personnages noirs étaient présentés comme des prédateurs sexuels
et des voyous avides de revanche, les anciens propriétaires d’esclaves comme de
pauvres victimes et les membres du Ku Klux Klan comme des chevaliers blancs.
Comme Le Triomphe de la Volonté, de Leni Riefenstahl, ce film est à la fois un tour
de force technique et une abjection morale, qui illustre à merveille la pensée raciste:
violente, paranoïaque, névrotique sur le plan sexuel, sentimentale et absurde."



Steve McQueen (réalisateur de 12 ans d'esclavage) :
"Autant en emporte le vent est un grand drame romantique et romanesque. Dans un an,
ce sera le centenaire de Naissance d'une nation, un film qui a toujours été pour moi très
problématique. On évoque toujours les progrès narratifs et esthétiques accomplis par ce
film, mais jamais le fait que c'est un film de propagande.
Beaucoup de gens ont été tués à cause de lui. Naissance d'une nation a permis la résurrection
du Ku Klux Klan. En ce sens, je le rapprocherais du film de Leni Riefenstahl, Le Triomphe de
la volonté (1935). On parle sans cesse de chef-d'œuvre à son propos. J'aimerais bien que l'on
s'intéresse aussi à son contenu."




__________________________________________
Buckshot John
__________________________________________
« À la suite d'une fusillade avec le shérif et ses hommes, Buckshot John, le seul survivant du gang de
Bad Jake Kennedy, refuse de divulguer l'emplacement de la cachette du gang et est condamné à trente
ans de prison. Après avoir purgé quinze ans, Buckshot "se converti" et décide de rendre l'or. Il convoque
le celebre The Great Gilmore, qui est également le chef du culte de la "Pensée purifiée", lui demandant
de contacter Bad Jake pour obtenir des conseils. Gilmore alors organise une scéance de voyance, étant
bien entendu deja au courant des détails du vol, Gilmore convainc Buckshot de révéler la cachette du butin
pour sauver son âme. Jimmy Dacey, journaliste, interview Buckshot et lui apprend que Gilmore est un
charlatan. Buckshot fou de rage, retrouve Gilmore, récupère l'or et le renvoie à l'une des entreprises qu'il
a volées. Puis Il se rend et obtiendra plus tard une grâce. »
AFI American Film Institut

Fiche technique :
Réalisateur : Hobart Bosworth
Scénario : Hetty Grey, d’après The Message to Buckshot John de Charles E. Van Loan.
Image : George W. Hill.
Production : Hobart Bosworth Productions
Durée : 50 minutes - 1500 mètres (3 bobines)
Lieu de tournage : Banning, Californie

Le réalisateur et acteur Hobart Bosworth :
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La scénariste Hetty Grey et le cameraman George W. Hill :
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Distribution : Hobart Bosworth [‘Buckshot’ John Moran], Courtenay Foote [Jake Gilmore, ‘The Great Gilmore’],
Carl Von Schiller (Charles Von Schiller) [Jimmy Dacey], Helen Wolcott [Ruth Mason], Herbert Standing [John Mason],
Marshall Stedman [the prison warden], Frank Lanning [‘Bad’ Jake Kennedy], Art Acord [Jordan], Oscar Linkenhelt [the sheriff],
Rhea Haines [Mrs. Hayden]

Courtenay Foote, Herbert Standing, Marshall Stedman et Art Acord :
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__________________________________________
The Desert Breed
__________________________________________
Film perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : Joseph de Grasse
Scénario : Tom Forman
Production : Rex Film Company
Durée : 592,85 mètres (2 bobines)

Le réalisateur Joseph de Grasse et le scénariste Tom Forman :
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Distribution : Pauline Bush (Jessie) ; William Dowlan (Fred) ; Lon Chaney (Jack).

Pauline Bush, William C. Dowlan, Lon Chaney :
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Photo : Allison Sheal



___________________________________________
The Heart of a Bandit
___________________________________________
Film perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : ?
Production : Biograph Company
Durée : 300 mètres (1 bobine)

Distribution : Harry Carey (Texas Pete, le bandit), Charles West, Violet Reed (la femme du rancher), Claire McDowell.

Harry Carey, Claire McDowell et Charles West :
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__________________________________________
The Ring of Destiny
__________________________________________

Fiche technique :
Réalisateur : Cleo Madison
Scénario : Olga Printzlau, Marshall Stedman
Production : Rex Motion Picture Company
Durée : 20 minute - 600 mètres (2 bobines)

La réalisatrice et actrice Cleo Madison :
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Les scénaristes Olga Printzlau et Marshall Stedman :
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Distribution : Cleo Madison (Dolly), Joe King (Big Bill), Hoot Gibson (Jack), William Steele (le Cattle Rustler)

Joe King, Hoot Gibson et William Steele
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__________________________________________
The Slave Girl
__________________________________________
Le deuxième film réalisé par Tod Browning est un western.
Film perdu.

Fiche technique :
Réalisateur : Tod Browning
Scénario : George Hennessey
Production : Motion Picture Corporation
Durée : 600 mètres (2 bobines)
Lieu de tournage : Iverson Ranch, Chatsworth, California.

Tod Browning :
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Distribution : Otto Lincoln [Bob West], Teddy Sampson [Ida West, soeur de Bob ], Mary Alden [Sally, yellow girl],
W.E. Lawrence [Fred Gilbert], O.R. MacDiarmid, Miriam Cooper, Jennie Lee.

Otto Lincoln, Teddy Sampson et Mary Alden :
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W.E. Lawrence, Miriam Cooper et Jennie Lee :
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A suivre...
Modifié en dernier par Hombre le 03 mai 2017 21:55, modifié 10 fois.

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pak
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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar pak » 27 avr. 2017 0:39

En phase avec toi Hombre.

Un film qui a marqué, pour le meilleur comme pour le pire. J'en bafouille un peu là : viewtopic.php?f=7&t=16278&p=224362&hilit=r%C3%A9compens%C3%A9s#p224868.

Toujours cette interrogation sur le racisme ordinaire, qui revient dans des débats sur des films du passé. Est-ce plus ou moins condamnable que le racisme d'état ? Difficile de répondre tant la société et les mœurs ont évolué. Et trop facile de juger avec le recul des années.

Pourtant, il y a quand même des discours ou postures qui dérangent. Cela me rappelle, hors western, Les Cinq gentlemen maudits de Julien Duvivier (film de 1931), réalisteur que je vénère, mais dont j'ai du mal à supporter ce film, dans lequel, cinéma colonial oblige, on voit des maghrébins affolés s'enfuir avec un bruitage de gloussement de poules quand des marocaines se dispersent et d'aboiements de chiens quand ce sont des marocains.

Certes, l'époque était autre, mais quand même...
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


http://www.notrecinema.com/

Le quiz western 2014

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Re: Le Western muet : Un aperçu chronologique 1903 - 1929

Messagepar Hombre » 17 mai 2017 0:19

Année 1916




Alice Guy Blaché (1873 – 1968)


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Au commencement était Alice Guy…

Alice Guy est un cas unique, elle est la première femme réalisatrice, scénariste et
productrice de l'histoire du cinéma, tous sexes confondus.
L’enfance d’Alice se passe entre la Suisse, le Chili et la France.
Sans doute ce sont ces grands voyages qui forgeront l’imaginaire dont elle fera preuve plus tard.

Sténographe, métier réservé aux hommes, se fait engager comme secrétaire par Léon Gaumont
alors ingénieur au Comptoir Général de la Photographie à Paris. Puis il crée sa propre entreprise
d'appareils de projection et des caméras.
Alice découvre émerveillée la photographie animée et la secrétaire se transformera en cinéaste
prolifique.

Dès 1896 tourne La Fée aux choux, son premier film. « J’étais fille de libraire et
j’aimais lire des livres
», disait-t-elle et c’était peut-être cela l’avantage qu’elle avait sur
les hommes, tout au moins sur ceux qui s’occupaient de cinéma à ce moment. On devine ici une
étonnante période initiatique à tous égards, riche et créative ; tout en donnant au cinéma
balbutiant ses premiers jalons du coté de la fable, du conte qui sied si bien à l’enfance du
cinéma même.

En 1907, Alice se marie à Herbert Blaché, et ensemble débarquent aux Etats-Unis.
Elle crée le premier studio en 1910, Solax Film Co. En 1912 fait construire des locaux à Fort Lee,
New Jersey. Elle y produira plus de 300 films, des mélodrames, des westerns, des comédies…


Voir sa biographie : viewtopic.php?f=30&t=18310#p264445
Madame Guy Blaché n'est pas répertorié dans le dictionnaire d' Harris M. Lentz III. Western and
Frontier Film and Television Crédits. 1903-1995.



_________________________________________
Greater Love Hath No Man (1911)
_________________________________________
"Dans une concession de mine d’or au Nouveau Mexique, un nouveau directeur est nommé.
C’est le coup de foudre pour la jeune Florence au grand désespoir de Jake qui en était
éperdument amoureux. Les chercheurs d’or mexicains du camp trouvent que le nouveau directeur
ne pèse pas correctement ce qu’ils ont extrait et menacent… "
L'Œil sur l'Ecran.

Deux scènes de Greater Love Hath No Man :
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Fiche technique :
Réalisateur : Alice Guy
Production : Solax Film Company
Durée : 300 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Fort Lee, New Jersey

Alice Guy
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Distribution : ?


__________________________________________
Two Little Rangers (1912)
__________________________________________
« Wild Bill » Gray, un bandit veut partir de chez lui, sa femme l' implore de rester à la maison, mais pour toute
réponse, il la bat.
Jim, un cow-boy, prend sa défense et l’amène chez Paxton, chef de poste. « Wild Bill » planifie sa vengeance
et vole l’argent. Jim est accusé injustement et jeté en prison. May et Gladys, les filles de Paxton doutent
et décident de mener l’enquête…
Ce film préfigure des productions plus récentes avec des héroïnes dans les rôles principaux, comme
Les belles de l'Ouest, et autres Bandidas.
Film visible sur YouTube.

Vinnie Burns :
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Blanche Cornwall (derrière à gauche) et Vinnie Burns (à droite) :
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Fiche technique :
Réalisateur : Alice Guy
Production : Solax Film Company
Durée : 300 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Fort Lee, New Jersey


Alice Guy :
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Distribution : Vinnie Burns, Blanche Cornwall

Vinnie Burns et Blanche Cornwall :
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__________________________________________
Algie, the Miner (1912)
__________________________________________
Algie, un jeune homme efféminé et élégant, veut épouser la fille de Harry Lyons, mais celui-ci ne le
considérant pas comme un homme véritable désapprouve le mariage. Algie part alors dans l’ouest
pour faire de la prospection. Il est accueilli par Big Jim, un mineur rustre qui trouve ce personnage bien
ridicule et avec ses amis, s'en moque donc allégrement…
Film visible sur le site Archive.org : https://archive.org/details/AlgieTjheMiner

Fiche technique :
Réalisateur : Edward Warren
Production : Solax Film Company
Durée : 10 minutes - 300 mètres (1 bobine)
Lieu de tournage : Fort Lee, New Jersey

Distribution : Billy Quirk, Mary Foy

Billy Quirk, Mary Foy
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« Alice Guy était une réalisatrice exceptionnelle, d'une sensibilité rare,
au regard incroyablement poétique et à l'instinct formidable. Elle a écrit,
dirigé et produit plus de mille films. Et pourtant, elle a été oubliée par
l'industrie qu'elle a contribué à créer ».

Martin Scorsese, New York, octobre 2011.



_____________________________________


Les Pionnières du muet

Le cinéma muet ne cessera pas de m’étonner. C'était un véritable vivier, où l’invention primait,
les initiatives ne manquaient pas et la création d’une expression nouvelle se mettait en place
puisque tout restait à inventer.

Il est vrai, le cinéma à ses débuts était réputé vulgaire et peu de gens s’y intéressaient. Cette
situation permit l'accès inattendue des femmes et les incita à travailler dans cette industrie naissante.

Cette percée, dotée d’un flair, d’une clairvoyance remarquable (tout ce qu’il y a de féminin),
leur permettra d’être à l’initiative des premières performances, des premiers éclairs d’inventivité
dans cette nouvelle aventure.
Une place dans l’histoire qui leur a été ravie par la suite.

« Les femmes dans l’industrie cinématographique en Amérique entre 1916 et 1923 étaient plus
importantes que dans toute autre entreprise. En effet, en 1923, le nombre d’emplois tenus par
des femmes dans les studios étaient plus nombreux que ceux tenus par des hommes » (1)

L’industrie naissante du cinéma américain accueille pour l’essentiel des femmes et des juifs
d’Europe de l’est, « deux catégories de personnes interdites dans les secteurs plus prestigieux ».
Les femmes peuvent donc réaliser, scénariser ou monter des films, « surtout parce que monter
un film est proche de la couture »


En 1915, chez Universal les réalisatrices Jeanie Macpherson, Grace Cunard et Lois Weber étaient
déjà sous contrat. Puis, arriveront les scénaristes : Cleo Madison, Ruth Ann Baldwin, Eugenie
Magnus Ingleton, Bess Meredyth, Ida May Park, Ruth Stonehouse, Lule Warrenton et Elsie. En 1919,
le studio Universal compte dans ses rangs plus de 11 réalisatrices qui produisent 170 films.
Lois Weber surnommé « Maire d’Universal » réalisera plus de 300 films. « En 1925, la moitié des
films étaient réalisés par des femmes »
Mais plus encore qu’une simple histoire de chiffre il faut reconnaitre que ces pionnières furent à
l’origine de prouesses et de records : première réalisatrice, premier film en couleur, premier film
sonore, premiers films traitant des thèmes de société, l'aspect racial mais aussi la condition de
la femme.

C’est dans la lignée de cette attention portée à la création qu’aujourd’hui, l’histoire du cinéma
se précise, se dévoile, plus riche tout en restant toujours aussi admirable et actuelle.
Avec l’arrivée du parlant (Griffith et Chaplin ne seront pas les seuls à le regretter), l’industrie du
cinéma mute, de plus la crise du 29 poussant les chômeurs vers un secteur en plein essor, tous
ces éléments feront que les portes qui étaient grandement ouvertes aux femmes, tant que ces
messieurs s'en désintéressaient, leurs seront soigneusement fermées.

(1) Kathleen Wallace.
Source : Site, Women Film Pioneers Project.


Trois réalisatrices :


Lois Weber (1879 – 1939)


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Lois Weber, réalisatrice, scénariste, productrice et actrice.
Elle est d'abord actrice de théâtre, associé à son mari Phillips Smalley, elle
débute une carrière au cinéma en 1907. Ils écrivent des scénarii qu'ils
signent « The Smalleys ».
En 1912, ils prennent la direction du studio Rex Motion Picture, produisant
1 ou 2 films par semaine d'une bobine. Elle réalise The Merchant of Venise,
en 1914, premier long métrage comprenant 4 bobines, co-réalisé par une
femme. Elle écrivait tous les scénarii de leur films. Elle reflète dans ses
scripts les thèmes sociaux, qui lui tenaient à cœur, parfois controversés,
tels que la peine de mort, les drogues, la misère et la contraception.
Lois Weber croyait que le cinéma était un outil culturel, qu'on pouvait
obtenir une qualité égale aux autres arts, qu'il était selon ses dires un
« divertissement d'image idéal » ainsi « qu'une étagère de livres ouverts 
à la vie ». De plus, elle pensait que le cinéma pouvait être utilisé comme
moyen de changement politique positif et qu'il avait « une bonne influence
sur l'esprit du public ».
Le nom de Weber était couramment cité avec ceux de Griffith et DeMille
comme étant les meilleurs talents d'Hollywood.

Source : Site, Women Film Pioneers Project.


Lois Weber aux commandes :
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______________________________________
L'éveil d'une conscience (When a Girl Loves) (1919)
______________________________________
« Un pasteur et sa fille, Bess, se rendent vers l'ouest où il espère retrouver sa santé.
Ils rencontrent un bandit 'Eagle' Ryan. Le hors-la-loi est influencé par le pouvoir de la
religion et avec la douce persuasion de Bess, change de vie et il est pardonné par tous
les habitants de la ville. »
IMDb.
Film considéré perdu.

Fiche technique :
Réalisateurs : Lois Weber, Phillips Smalley
Scénario : Lois Weber
Production : Lois Weber Production, Universal Film Manufacturing Company
Durée : 1800 mètres (6 bobines)

Lois Weber, Phillips Smalley :
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Distribution : Mildred Harris [Bess], William Stowell [‘Eagle’ Ryan], Wharton Jones [Pasteur], Alfred Paget [Ben Grant], Willis Marks [William Wiatt]

Mildred Harris, William Stowell et Alfred Paget :
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Ida May Park (1879 – 1954)

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Ida May Park était une réalisatrice, scénariste et actrice.
Dès l'âge de 15 ans elle est actrice de théâtre.
En 1909, scénariste chez Pathé. Puis, avec son mari Joseph De Grasse entrent
chez Universal Film Manufacturing Company, elle fera partie du groupe de femmes
appelées les "Universal Women", avec Ruth Ann Baldwin, Cleo Madison, Ruth Stonehouse...
Les 2 premiers scénarios qu'elle a écrit en 1914 ont été mis en scène par Wallace Reid.
Entre 1914 et 1919 Ida May Park écrit 44 films dont la plupart dirigés par son mari De
Grasse et à partir de 1917 réalise elle même ses propres scénarios. Elle dirige Dorothy
Phillips dans The Flashlight, son premier film.
Elle a écrit tout au long de sa carrière plus de 500 scénarios et elle a fondée Ida May
Park Productions,
en 1920.

Dans un entretien Ida May Park nous dit « une femme peut apporter à cette activité :
une imagination débordante, un enthousiasme splendide, un goût inné du détail et
une connaissance intuitive de la psychologie. »
(1).

« Les films de May offrent un témoignage unique et durable de l'ambition d'une femme
de créer une structure sociétale alternative par le biais du cinéma. »
(1).

(1) Gwendolyn Audrey Foster. Women Film Directors : An International Bio-Critical Dictionary.

Ida May Park, assise avec un châle, Bess Meredyth à droite :
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________________________________________
The Grand Passion (1918)
________________________________________
« Dick Evans (Stowell), patron de Powderville, décide de créer un journal. Il embauche Jack Ripley (Mulhall),
un journaliste de New York, comme rédacteur en chef. Viola Argos (Phillips), nièce de Paul Argos (Chaney),
arrive par le même train que Ripley, tous deux se lient d’amitié. Entre temps, Viola a été kidnappée et cachée
dans un relais de l’autre côté de la voie ferrée. Evans et Ripley vont à son secours, mais subissent l’hostilité
des habitants du quartier. Ils attaquent le Bureau du journal et, se voyant perdus, Evans ordonne à Ripley de
s’échapper avec Viola. Quand elle découvre l’absence d’Evans, elle retourne à la ville en feu, le retrouve
blessé, et lui déclare son amour. »
Wikipedia.
Film probablement perdu.

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Photo : Beyond Boundaries. The Lost (and rare) films of Lon Chaney.


Lon Chaney :
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Photo : The Lon Chaney Home Page.



Fiche technique :
Réalisateur : Ida May Park
Scénario : Ida May Park, d'après “The Boss of Powderville” de Thomas Addison
Image : King Grey
Production : The Universal Film Manufacturing Company
Durée : 2100 mètres (7 bobines)

Distribution : Dorothy Phillips [Viola Argos], Jack Mulhall [Jack Ripley], Lon Chaney [Paul Argos],
William Stowell [Dick Evans], Bert Appling [‘Red’ Pete Jackson], Evelyn Selbie [‘Boston Kate’],
Alfred Allen [Ben Mackey]

Dorothy Phillips et Jack Mulhall :
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Lon Chaney, William Stowell et Evelyn Selbie :
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A suivre...



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